C’était la grande cause du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Pour son second mandat, le Président a renouvelé son souhait d’en faire une priorité. À l’occasion du troisième anniversaire du Grenelle des violences conjugales qui se tenait le 3 septembre 2019, Élisabeth Borne, la Première ministre, a laissé entendre son désir d’aller plus loin pour lutter contre les violences faites aux femmes, notamment en améliorant la réponse judiciaire.

Pour ce faire, la Première ministre a créé une mission parlementaire d’une durée de six mois, qui prendra effet fin septembre. De ces mesures est né le "pack de nouveau départ", insufflé par la ministre chargée de l’Égalité femmes-hommes, Isabelle Rome.

Un traitement judiciaire spécifique

En 2022, 90 femmes sont décédées sous les coups de leur mari, de leur conjoint ou de leur ex-conjoint. Huit mois. Huit mois pour bientôt rattraper le nombre de féminicides en 2021 qui était de 122. En 2021, cela représentait donc une femme tuée tous les deux jours et demi. L'année dernière, les violences faites aux femmes ont augmenté de 20 % par rapport à l’année précédente.

Un bilan accablant qui n’a pas laissé beaucoup d’espoir quant à l’année qui allait suivre. Et nous y voilà. Entre le 1er juillet et le 15 août, 18 féminicides ont été observés. Des chiffres alarmants qui demandent une action immédiate. "On a affaire à une forme de violence qui est endémique, qui est ancrée, presque culturelle en France en 2022. Les femmes sont en danger d'abord et avant tout chez elles, car c'est au sein de leur domicile que les meurtres ont lieu. Les hommes tuent leur femme parce qu'ils se sentent autorisés à le faire légitimement", déplorait Anne Bouillon, avocate, sur Franceinfo.

Faciliter le départ et aider à recommencer une nouvelle vie loin des violences

"Mobilisation d’aides sociales, accès à la formation, aide au retour à l’emploi, hébergement d’urgence ou soutien psy", voilà à quoi ressemblera ce "pack de nouveau départ" qui pourrait s’avérer plus compliqué à mettre en place que prévu. En effet, lorsque l’on connaît l’emprise et la dépendance financière dans lesquelles les victimes sont enrôlées, on peut aisément imaginer que les obstacles seront autres que matériels.

Un paramètre dont la ministre semble avoir conscience puisqu’elle a déclaré "qu'il faut continuer à former tous les juges et procureurs susceptibles de traiter ce type d’affaires", tout en précisant l’importance d’appuyer sur "la notion d’emprise, voire de contrôle coercitif. […] Si on ne comprend pas ces processus, on passe à côté de la spécificité de ces affaires et donc à côté du danger". Cette mission sera remise "à des parlementaires de groupes différents, chargés de dresser d’abord un bilan, puisqu’il existe déjà 123 filières de traitement d’urgence dans les 164 tribunaux du pays". 

Si cette volonté de justice et de prise en main des victimes est noble, il faut se pencher sur la faisabilité du projet, notamment sur la question budgétaire qui reste centrale. Selon les premiers échos, aucune hausse du budget n’est prévue par le gouvernement.

"La volonté sans moyens, c'est un effet d'annonce. Dire que c'est important mais ne pas trouver l'argent pour régler le problème, ça n'est pas cohérent", avait déclaré Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, sur Franceinfo.

Les Éclaireuses

 

 

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