Les maux de tête peuvent être un véritable calvaire pour les personnes qui en souffrent. Au-delà de la douleur, certains symptômes peuvent s’avérer très handicapants. Allant jusqu’à la nausée, voire des vomissements, ces symptômes résultent généralement de la douleur trop intense chez certaines personnes, celles que l’on appelle communément les "migraineuses", et il y a de grandes chances que les personnes de votre entourage qui souffrent de migraines soient en majorité des femmes.

En effet, celles-ci seraient trois fois plus sujettes à ces dernières, selon une étude norvégienne publiée dans The Journal of Headache and Pain. Nous ne serions pas tous égaux face à ce mal qui nous fait parfois vivre des cauchemars ?

Les céphalées, l’apanage de la femme ?

Si 15 à 20 % de la population mondiale sont régulièrement touchés par des crises de céphalées, ces dernières atteignent généralement plus les femmes (3 femmes pour 1 homme). Selon l’OMS, c’est la pathologie la plus invalidante au monde pour les femmes et la seconde pour les hommes. Une pathologie mal prise en compte et en charge que l’on associe bien souvent, à tort, à un simple mal de tête. Or, une migraine est une réelle maladie qui handicape de nombreuses personnes. Chez les femmes, il semblerait que les migraines soient perçues différemment et plus souvent.

Effectivement, il y aurait une différence de la sensation de douleur chez les hommes et chez les femmes. En cause ? Les informations de douleur envoyées au cerveau seraient plus importantes chez les femmes que chez les hommes. Mais en règle générale, le cycle menstruel est le déclencheur des migraines à répétition.

"La migraine peut apparaître chez les femmes à partir de la puberté. Il y a un lien avec la période des règles, qui est souvent une période où vont se déclencher des crises. Il y a même certaines femmes victimes de crises seulement au moment de leurs règles", expliquait Virginie Corand, neurologue, sur France Inter au micro de "Grand bien vous fasse".

Migraines : plusieurs phases dans la vie d’une femme

"Il y a un lien avec la période des règles, qui est souvent une période où vont se déclencher des crises. Il y a même certaines femmes victimes de crises seulement au moment de leurs règles" explique la neurologue Carole Séréni. Et d’ajouter : "Tout au long de la vie d'une femme, on constate des liens importants entre les périodes de fluctuations hormonales et des variations de sévérité de la maladie migraineuse."

Rien d’étonnant, donc, que dans d’autres moments clés de la vie d’une femme, les migraines aient tendance à se faire de plus en plus rares. C’est le cas lors de la ménopause et de la grossesse. En effet, selon France Inter, 90 % des femmes enceintes d’habitude migraineuses affirment observer des périodes d’amélioration. Toutefois, "chez 10 à 20  % des migraineuses, les crises vont persister et vont devoir être prises en charge". Le même cas de figure est observé lors de la ménopause. L’idée que les migraineux sont sous-représentés et que les migraineuses le soient trop a également fait son bonhomme de chemin.

"Pendant très longtemps, personne n'a pris la migraine au sérieux parce que considérée, jusqu'au XIXe siècle, comme 'une maladie de bonne femme'. Il y a quand même beaucoup de misogynie là-dedans… Avec des idées reçues qui restent très ancrées depuis le XIXe siècle", déplore Carole Séréni.

Un lien de cause à effet qui met dans l’ombre les hommes qui pourraient en être également victimes et de la même façon chronique. "Beaucoup d'hommes me disent aujourd'hui ne pas oser parler de leurs migraines […] Certains n'ont pas consulté, n'ont pas l'intention de le faire et n'en parlent pas au travail de peur de perdre leur emploi", révèle de son côté Sabine Debremaeker, présidente de l’association La Voix des Migraineux, toujours au micro de France Inter.

Les Éclaireuses

 

 

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