S'il est évident qu'il reste encore du chemin à parcourir sur la question de l'équité dans de nombreux domaines, le sport n'est pas, non plus, épargné par la différence entre les genres. En pleins Jeux olympiques de Tokyo que les Japonais ont voulu placer sous le signe de la parité, l'heure est venue de faire le point sur la question de la parité dans le monde du sport. 

Évidemment, tous les pays ne se valent pas et n'évoluent pas de la même façon. Les délégations américaines ou françaises, bien fournies, ont essayé de mettre en place cette parité. Pour d'autres pays, plus conservateurs, le chemin est encore long. 

Cocorico, nous avons la chance d'avoir des sportives qui font la différence. Clarisse Agbegnenou a remporté l'or sur le tatami et c'est une belle fierté, une belle médaille féminine qui n'a pourtant pas été épargnée par les commentaires un poil sexistes des présentateurs. "Regard de tigresse" ne devrait plus être une façon de définir une sportive.

Il est temps de revenir sur le sinueux parcours des femmes dans le monde du sport. Comment est-ce qu'elles ont grappillé petit à petit du terrain pour se hisser vers les plus hautes places des podiums olympiques ? Parce qu'il n'y a pas que les hommes qui sont bons en sport et qu'il n'y a pas de "sports féminins", voici un petit tour de l'histoire de la féminisation des Jeux olympiques.

Enjoy, 

Les Éclaireuses

Pierre de Coubertin, un homme pas vraiment branché féminisme

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Si les jeux antiques étaient hostiles aux femmes (sauf quelques rares Amazones, la gent féminine était totalement exclue de cette célébration du sport en l'honneur des Dieux), les Jeux olympiques modernes n'ont pas non plus échappé à cette tradition ancestrale. Pierre de Coubertin, père des épreuves modernes, avait une vision très précise de ce qu'il voulait pour ses jeux sportifs : une célébration de la virilité, réservés aux hommes, pour mettre en avant les capacités masculines de force, de précision et de combat.

Les femmes étaient admises, mais dans des épreuves "compatibles avec leur féminité et leur fragilité". Elles étaient donc exclues des épreuves reines d'athlétisme (il ne faudrait pas faire de l'ombre aux hommes). Lors des premiers jeux en 1900, la délégation française comprenait 997 hommes pour seulement 22 femmes. Seuls le tennis, la voile, le croquet, l'équitation et le patinage artistique étaient ouverts aux sportives féminines.

Les femmes montent au credo et, après un épuisant bras de fer avec le Comité international olympique, elles ont finalement l'autorisation d'organiser des jeux féminins entre 1922 et 1934. Petit à petit, les femmes se font de plus en plus nombreuses dans les délégations et commencent à gagner leurs places dans les épreuves "réservées aux hommes", le tout dans une tenue qui respecte leur féminité (les problèmes de tenues imposées ne datent donc pas d'hier). 1964, jeux de Tokyo, elles représentent 14% des sportifs. 20 ans plus tard à Los Angeles, elles sont 24%. Une évolution lente donc, mais qui a le mérite d'exister et de persister malgré les remarques sexistes, la misogynie normée et l'absence de statut de "sportive professionnelle" pour les athlètes féminines.

 

La fin du XXe siècle marque un tournant dans la féminisation du sport

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Toujours aussi volontaires de se faire une place dans le monde du sport, les femmes ne lâchent rien. En 1991, une nouvelle règle est votée au CIO : toutes les nouvelles disciplines à venir devront obligatoirement être ouvertes aux hommes et aux femmes. L'époque des sports selon les genres est donc bel et bien révolue. Mais que faire des épreuves ancestrales ? Doivent-elles rester fermées aux femmes sauf pour de rares exceptions ? 

La vraie révolution viendra lors des jeux de Sydney en 2000. L'entrée dans le nouveau millénaire marquera une étape clé dans la féminisation des jeux. De nombreuses épreuves, dont le Panthalton, historiquement réservé aux hommes, se féminise. Il en va de même pour de nombreux autres sports. La popularisation du sport par l'OMS a payé et on ne considère plus que certains sports sont essentiellement masculins ou féminins. Quelques rares épreuves échappent encore à la parité, comme la natation synchronisée ou la gymnastique rythmique qui sont, encore en 2021, interdites aux hommes. Mais à part ces quelques exceptions, les femmes et les hommes sont présents dans toutes les disciplines.

Cependant, le travail et l'envie ont payé. Si les femmes ne représentaient que 13% des athlètes en 1964, elles sont 48,8% en 2021. Les femmes ne sont plus relayées au second plan et des athlètes comme Momiji Nishiya, 13 ans, continuent d'écrire l'histoire des jeux.

 

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5 femmes qui ont marqué l'histoire des Jeux olympiques

 

Charlotte Cooper, la première femme de l'histoire à gagner une médaille d'or

 

Cette Britannique est la première femme a avoir jamais gagné l'or aux Jeux olympiques. C'était en 1900 et elle s'est illustrée en tennis, vêtue d'une jupe pas vraiment pratique mais avec un revers plein d'envie de victoire.

 

Nadia Comaneci, une gymnaste hors pair

 

La célèbre Nadia n'avait que 14 ans lorsqu'elle a obtenu son score parfait en gymnastique aux barres asymétriques. Un record qui n'est tenu que par peu de femmes. Elles sont seulement 5 à avoir réussi cet exploit dans l'histoire des jeux.

 

Nawal El Moutawakel, une athlète pleine de symboles

 

Elle est la première femme musulmane, issue d'un pays arabe à décrocher l'or au 400m haies. Une victoire symbolique aux yeux du pays mais aussi du monde entier.

 

Marie-José Perec, une Française avec une envie de vaincre

 

Aux jeux de Barcelone en 1996, cette athlète française fera tomber le record du monde. Elle réalise un temps de 48s et 25s aux 400 mètres.

 

Laure Manaudou, celle de tous les records

 

Inconnue lors de sa première participation aux jeux d'Athènes en 2004, elle marquera les esprits (et le cœur des Français) en décrochant, à 18 ans à peine, 3 médailles en natation. 

 

 

 

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