Le clivage entre personnes maigres et grosses, toujours d'actualité ? Alors que les mouvements body positivistes prennent de plus en plus la parole, on reste tout de même dans une société coupée en deux avec d'un côté les personnes en surpoids (de plus en plus nombreuses) et les "autres". Ce clivage est notamment marqué par de véritables différences de traitement entre les personnes considérées comme grosses et les autres. 

Une journaliste britannique a décidé d'essayer de comprendre ce que ça faisait d'être grosse en enfilant, le temps d'une journée, un "fat suit" pour devenir une femme obèse. L'expérience a fait grincer beaucoup de dents et pour cause, elle a quelque chose de très grossophobe.

Être gros, ce n'est pas une expérience

Ce n'est pas en étant gros le temps d'une journée que l'on peut réellement prendre la mesure de toutes les discriminations subies par les personnes obèses ou en surpoids. C'est pour cette raison que l'expérience dérange. Ce n'est pas tant le manque de place dans les transports ou la difficulté de trouver des vêtements à sa taille qui sont les plus compliqués lorsque l'on est gros, mais bien l'ensemble des comportements des tiers et de la société vis-à-vis du corps de ces personnes : regards de dégoût, remarques déplacées par les professionnels de santé, le jugement permanent dès qu'ils osent manger en public, les éventuelles insultes qu'ils peuvent subir à cause de leur poids, discrimination à l'embauche... La liste est longue et fournie.

L'expérience a permis à la journaliste de prendre réellement conscience des choses

Si la démarche peut avoir quelque chose de dérangeant, elle a tout de même permis à Liz Jones, ancienne anorexique et obsédée par la maigreur (elle est plus Kate Moss que Kim Kardashian), de comprendre combien il pouvait être pesant d'être en surpoids en 2021. Grâce à un costume médical, Liz s'est ajouté 127kg et a pu se rendre compte de l'hostilité de la société envers les gros. Une virée chez Harrod's lui a fait comprendre que le luxe ne voulait pas habiller les obèses et une journée de pérégrination dans Londres lui a fait comprendre que les aménagements dans les restaurants ou dans les transports ne sont pas adaptés aux tailles Plus Size. 

Ce qui a le plus marqué la journaliste, ce sont les regards des autres. Dans certains, elle y voyait la pitié, dans d'autres, le dégoût.

Une société faussement Plus Size friendly ?

On peut donc se demander s'il n'y a pas un décalage entre les mouvements sur les réseaux sociaux, dans les publicités et la réalité. Car si la mise en avant de modèles Plus Size est de plus en plus commune, on sent que du côté des mœurs de la société, les choses semblent bouger (très) lentement. Finalement, c'est acceptable d'être ronde sur papier glacé ou lorsque l'on est célèbre, mais pour la personne lambda, celle que l'on croise tous les jours, non. Finalement, c'est encore perpétué dans la pop culture. Le gros d'un film ou d'une série est (presque) toujours le gros. Pire encore, tout comme Monica dans Friends, une femme devient belle aux yeux de la société lorsqu'elle perd tous ses kilos... 

Si la démarche de Liz peut déranger, car une fois de plus, c'est une mince qui se grime en grosse pour "essayer de comprendre", elle ne reste pas moins efficace pour se rendre compte, même le temps de quelques heures, tout le poids qui pèse sur les épaules des personnes en surpoids et tout ce qu'ils encaissent au quotidien.

Les Éclaireuses

 

 

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