On le sait, l'année 2020 a été fortement marquée par la pandémie du Covid-19, mais une autre pandémie moins médiatisée mais tout aussi dévastatrice a, elle aussi fait des victimes.

D'après un rapport de l'ONU, le confinement aurait eu un retentissement à l'internationale en termes de violences domestiques. Au Royaume-Uni, les appels de victimes de violences conjugales ont bondi de 65%, en France c'est près de 30%.

En dehors du confinement, entre les années 2019 et 2020, les violences faites aux femmes ont atteint des records : violences conjugales, harcèlement de rue, violences sexuelles, féminicides les chiffres sont en constante hausse. Comment expliquer ces données ? Pourquoi aujourd'hui les femmes victimes de violences sont-elles plus nombreuses dans notre pays mais aussi dans le monde ? On estime que dans sa vie, une femme à une chance sur 6 de mourir à cause d'un homme.

En 2018, une étude de l'IFOP estimait aussi que 86% des femmes avaient subi du harcèlement de rue. Est-ce que la justice est une protection fiable contre cette violence ?

Il faut se rendre à l’évidence. Malgré une action féministe de plus en plus forte et de la prévention c'est une transformation complète de notre société, de notre système de justice qu'il faut entamer, la loi doit protéger les femmes victimes de violences.

Les Éclaireuses, 

  

1. Violences faites aux femmes : des chiffres de plus en plus inquiétants

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Pour rappel, les violences faites aux femmes regroupent : le harcèlement (de rue ou au travail), les violences conjugales, mais aussi sexuelles ainsi que les mutilations.
En 2019, l'observatoire national des violences faites aux femmes a rendu un rapport avec des données précises sur l'état des violences faites aux femmes en France.
Les chiffres sont édifiants : En 2019, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint.
84% des morts au sein du couple sont des femmes et 41% d'entre elles étaient déjà victimes de violence de la part de leur conjoint.
Autre chiffre inquiétant : les enfants, qui eux aussi sont victimes de violences. Ils sont 25 à avoir perdu la vie en 2019.
En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui, au cours d’une année, sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint, est estimé à 213 000 femmes.
L’auteur de ces violences est le mari, le concubin, le pacsé, le petit ami, ancien ou actuel, cohabitant ou non.
Parmi ces femmes, seulement 18% déclarent avoir porté plainte.
Concernant les violences sexuelles on comptait en 2019, 94 000 femmes victimes d'un viol ou d'une tentative de viol. Dans 91% des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime. Dans 47 % des cas, c’est le conjoint ou l’ex-conjoint qui est l’auteur des faits.
Avec le confinement et les différentes mesures de restrictions sanitaires ayant eu lieu en 2020, il est malheureusement presque sûr que ces chiffres vont augmenter.
 

2. Qu'est-ce que les violences faites aux femmes veulent dire sur nos sociétés ?

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Ces chiffres sont révélateurs d'un manque d'égalité entre les hommes et les femmes dans notre pays, mais aussi dans le monde.
Le travail accompli avec les actions liées aux droits des femmes n'est pas assez solidifié par la justice et la loi.
Par exemple, entre le moment où une victime de violences dénonce des faits de violence, décide d'entamer une action en justice (contre son conjoint ou son agresseur) et le procès, il se passe souvent des années.
La prise en charge des victimes est aussi un facteur qui pose problème. Toujours selon l'observatoire national des violences faites aux femmes seulement 12% d'entre elles portent plainte pour des faits de violences au sein du couple.
Ce chiffre indique donc que malgré le développement de plateforme de protection pour les femmes victimes de violences, il existe toujours une certaine défiance.
On peut aussi y voir un tabou à l'égard de faits qui se déroulent presque toujours dans l'intimité du couple.

 

3. Comment inverser cette tendance dangereuse ?

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Une journée des droits de la femme est une action bien évidemment bénéfique pour mettre en lumière les différentes initiatives pour améliorer la condition des femmes dans le monde.
Mais il existe des solutions plus efficaces : aujourd'hui un conjoint coupable de violences n'est pas systématiquement puni par la justice, en cause, les plaintes trop peu nombreuses et la loi qui ne protège pas assez les femmes victimes.
Le droit français n'est pas assez fort par rapport aux violences conjugales, et on le sait les peines de prison ne sont pas toujours efficaces.
La prévention auprès des jeunes, voire des enfants est primordiale quand on sait que la première violence sexuelle arrive très tôt dans la vie des jeunes filles.
La lutte contre les violences faites aux femmes quelle qu'elle soit doit être une priorité, la vie de milliers de femmes en dépend.

Si vous êtes victimes de violences, n'hésitez pas et appelez-le 3919.
 
 
 
 
 

 

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