"Quelle est la recette du bonheur ?" Vous avez 4 heures. Aussi complexe soit cette question, tout le monde semble avoir une réponse qui est à la fois très personnelle et un peu universelle. Pour Kant, le bonheur, c'est avant tout une idée d'utopie, un idéal que l'on n’atteindra jamais, mais c'est la quête du bonheur qui construit notre vie. Et, s'il est vrai que le bonheur dépend (parfois) un peu du hasard et de la chance, il y a des facteurs qui peuvent amorcer des situations bénéfiques qui s'apparentent de près ou de loin au bonheur et à la plénitude

Nous vivons dans une société pleine de dogmes, c'est un fait. L'un des plus coriaces et qui pèse le plus sur les épaules des jeunes personnes, c'est une injonction, plus ou moins lourde, à trouver un partenaire pour convoler et vivre le "vrai bonheur de la vie", aka la famille, les enfants, le pavillon de banlieue et les cinq semaines de congés payés par an.

Aussi pesante soit cette injonction, elle n'est pas pour autant universelle et elle ne correspond pas aux idéaux de tout le monde. Cependant, elle pousse les gens (étrangers ou proches) à faire des remarques plus ou moins avisées sur le statut sentimental des gens : "tu es seule ?" "mais enfin, tu es mignonne pourtant", "fais un effort, tu dois leur faire peur"... On dirait que tout le monde est concerné par le célibat de quelqu'un et que c'est forcément de la faute de la personne si elle ne trouve pas chaussure à son pied. 

Personne ne part jamais du principe que l'on peut être célibataire par choix, parce que dans la conscience collective, le bonheur ne se construit qu'à deux. Évidemment, il serait temps de revoir ses priorités et de lâcher la grappe aux célibataires. Mais, vu que ça ne semble pas suffisant, il serait important de comprendre que oui, pour certaines personnes, le célibat est la définition même du bonheur.

La preuve. 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

 

La fin du "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants"

Si nos générations ont été biberonnées aux histoires de princesses qui attendent patiemment leur prince charmant dans leur tour d'ivoire, ce n'est pas pour autant que c'est le rêve de l'ensemble des jeunes femmes que d'être secourue par un vaillant homme en collants et ça, Disney l'a bien compris. Les princes victorieux ont été remplacés par des femmes fortes et indépendantes. Elsa dans La Reine des Neiges ou Mérida dans Rebelle ne sont pas à la recherche d'un partenaire, mais de la liberté et elles osent aller chercher les réponses par elles-mêmes.

Les thèmes abordés dans les films d'animation sont plus modernes et plus actuels (il n'y a qu'à voir Alerte Rouge, signé Pixar) et c'est très significatif des changements qui sont en train d'être opérés dans la société : les femmes ne veulent plus être systématiquement associées à un homme. Au contraire, elles veulent vivre par elle-même et, souvent, cela passe par une période de célibat volontaire qui permet de faire un vrai bout de chemin avec soi-même. 

La nécessité de se concentrer sur soi

De nombreuses études mettent en lumière l'impact que les hommes peuvent avoir sur la santé, le quotidien et même la carrière des femmes. En novembre 2021, l'émission américaine Today dévoilait une étude selon laquelle près de 46% admettaient que leur compagnon était une source de stress plus importante que les enfants. En janvier, une autre étude menée par le Harvard Business Review mettait en lumière le frein que pouvait constituer le compagnon d'une femme pour sa carrière.

D'autres exemples ont également été mis en lumière par Mona Chollet dans son dernier ouvrage Réinventer l'Amour. À travers de nombreuses sources, l'autrice nous montre à quel point nos biais relationnels ont été mis à mal par le patriarcat au fil des années, nous enfonçant toujours plus dans une dépendance normée par une société qui pousse les femmes à obligatoirement s'attacher à un homme pour avoir le mérite d'exister : en tant qu'épouse, en tant que mère, en tant que copine... Mais, jamais, on ne pousse réellement les femmes à se positionner en tant que femme. 

Pourtant, selon la London School of Economics, les femmes célibataires seraient plus heureuses que les autres, simplement parce qu'elles sont leur unique priorité.

 

 

Apprendre à vivre pour sa seule personne

La solitude peut effrayer, parce qu'elle est diabolisée. Mais, dans les faits, elle peut être réellement bénéfique, car elle permet de nous accorder du temps avec nous-mêmes. La société étant faite comme elle est faite, les femmes subissent beaucoup de charges et encore plus lorsqu'elles sont mères ou en couple. Le passage par une période de célibat permet d'avoir du temps à se consacrer pour apprendre à se connaître réellement. 

Pour faire un parallèle avec la philosophie, le "connais-toi toi-même" de Socrate n'est pas vain. Et, si cette notion nous faisait faire des cauchemars en terminale, une fois adulte, on en saisit tout le sens : il est nécessaire d'avoir conscience de soi, de ses peurs, de ses forces et de ses désirs pour avancer sans se tromper sur le chemin de la vie. Or, lorsque l'on vit, depuis le plus jeune âge, dans une relation de couple (voire de dépendance affective avec l'autre), on est souvent dans l'incapacité de se concentrer sur soi pour trouver les réponses dont on a besoin. Naturellement, on a toujours tendance à reporter son attention sur l'autre moitié du couple. 

Patienter pour mieux s'engager

Posez cet habit de sœur. Le secret du bonheur n'est pas de faire une croix sur l'ensemble des relations sentimentales pour jurer chasteté et humilité tout au long de sa vie. Non, la question réside plutôt autour d'une question de temporalité. 

Nous sommes tous d'accords sur le fait qu'il est nécessaire d'apprendre à marcher avant de courir ou de sauter. Dans la vie, il est nécessaire de tout faire par étapes pour ne pas se tromper ni s'emmêler les pinceaux. Ainsi, il est important de considérer le célibat comme une période transitoire (ou pas) qui vous permettra de mieux vous connaître et de cibler vos attentes quant à la vie et à vos envies.

Oui, il est tout à fait possible de s'autoriser à avoir des standards définis, du moment qu'on les assume et qu'on est certains que c'est ce dont on a besoin chez un partenaire. Accepter son célibat, le vivre pleinement, c'est une façon de nourrir sa force intérieure et cette force, elle permet de ne pas flancher sous les injonctions de la société. Cette force, elle permet d'assumer ses choix et même (parfois) de vivre ses rêves et ses fantasmes. 

Moralité : le célibat est parfois la meilleure façon de devenir le ou la partenaire idéal(e). Prendre du plaisir dans la solitude sans ressentir cette dernière comme un poids permet de vivre encore plus intensément les instants vécus à deux (ou plus).

 

 

 

 

 

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