Pendant longtemps, on a pensé que c'était la maternité et le fait d'être mère qui pénalisait les femmes dans leur évolution professionnelle. Mais de récentes études rebattent un peu les cartes et nous questionnent sur le fait qu'il peut y avoir un autre responsable. L'une d'elles, publiée dans le Harvard Business Review, met en lumière l'impact direct que peut avoir le compagnon d'une femme sur sa carrière. 

Trois chercheuses ont analysé les profils de 25.000 anciens diplômés de la prestigieuse université américaine et les résultats sont les suivants : les hommes restent majoritaires dans les postes à hautes responsabilités. On pourrait penser que les femmes peuvent être potentiellement ralenties par les périodes liées à la maternité qui nécessitent parfois de s'arrêter pour des questions de santé... Il n'en est rien. Que les femmes aient des enfants ou pas, elles ont une carrière qui évolue lentement. En revanche, il a été observé que chez toutes les femmes qui se disent insatisfaites par leur carrière, il y a un homme dont la carrière et les ambitions sont considérées comme plus importantes que celles de sa compagne.

Des chiffres qui révèlent une inégalité encore bien présente

Le panel faisant partie d'une catégorie de la population éduquée et diplômée de l'une des plus grandes universités du monde, on pourrait s'attendre à ce qu'il y ait une certaine équité au niveau des valeurs liées au travail de chacun. Cependant, 40% des femmes admettent qu'elles ont été "trop idéalistes": quel que soit leur niveau de diplôme, la carrière de leur époux est toujours considérée comme prioritaire. Du côté des hommes, c'est 70% qui admettent, sans gène, que leur carrière est plus importante que celle de leur compagne.

Une différence de priorisation qui prouve que le schéma patriarcal a de beaux jours devant lui

Aussi attristants soient les résultats de cette étude, ils ne sont pourtant pas une surprise. Mona Chollet, dans Réinventer l'Amour, évoque la place de la carrière de la femme dans le couple hétérosexuel. Les valeurs héritées de la société patriarcale normée poussent les hommes à continuer de penser selon le schéma suivant : ils sont la force intellectuelle et professionnelle du foyer et leur épouse apporte la douceur nécessaire pour créer l'harmonie dans la famille. La réussite des femmes fait peur aux hommes. L'exemple le plus parlant (aussi léger soit-il) de cet impact de la réussite sur la vie privée des femmes est "la malédiction des Oscar": dans une étude datant de 2012, il a été remarqué que les femmes oscarisées avaient plus de chances de divorcer suite à la remise du prix. Les hommes auraient donc du mal à supporter la réussite de leur épouse... Et c'est un triste constat de notre société. 

Qu'en est-il des millennials ?

L'étude sur les anciens diplômés d'Harvard ouvre également le débat sur les millennials et sur leur façon d'aborder le couple et la vie professionnelle. Cette génération, souvent en rupture avec celles qui l'ont précédé, sera-t-elle celle qui fera changer les choses ? S'il est encore trop tôt pour observer de vrais changements (la carrière des millennials n'en est pour le moment qu'à ses débuts). Cependant, les tendances montrent que "seuls" 50% des hommes de la génération de la fin du millénaire s'attendent à ce que leur carrière passe avant celle de leur compagne (on a perdu 20%), chez les femmes, ce sont seulement 25% qui s'attendent à ce que la carrière de leur compagnon soit prioritaire sur la leur. Les prochaines générations pourraient finalement voir la fin de ce système d'inégalités intégrées et ça, c'est la bonne nouvelle qui se cache derrière cette étude. 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

 

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