"Prenez place sur le divan et racontez-moi pourquoi vous êtes là". C'est souvent la première phrase que prononce un professionnel de l'esprit. Il est vrai que, souvent, lorsque l'on prend son courage pour pousser la porte du cabinet d'un psy, c'est parce qu'il y a quelque chose qui nous turlupine, ou pas. En soi, on peut tout aussi bien aller chez le psy parce que l'on traverse une mauvaise passe tout comme on peut s'y retrouver parce que l'on a besoin de parler à une oreille neutre, qui saura décrypter les mots entre les mots. 

Mais, une question demeure. Doit-on réellement tout dire à son psy ?

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

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Un héritage freudien

Freud (Sigmund pour les intimes) disait à ses patients "qu'il faut dire ce que l'on préférerait taire" et qu'ils comprendraient, au fur et à mesure, pourquoi il est essentiel de ne rien garder pour soi. Si, aujourd'hui, bon nombre de psys (qu'ils soient "chiatres" ou "chologues") ont tordu le cou aux préceptes un peu dépassés de Freud, il semblerait que celui reste, pour le coup, bel et bien actuel. 

Aujourd'hui, nous sommes entrés dans un paradoxe déroutant. À l'heure où il n'y a plus de tabous et où l'on parle de règles ou de sexualités comme d'une baguette de pain, on semble encore timide face aux professionnels de la santé mentale. Comme si l'on avait peur de se confronter au regard du professionnel. 

Cependant, il est essentiel de garder en tête une information clé, un psy, quel qu'il soit, n'est pas là pour vous juger, mais bel et bien pour vous comprendre et vous analyser. 

 

Comprendre que la façon de dire importe plus que le discours en lui-même

Ce qui diffère entre la confession et l'analyse, c'est qu'à confesse, ce sont les actes qui sont expiés et jugés alors que lors d'un travail d'analyse, ce n'est pas tant les paroles en elles-mêmes qui seront examinées, mais bel et bien la sémiologie utilisée pour créer votre discours : soit la façon dont vous apportez vos idées, dont vous les organisez et la façon dont vous les énoncez. Un lapsus sera beaucoup plus révélateur, par exemple, que l'idée principale. 

C'est également pour cette raison précise que l'on part du principe que l'on peut absolument tout dire à un psy, quel que soit le sujet. En revanche, nous restons libres de ce que l'on veut livrer ou non. Même si cela permet parfois de faire avancer les choses plus rapidement, parler de certaines expériences ou de certains souvenirs est parfois trop douloureux. Et, si même y penser est difficile, il est plus raisonnable d'attendre de digérer un peu la douleur ou l'impact du souvenir avant de le déterrer.

 

 

Certains sujets sont plus difficiles que d'autres

Les professionnels de la santé mentale en ont totalement conscience : certains sujets sont plus difficiles à aborder que d'autres. Les sujets touchant au sexe, à la sexualité, aux violences (qu'elles soient domestiques ou sexuelles) ou encore les troubles alimentaires sont souvent plus difficiles à aborder. Pourquoi ? Parce que parfois le cerveau occulte les mauvais souvenirs (notamment dans les cas d'abus sexuel) ou transforme les souvenirs pour les rendre moins douloureux. Tout le travail du thérapeute sera de vous amener sur d'autres chemins, plus dérobés, pour vous aider à vider vos valises émotionnelles. 

Il est également essentiel de garder en tête que le but du thérapeute est d'aider ses patients, pas de les juger ou de les accabler. 

 

La clé de la libération : la confiance 

Le secret pour réellement se sentir dans un climat favorable lorsque l'on va chez le psy, c'est d'être dans un climat de confiance. Il ne faut pas hésiter à essayer plusieurs praticiens pour être sûr que la méthode convient à votre situation. Pour le reste, c'est surtout une question de feeling. Si les premiers rendez-vous risquent d'être un peu compliqués, un climat de confiance s'installera petit à petit et vous serez plus enclin à vous livrer.