En France, en 2018, on estimait que 92% des femmes en âge de procréer avaient recours à une contraception, quelle qu'elle soit. Un chiffre parlant, qui prouve bien que la question de la contraception est toujours une question féminine. Pourquoi ? Parce que la logique voudrait que, vu que ce sont les femmes qui ont le "risque" de grossesse, c'est à elles de se prémunir face aux éventuels risques. Or, pour faire un bébé (ou non), il faut bel et bien deux personnes. Ainsi, de plus en plus de gens se questionnent quant au partage du poids de la contraception dans le couple, car c'est une question centrale en matière d'égalité.

Le problème, c'est qu'encore en 2022, les solutions masculines manquent : la question de la pilule pour homme reste encore à l'état de fantasme, les slips chauffants ne sont pas près de se démocratiser, les spermicides ne sont pas garantis sans risque... Il ne leur reste finalement que le préservatif (s'ils sont enclins à l'enfiler). En France, le contrôle des naissances est encore une tâche féminine et peu d'hommes se sentent concernés (ou ont la possibilité d'être concernés) par la question. En 2020, seuls 200 rendez-vous sur les 21000 annuels étaient pris par des hommes au Planing Familial pour des consultations concernant la contraception.

La vasectomie, un choix boudé par les hommes

Il est possible, depuis 2001, d'avoir recours à la vasectomie en France. L'opération, presque intégralement remboursée et réversible, permet de "fermer les vannes" et de prévenir les éventuelles fécondations chez les femmes. Cette solution, efficace et sans aucune intervention hormonale, n'est pourtant pas le premier choix des Français (sûrement par manque d'informations). En France, seul 1% des hommes ont recours à la vasectomie comme moyen de contraception. À titre de comparaison, au Royaume-Uni ou au Canada, c'est en moyenne un homme sur 5 qui a recours à la vasectomie.

Un vaste appel a été lancé pour faire bouger les politiques sur la question de la contraception masculine

Si, depuis 1967, de nombreuses avancées ont eu lieu sur le terrain de la contraception féminine (de l'autorisation de la pilule jusqu'au remboursement total de la contraception pour toutes les jeunes femmes de moins de 25 ans), la question de la contraception masculine ne semble toujours pas préoccuper les politiques (mis à part la gratuité des préservatifs pour les hommes de moins de 25 ans et le remboursement à hauteur de 60% passé le quart de siècle). Afin de faire bouger les choses, Libération et de nombreuses personnalités masculines (comme Guillaume Meurice, Lilian Thuram ou encore ZEP) ont signé une pétition visant à faire bouger les choses sur la question de la contraception masculine. 

Cette prise de position, historique, n'est que le premier (petit) pas vers une contraception plus égalitaire et partagée. Mais, pour que cela change, il est nécessaire que de l'attention (et des moyens) soient alloués à la cause. 

Si vous aussi vous souhaitez signer la pétition, rendez-vous sur Change.org et relayez la pétition sur les réseaux sociaux avec le hashtag #ContraceptonsNous. 

Les Éclaireuses

 

 

 

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