Désormais, les professeurs de Floride aux États-Unis n'auront plus le droit de parler d'orientation sexuelle ou encore d'identité de genre avec leurs élèves jusqu'au CE2. Cette mesure surnommée "Don't Say Gay" par les associations LGBTQIA+ est largement critiquée dans le reste du pays. Soutenue par le gouverneur conservateur, Ron DeSantis, elle a toutefois été adoptée, on vous explique tout...

Une décision qui s'inscrit dans un retour en force du conservatisme aux États-Unis

Après ces lois texanes qui ont considérablement réduit l'accès à l'avortement ou encore cette loi en Arizona qui oblige un professeur à prévenir les parents dès que l'un de ses élèves évoque son orientation sexuelle, cette fois, c'est l'éducation qui est attaquée. Selon Joe Harding, membre de la Chambre des représentants de Floride qui a présenté le projet de loi en février dernier, le but de cette loi est de donner aux parents "un droit de regard sur ce que leurs enfants apprennent à l'école."
Le sénateur républicain Danny Burgess a même déclaré avant le vote de la loi "Ce projet de loi dit que le droit des parents d'élever leurs enfants ne s'arrête pas lorsqu'ils entrent dans une salle de classe. Ce projet de loi reconnaît que les parents ne sont pas l'ennemi" avant d'ajouter "Le projet de loi dit simplement qu'il devrait y avoir une limite d'âge pour certaines discussions, ce n'est pas un concept nouveau ni radical."

 

Une loi dangereuse pour les personnes de la communauté LGBTQIA+

Sauf que pour les associations LGBTQIA+, cette loi ne fera qu'aggraver les stigmatisations dont sont déjà victimes les personnes queers. La loi interdit également cet enseignement "d'une manière qui n'est pas adaptée à l'âge ou au développement des élèves", ce qui, selon les critiques, pourrait être interprété comme s'étendant à tous les niveaux scolaires. Les parents peuvent aussi poursuivre les districts scolaires pour des violations présumées. La sénatrice Annette Taddeo, démocrate, a déclaré durant les débats "Cela va mettre en danger la sécurité de nos étudiants et adolescents LGBTQ".

Et c'est là le vrai problème de cette loi. Comment mettre fin au tabou que représentent l'orientation sexuelle et l'identité de genre si les futures générations sont privées d'une éducation claire sur ces sujets ?

Quels recours pour les associations LGBTQIA+ ?

Le démocrate Shevrin Jones, premier sénateur d'État de Floride ouvertement gay, a exhorté ses collègues à restreindre le libellé du projet de loi pour dire que l'enseignement ne doit pas être "destiné à changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'un élève". "Je vous demande d'ouvrir vos cœurs un tout petit peu", a-t-il dit, rappelant les injures et les brimades auxquelles il a été confronté en tant qu'homosexuel. "S'il vous plaît, ne faites pas de mal." Sans succès.

Comme pour la loi antiavortement au Texas, les associations ainsi que les élus peuvent saisir la Cour suprême. Le président Joe Biden a d'ailleurs aussi affiché son soutien aux communautés LGBTQIA+ via un tweet.

La loi ayant déjà été votée, elle devrait entrer en vigueur dès le 1er juillet prochain.

 

Les Éclaireuses

 

 

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