La communauté LGBTQ+ d'Afghanistan est en danger depuis la prise de Kaboul par les talibans. La milice militaire n'étant pas réputée pour sa clémence et sa tolérance, les vies de milliers de jeunes sont aujourd'hui menacées à cause de leur orientation sexuelle. Les témoignages qui nous arrivent, par les réseaux sociaux ou les médias, nous apprennent que, depuis l'arrivée des talibans, les membres de la communauté LGBTQ+ vivent dans une peur constante : peur d'être démasqué, peur d'être enlevé et peur d'être tué.

"Les talibans veulent exterminer les LGBTQ+"

Nemat Sadat, romancier afghan et ancien professeur de science politique aux USA s'est exprimé dans l'HuffPost sur la situation actuelle de la communauté LGBTQ+ dans son pays natal. Pour lui, les talibans feront tout pour traquer tous ceux qu'ils considèrent comme contraires à leur courant de pensée. Ils tueront ceux qu'ils peuvent tuer et les autres seront réduits en esclavage.

Si la situation était déjà compliquée pour les membres de la communauté LGBTQ+ avec l'ancien gouvernement, le changement de situation a transformé le quotidien en enfer pour toutes les personnes qui ne "rentrent pas dans le moule". Pour éviter la menace, une seule solution, la fuite. Les associations appellent à la solidarité et à l'aide pour aider cette communauté sous la menace des talibans.

La peur d'un retour à la peine de mort

Selon la loi islamique, les rapports sexuels entre deux personnes du même sexe doivent être punis par la mort (par lapidation ou exécution). Si les talibans disent avoir changé et sont en pleine campagne publicitaire pour redorer leur blason et bonifier leur réputation, les craintes restent légitimes. Lors de la dernière prise de pouvoir entre 1996 et 2001, des lois, calquées sur une lecture radicale de la charia avaient été imposées dans le pays, les LGBTQ+ risquaient de nombreux châtiments mortels (type ensevelissement vivant) s'ils osaient se montrer au grand jour.

Il semblerait que les répressions et les punitions aient d'ores et déjà débutées. Quelques témoignages affirment que des hommes auraient été enlevés ou décapités car ils étaient jugés comme "trop féminin". Il est aujourd'hui essentiel d'évacuer les personnes les plus menacées de Kaboul pour qu'elles puissent avoir le choix de vivre librement. Les Occidentaux ont jusqu'au 31 août, date butoir établie par les Américains, pour finir les opérations d'évacuation sur le territoire. Passés cette date, les Américains n'assureront plus la sécurité de l'aéroport et il sera plus compliqué d'effectuer des évacuations sans prise de risque. Les évacuations Françaises devraient prendre fin dans la nuit du 27 août. Le gouvernement a annoncé qu'il ouvrirait 200 places d'hébergement supplémentaires pour les demandeurs d'asile LGBTQ+.

Les Éclaireuses

 

 

 

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