Petite leçon de choses. Pourquoi on appelle ça le "queening" ? Tout simplement parce que c'était une pratique utilisée par les reines et autres têtes couronnées pour prendre son pied sans attraper un bébé. Depuis, le peuple a décapité Marie-Antoinette, mais la pratique est restée dans les anales et s'est perpétuée. 

Dans un monde où les relations sexuelles sont encore trop phallocentrées, le "Queening" redistribue les cartes du plaisir en faveur des femmes. Ici, point question de pénétration traditionnelle. Toute l'attention est portée sur la stimulation clitoridienne, interne ou externe. 

Le fondement de cette pratique ? Le facesitting, comprenez "s'asseoir sur le visage de son ou sa partenaire". C'est loin d'être une pratique nouvelle, elle est, depuis longtemps, utilisée dans de nombreuses cultures. De l'Egypte antique aux sociétés médiévales européennes et asiatiques, on retrouve de nombreuses traces et représentations du facesitting dans les archives historiques. 

En parler ne sous-entend donc pas la découverte de cet acte, mais plutôt une volonté de le remettre au goût du jour. C'est dans l'air du temps, les langues se délient sur la question du plaisir féminin et, dans un monde où tout est attrait à discussion, la jouissance n'est pas en reste. Ainsi, après des dizaines (voir des centaines) d'années de favorisation du plaisir masculin au détriment de celui des femmes, il est important de parler et d'écrire sur ces pratiques qui recentrent de débat sur la question du plaisir féminin. 

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il n'est pas question d'aliéner le plaisir masculin au profit de celui des femmes, mais au contraire, laisser à chacun des partenaires l'opportunité de combler le besoin de jouissance. 

Vous l'aurez compris, le queening, c'est avant tout une ode au plaisir des femmes. C'est une pratique qui se focalise essentiellement sur la jouissance féminine et qui permet de prendre son pied une bonne fois pour toutes. Cette pratique peut évidemment s'intégrer dans un rituel préliminaire, permettant ainsi à chacun des partenaires de trouver son compte lors de l'acte sexuel. 

Mais trêve de divergences, focalisons-nous sur le cœur du sujet. Quels sont les secrets de cette pratique sexuelle si prometteuse ? Découvrons ensemble tous les secrets du queening. 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

1. Dans les faits, qu'est-ce que le "Queening" ? 

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Selon l'Urban Dictionnary, le queening est un art ancien qui consiste à ce que la femme presse et frotte ses organes génitaux et/ou son anus contre la langue, les lèvres et le nez de son/sa partenaire. C'est donc une histoire de stimulation et de plaisir sans qu'il soit question de pénétration "traditionnelle" (comprenez "jouer à zizi panpan"). La définition présente l'acte sous le prisme féminin, mais dans les faits, tout le monde peut pratiquer le facesitting, quel que soit l'orientation sexuelle ou le genre. Ainsi, on parlera de "queening" pour les femmes et de "kinging" pour les hommes. 

On vous le concède, c'est une pratique qui demande une certaine confiance en soi et en son/sa partenaire. Il est donc nécessaire de discuter avec son partenaire en amont pour le mettre en confiance et pour que l'acte se déroule aussi parfaitement que possible. 

 

2. Le queening entre-t-il dans un jeu de dominant/dominé ? 

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C'est une question qui a le mérite d'être posée. Par la structure de la position, on se retrouve forcément dans un schéma d'asservissement : celui qui prend le plaisir domine celui qui est "à la merci" de l'autre. C'est une pratique qui est souvent utilisée dans le monde BDSM, la maîtresse s'assoit sur le visage de l'esclave qui doit assouvir les désirs et la jouissance de sa dominante. Déjà dans l'histoire, il y avait cette notion d'esclave assigné au plaisir des dames. Que ce soit dans le Japon féodal ou en dans l'Europe de la Renaissance, des hommes étaient missionnés faire jouir les femmes, qu'elles soient de petite vertu ou de la haute noblesse. Ces hommes étaient spécifiquement formés à l'art du queening. 

Selon la chroniqueuse Maïa Mazaurette, le queening, c'est "l'expression du fantasme de l'homme soumis". Ce n'est donc pas une idée nouvelle ou innovante. Les hommes aiment aussi se faire dominer, ce n'est une surprise pour personne. Le queening est donc, en l'espèce, la représentation et l'exécution parfaite de cette situation de domination par sa partenaire (si l'on se base sur les relations hétéronormées).

Alors oui, la pratique nécessite un certain doigté (sans mauvais jeu de mots). S'asseoir sur la figure de quelqu'un sans l'étouffer, ça demande un peu d'entraînement et des quadriceps musclés. Ce n'est qu'une question d'équilibre et de distances maîtrisées. Certains love shop proposent même des chaises trouées (rien à voir avec celle de Louis XIV) qui permettent de pratiquer l'acte confortablement et en toute sécurité. À tout problème, sa solution. 

 

3. Et si finalement, cette pratique un peu aventurière était la clé de votre libération sexuelle ? 

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On le sait, la clé d'une vie sexuelle épanouie, c'est l'absence de routine. Il semblerait que de plus en plus de couples (ou de personnes) succombent à l'appel des sirènes du queening. Ainsi, cette pratique serait, pour de nombreux partenaires, la porte vers un nouveau panel de désirs. L'échange des rôles dans celui qui mène la danse, l'intensité du plaisir et la satisfaction de procurer un plaisir intense construisent un triangle d'harmonie sexuelle qui a tout pour combler les attentes des partenaires.

Ce n'est finalement qu'une question de volonté d'exploration du plaisir bucco-génital. Si la position du 69 met les deux partenaires en action au même moment, le queening a le privilège de focaliser l'action sur l'organe sexuel féminin. C'est en ça que cette pratique est intéressante, plus complète qu'un cunnilingus, elle permet à la femme de guider l'action et de devenir "maîtresse de sa jouissance". Dans la construction de l'acte sexuel, cette nuance à son importance. Le ressenti ne sera pas le même et le plaisir peut potentiellement différer par rapport à celui qu'elle peut ressentir habituellement, dans un acte sexuel considéré comme plus classique. 

Le queening serait donc un moyen qui permettrait aux femmes de prendre conscience de leur potentiel érotique et sexuel. Ce qui mène finalement à une certaine libération et à une déconstruction des idées préconçues. On ne parlera pas de "femme qui mène la danse comme un homme", mais bien d'une femme qui "mène la danse" tout court.

 

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4. Une pratique qui nécessite d'être prête...

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Prête à quoi ? À déconstruire les choses. C'est un sujet central aujourd'hui, la place du plaisir des femmes et des femmes dans l'acte sexuel est sujet à débat. Non pas parce que nous sommes de mégères en mal d'attention, mais parce que trop longtemps, la femme a été représentée comme celle "qui se fait dominer/pénétrer". Dans les représentations de l'acte sexuel (en image ou vidéo), on voit (encore) trop souvent un homme actif, guidant l'acte, face à une femme passive, qui ne fait que recevoir et qui, accessoirement, est aussi là pour le plaisir de l'homme. C'est en cela que le queening est intéressant. Il questionne, fait naître de nouvelles envies et prouve que la femme peut aussi guider l'acte et être maîtresse de son désir.

Cependant, n'est pas dominante qui veut. Déconstruire un héritage phallocentré, ça prend du temps. Cette position peut s'avérer être intimidante pour beaucoup de femmes, et ce, pour de nombreuses raisons : la proximité avec la zone anale, la peur de faire mal ou de mal faire, la présentation plus que frontale de son intimité à son ou sa partenaire, les éventuelles odeurs intimes, les complexes liés à son anatomie vulvaire... De nombreux facteurs rendent le passage à l'acte périlleux. C'est pour cette raison que la pratique du queening demande un lâcher-prise absolu. Mais, une fois le cap passé et les idées reçues surmontées, il ne reste plus que le plaisir et l'harmonie entre le sexe et l'esprit. Et ça, ça n'a pas de prix.