Imaginez, vous avez rencontré la perle rare sur Tinder (oui, on sait, mais faites un effort). Vos conversations sont passionnantes, vous avez un million de points en commun, bref la vie est belle. Très vite vient le moment fatidique du premier date. Vous avez prévu quelque chose de tranquille. Un petit dîner à deux, dans un restaurant assez fréquenté. Juste avant de partir de chez vous, vous ouvrez l'application Tinder pour vérifier le casier judiciaire de votre date. Il est vierge ? Génial ! vous commandez votre Uber et passez une fantastique soirée ! Il n'est pas vierge ? Vous annulez et passez la soirée avec vos amies !

Utopique comme futur, non ? C'est pourtant cette nouvelle fonction que propose la plus célèbre des applications de rencontre à ses utilisateurs. Vérifier le casier judiciaire de ses matchs...

Le constat ? Les applications de rencontres sont de plus en plus dangereuses

Annoncée par Tinder le 9 mars dernier, cette nouvelle fonction a pour but de renforcer la sécurité sur sa plateforme. Mise en place en collaboration avec Garbo, un site à but non lucratif permettant de faire des recherches sur des antécédents judiciaires comme les comportements violents ou dangereux et les délits sexuels via des données publiques. L'ambition ici est claire : garantir une expérience sécurisée à tous ses utilisateurs.

Vérifier le casier judiciaire pour éviter les violences faites aux femmes ?

Le principe est très simple : les utilisateurs de Tinder pourront accéder à Garbo depuis l'application, puis y entrer des informations basiques sur leur "match" (prénom et numéro de téléphone). Si plusieurs résultats correspondent, Garbo demandera des informations complémentaires, dont l'âge de la personne. Si des antécédents judiciaires sont avérés, les utilisateurs seront incités à les signaler à Tinder.
Au-delà des deux premières requêtes gratuites, chaque recherche sera facturée 2,50 dollars plus des frais de traitement. L’argent collecté servira à financer les activités de Garbo.
Cette prise de conscience fait suite à des agressions graves survenues lors de rendez-vous Tinder : du stealthing au viol en passant par le meurtre (on se rappelle l'histoire de Lauren Smith-Field, jeune femme retrouvée morte après un rendez-vous via une application de rencontre). Il est clair aujourd'hui que la question de la sécurité des femmes, en particulier sur ces plateformes, doit être une préoccupation majeure.

Une fonction uniquement disponible aux États-Unis pour le moment

Pour l'instant, la fonction qui n'est disponible qu'aux États-Unis pose de nombreuses questions. On sait par exemple que le nombre de personnes noires inculpées (parfois injustement) pour ce type de faits est supérieur au nombre de personnes blanches qui arrivent à s'en sortir sans peine de prison le plus souvent.
Quid des prédateurs qui n'ont jamais été appréhendés par la police ? Sarah Lageson, professeure associée à l’École de justice pénale de l’Université Rutgers-Newark explique à l’AFP : "La plupart des gens qui manifestent un comportement nuisible n’ont pas de casier judiciaire. Se baser sur le système pénal, avec tous les défauts qu’on lui connaît, n’est peut-être pas l’outil le plus utile pour évaluer le risque posé par un étranger".

Une mesure qui est donc un premier pas vers plus de sécurité pour les femmes sur les applications de rencontre, mais qui met en lumière le travail de titan qu'il reste à accomplir avant une vraie sécurité pour tous.

 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

 

 

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