Vêtues d'un burkini pour les unes et de maillots de bain une ou deux pièces pour les autres, une quinzaine de femmes féministes et musulmanes ont milité ce dimanche 1er septembre à l'intérieur d'une piscine du 11ème arrondissement de Paris, provoquant sa fermeture dans la foulée. Ce groupe de femmes engagées réclamait "le changement des règlements intérieurs des piscines et l’accessibilité aux loisirs pour tous-tes".

Autour de ce groupe subversif et révolté, des personnes transgenres et des hommes membres du collectif créé pour l'occasion sont venus se greffer à l'événement. L'après-midi a pris une tournure totalement inattendue, transformant une piscine municipale aux allures de lieu de loisir, calme et familial, en un espace de manifestation anti-racisme. "On se baignera ! On se baignera ! Même si les racistes ne veulent pas, on se baignera !" C'était le cri de guerre de ces femmes tout au long de la journée, sous la surveillance des maîtres-nageurs qui faisaient office de services de l'ordre improvisés

Une jeune femme militante a confié que " Le but, c'est d'accéder à la piscine en tant que femmes musulmanes qui portent le voile." La jeune femme s'indigne de la montée des idées islamophobes en France et considère que les femmes voilées sont discriminées par les règlements notamment des piscines municipales. Elle ne comprend pas pourquoi ses loisirs sont limités et juge que les motifs d'hygiène et de sécurité employés pour interdire le voile dans les piscines sont "totalement faux". 

Au mois de juin dernier, un groupe de femmes militantes avaient lancé le même style d'événement, se baignant en burkini dans une piscine publique pour défendre la liberté de toutes les femmes. Le Premier ministre Édouard Philippe avait réagi rappelant que les règlements des piscines devaient être respectés de tous et "qu'aucune conviction religieuse" ne pouvait permettre d'y déroger. 

Les Éclaireuses