Dans un monde où la parole se libère, les victimes ont de plus en plus l'occasion et le courage de porter leurs voix pour dénoncer les violences sexuelles qu'elles ont pu subir.

Sur les réseaux le plus souvent, une victime peut plus facilement dénoncer l'auteur et les faits de son agression. C'est à partir de ce moment que la loi commence à entrer en vigueur pour aider chaque personne pouvant subir des attouchements sans consentement venant d'une personne connue ou inconnue.

Depuis peu, l'opinion publique comprend doucement qu'une agression sexuelle sans consentement n'est pas seulement commise par un(e) inconnu(e). Les violences sexuelles peuvent être aussi présentes dans un couple ou bien au sein d'une même famille.

Cependant, il est vrai que la loi reste aujourd'hui vague sur ce qui est ou non condamnable alors que le nombre de victimes ne cesse d'augmenter avec moins de 10% des personnes qui osent franchir le pas pour porter plainte.

Voici ce qu'il faut savoir sur ce fléau que sont les attouchements sexuels. 

Les Éclaireuses 

 

 

Mais, qu'est-ce qu'un attouchement sexuel ? 

Par définition, l'acte en lui-même ne nécessite pas obligatoirement une pénétration. La victime se retrouve contrainte par une pression physique, par de la menace ou de la surprise, à subir cet attouchement sur des zones dites sexuelles telles que la poitrine, les fesses ou les organes génitaux.

Même si ces actes sont de plus en plus dénoncés, les violences sexuelles ne se stoppent pas pour autant. L'année dernière à cause de la pandémie, les viols n'ont fait qu'augmenter. Les autorités ont recensé au moins 24 800 viols en 2020 avec une moyenne de 67 par jours représentant 3 viols par heure.

 

Agressions sexuelles : des chiffres encore inquiétants

La majorité des agressions sexuelles se passeraient par ailleurs au sein de la famille. Quatre femmes sur dix affirment avoir subi un viol avant leurs 15 ans.

Et, bien que les mentalités évoluent, un sondage belge met en avant des chiffres laissant penser que la victime est toujours coupable de sa propre agression. 16% des personnes sondées pensent que la victime est responsable de son agression si celle-ci est vêtue de manière provocante. 1/3 des jeunes pensent que si la victime ne dit pas explicitement non, le viol n'est pas commis.

Il est évident qu'une personne victime de viol, ou de toute autre agression, n'est jamais coupable de la violence exercée par l'auteur du délit et que toute nature d'agression se doit d'être condamnée.

Attouchements : les peines encourues

L'attouchement sans consentement sur une personne est sanctionné par le Code pénal. Le Code pénal ne faisant aucune différence concernant la nature de l'agression, la loi condamne de la même manière chaque violence. L'agression commise peut faire encourir à son auteur une peine allant jusqu'à 7 ans de prison avec une amende de 100 000€ sur une victime mineure. Dans le cas où la victime est majeure, l'auteur des faits peut avoir une peine allant jusqu'à 5 ans de prison ainsi qu'une amende de 75 000€.

Le délai de prescription de la victime majeure en France est de 6 ans. Durant ces années, celle-ci pourra porter plainte contre l'auteur de son agression. Concernant une victime mineure, le délai de prescription est plus important, la personne peut porter plainte 10 à 30 ans après l'agression suivant le degré du délit commis.

 

Quelles sont les personnes les plus touchées par les agressions sexuelles ? 

En 2020, nous pouvions recenser 165 000 enfants ayant subi des abus, 130 000 jeunes filles contre 35 000 jeunes garçons. Quant aux femmes, l'Institut national d'études démographique démontre qu'une femme sur 7 a déjà subi des violences sexuelles dans sa vie.

Les différents mouvements féministes portés par des voix comme celle de l'actrice Adèle Haenel, concernant le harcèlement subi dans son métier, ont permis de dénoncer ces actes. Des témoignages sur les réseaux sociaux comme celui de l'influenceuse Lucile ont aidé à mettre en avant l'auteur de nombreux harcèlements. Florian Telle assumait par ailleurs avoir commis des viols et harcelé ses ex-copines. L'auteur des faits avait déjà été condamné le 16 août 2021 à 2 ans de prison avec sursis après avoir fait des menaces de mort auprès d'anciennes victimes. L'influenceuse Saskia Freitas témoigne de son harcèlement vécu "Les premiers faits ont eu lieu j'avais 14 ans ! Le mec m'a suivi et a essayé de rentrer chez moi". Grâce à tous ces témoignages, l'auteur des faits a pu être ainsi condamné à 8 mois de prison ferme après les nombreuses menaces de viols et de mort sur la victime.

Bien que la victime espérait une peine plus lourde, ce délit a mis en valeur les violences que peuvent vivre quotidiennement des femmes et enfants qu'ils soient majeurs ou mineurs.

 

Les conséquences sur la santé physique et mentale des attouchements

Cependant, la question des violences sexuelles sur les mineurs ou les femmes reste encore trop tabou en 2021. Les victimes de menaces ou d'attouchements sexuels ne doivent pas apprendre à vivre dans la peur mais au contraire doivent être aidées après les faits. Le plus grave étant qu'on minimise encore trop les conséquences psychiques et physiques que peuvent avoir ces agressions.

En effet, une agression sexuelle sur un enfant peut provoquer 2,1 fois plus de diagnostics liés à des problèmes urinaires et 1,4 fois plus pour des problèmes de santé génitale sur les jeunes filles, comparée à celles n'ayant jamais vécu d'agression sexuelle.

L'amnésie traumatique est aussi l'une des lourdes conséquences chez les victimes mineures et/ou majeures. Celles-ci refoulent tout souvenir de l'acte sexuel pour éviter à la mémoire de rappeler l'agression. Le corps retranscrira physiquement la douleur psychologique causée par un attouchement. Perte de cheveux, douleurs inexpliquées dans le dos ou crises d'angoisses, les répercussions physiques sont nombreuses et ne doivent pas être minimisées.

Cependant, l'attouchement sexuel n'est qu'une petite partie des violences faites aux femmes. En 2020, 220 000 femmes ont déclaré subir des violences de toute nature. Seulement 18% ont osé déposer plainte. Il ne faut pas non plus oublier les hommes qui représentent certes une minorité mais en 2020, 16 hommes sont morts suite à des violences conjugales.


Il est important de garder à l'esprit que dénoncer un viol ou une agression sexuelle est un droit pour chacun et qu'une personne possédera toujours ce droit de justice concernant les faits subis. Pour un mineur victime d'attouchements sexuels, des assistances médico-psychologiques peuvent être mises en place pour l'aider. Des numéros d'aide à la victime existent aussi comme le 116 006 ou encore Violences Femmes au 3919, la ligne d'écoute est par ailleurs devenue joignable 24h/24 même le week-end.

 

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