Les droits des femmes sont un sujet qui ne cesse d'être en perpétuelle évolution. Cependant ces dernières années, on remarque que la tendance est à l'inverse. Les droits des femmes sont de plus en plus menacés dans le monde. Pourquoi ?

En 1949, dans son ouvrage "Deuxième Sexe" Simone de Beauvoir écrivait ces mots : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."

73 ans après, il semble que ces mots étaient en réalité une prophétie. En 2022, plus que jamais, les droits des femmes sont une question de plus en plus épineuse. À coups de lois, de décrets et sous couvert de revenir à des valeurs qui auraient été perdues dans la "trop rapide" évolution de nos mœurs, les droits des femmes reculent lentement mais sûrement.


Si nous sommes encore très loin de vivre dans une dystopie semblable à celle décrite dans la série "The Handsmaid Tale", il est néanmoins impératif de commencer à se poser des questions. À travers le monde, les droits acquis dans la douleur et la violence sont remis en cause. Pourquoi ? Est-ce simplement une expression de la misogynie ? Une réaffirmation que le combat féministe n'est pas (et ne sera sans doute jamais) finit ? On en parle aujourd'hui.

Les Éclaireuses

 

Les droits des femmes, une question aussi vieille que le monde

Pour commencer, il est important de se rappeler que les droits des femmes sont en réalité une question qui concerne les droits humains.
Depuis la nuit des temps et à travers le monde, les femmes souffrent de formes de discrimination. En France, de l'édit qui décriminalise la sorcellerie en 1682 à l'allongement du délai de recours à l'IVG adopté en mars dernier en passant par la rédaction de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791 par Olympe de Gouge et la Loi Veil pour l’Interruption Volontaire de Grossesse en 1975, l'histoire des droits de la femme est intimement liée à celle de l'histoire de notre pays.

Des crises mondiales à l'origine de cette régression des droits des femmes

C'est un constat de plus en plus partagé par les experts des droits de la femme. À travers le monde, on observe que les différentes crises politiques, sanitaires (notamment celle du Covid-19) et les différents conflits mondiaux ont été des facteurs qui ont rendu les droits des femmes encore plus fragiles.
En France par exemple, les signalements pour violences conjugales pendant les différents confinements n'ont jamais été aussi élevés. D'un point de vue économique, ces crises ont rendu les femmes plus à même de se retrouver en situation de précarité. L'accès à la santé sexuelle et reproductive est devenu moins facile dans certaines zones du monde et enfin d'un point de vue de l’éducation, ce sont les premières à souffrir des conséquences d'une instabilité, comme en Afghanistan par exemple. 

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a même déclaré "La pandémie de Covid-19, la terrible régression des droits des femmes en Afghanistan, les violences sexuelles généralisées caractérisant le conflit en Éthiopie, les attaques contre l’accès à l’avortement aux États-Unis et le retrait de la Turquie du traité historique qu’est la Convention d'Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique : chacun de ces exemples constitue en soi un grave recul pour les droits, mais dans leur globalité".

Des droits des femmes fragilisés à travers le monde entier

Mais il n'y a pas que dans les zones de crise que les droits des femmes sont en danger. Aux États-Unis, certains états mettent en place des lois qui réduisent dangereusement les droits des femmes. Au Texas, le droit à l'avortement vient d'être interdit dès la 6e semaine de grossesse. Quand on sait que la plupart des femmes ne se rendent compte de leur grossesse qu'au bout de 8 semaines, on peut considérer que cette loi est un moyen détourné d'interdire tout bonnement le droit à l'avortement.

Plus surprenant encore : la Suisse connaît aussi une crise politique sur le droit à l'avortement. Adopté par le pays en 2002, le droit à l'avortement est aujourd'hui remis en cause. Déjà en 2014, un texte de loi souhaitait abolir le remboursement des coûts des IVG par les assurances maladie. Cette fois, les partis conservateurs et religieux du pays souhaitent soumettre une initiative appelée "La nuit porte conseil". L'idée ? Introduire un jour de réflexion pour la femme enceinte avant sa prise de décision. D'après eux, ce délai "sert à protéger les femmes contre les avortements décidés dans la précipitation, sous l’effet de la pression et du stress".

Des questions se posent donc : pourquoi le contrôle de l'appareil reproductif féminin est-il un tel enjeu ? Quel est le but de ces lois et de ces initiatives ? Les embryons sont-ils vraiment au cœur du sujet ? Il semble assez évident que contrôler une femme via ses droits sexuels et reproductifs est une manière efficace de maintenir en vie des principes archaïques.

Que faire pour protéger l'évolution des droits des femmes dans le monde ?

Comment renforcer les droits des femmes à travers le monde ? Il est essentiel de faire entendre les voix des femmes, toutes les femmes. Des actions doivent évidemment être prises pour empêcher cette régression à laquelle nous assistons.
L'éducation est aussi une priorité : comment se battre contre des gouvernements et des institutions sans être éduquées sur ce genre de questions ? L'éducation n'est pas seulement l'affaire des femmes et des filles, c'est l'affaire de toute une génération qui ne doit en aucun cas reproduire les erreurs actuellement commises.

Faut-il imaginer des droits de la femme internationaux qui ne connaîtraient aucune frontière ? Si l'idée est belle (et assez utopique, avouons-le), il semble impossible que tous les pays du monde s'accordent sur une telle problématique.

Comme le disait Simone de Beauvoir "Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."

 

 

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