Un nom tout mignon pour un syndrome qui l'est beaucoup moins. Le syndrome de la Fée Clochette est assez méconnu du grand public, et c'est bien dommage. En effet, les comportements liés à ce syndrome traduisent souvent un grand mal-être, il est donc essentiel de savoir les déceler pour comprendre la source du problème. 

Ce syndrome, essentiellement féminin, pousse les personnes qui en souffrent de toujours être en recherche de perfection. Leur défense ultime ? La colère. Elles sont habitées par une rage qui les ronge au plus profond de leur être et qui dirige absolument toutes leurs décisions et tous les aspects de leur vie. 

Vues de l'extérieur, ces femmes sont la personnification de la réussite, mais intérieurement elles bouillonnent. Cette perfection de façade cache en fait de profondes failles qui les ont rendues, au fil des années, toxiques pour elles et pour leur entourage.

Sur quels fondements repose le syndrome de la Fée Clochette ? 

On vous aide à y voir plus clair en décortiquant, point par point, chaque aspect de ce syndrome. 

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Les Éclaireuses

 

1. Comment reconnaître le syndrome de la Fée Clochette ? 

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Il repose sur plusieurs points essentiels. Ce qu'il faut d'abord comprendre, c'est que les personnes qui souffrent de ce syndrome paraissent, d'aspect extérieur, quasi parfaites. Elles sont souvent au top de leur carrière, toujours à essayer d'être la plus belle, la plus tonique, la mieux habillée, la plus mince, la plus jeune, la plus séduisante... En façade, elles font preuve d'une confiance à toutes épreuves. 

Mais, en creusant un peu, on se rend compte que sous toute cette dorure d'apparat, se cachent de nombreux comportements néfastes et toxiques. Cette face sombre se traduit par un égocentrisme exacerbé et une exigence exceptionnelle envers leurs proches. Non, les Fées Clochette ne sont pas foncièrement gentilles, au contraire, elles ont tendance à être tyranniques et manipulatrices. Que ce soit en amitié ou en couple, elles rapportent souvent tout à elles-mêmes, se présentant comme la 8ème merveille du monde et vous rappelant, autant que possible, la chance que vous avez d'être amie avec une personne comme elle. Elles sont souvent maniaques du contrôle, cherchant à tout prix à garder la main mise sur tous les aspects de leur quotidien. 

En apparence, elles présentent une grande confiance en elles, mais derrière cette façade, se cache une absence totale d'estime de soi. Si tous leurs efforts tendent vers la recherche de la perfection, c'est pour réussir à construire cette estime complètement absente.

Il n'est donc pas foncièrement sain d'avoir des rapports intimes avec ce genre de personnes. Leurs comportements toxiques peuvent venir entacher votre quotidien. La prudence est donc de rigueur. Mais le plus important, c'est aussi d'essayer de comprendre quelles sont les sources qui induisent ce type de comportement.

 

2. Quelles sont les origines du syndrome de la Fée Clochette ? 

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Parce que tout a toujours une source dans la vie, il est évident que ce syndrome n'apparaît pas tout seul. Selon les spécialistes, il serait la réponse à une enfance privée d'amour et de reconnaissance de la part des proches. 

On le sait, l'enfance et l'adolescence sont des périodes clés dans la construction de l'estime de soi. Si l'on a grandi avec une certaine négligence de la part des parents, voire même sous les coups (physiques ou psychiques), les sujets ont de grandes chances de développer ce type de syndrome. La négligence des parents peut venir créer de profondes failles dans la mémoire des enfants. Ce syndrome, guidé essentiellement par la colère, n'est qu'une réponse à cette absence d'amour et/ou de considération de la part des proches à des moments essentiels de la construction de l'estime de soi. Souvent, les parents n'ont pas conscience des négligences, qui peuvent être induites par une tradition familiale ou un quotidien essentiellement tourné vers le travail au détriment de la famille. Mais ces petits oublis, ou ces petites phrases, qui n'ont l'air de rien dans la bouche d'un adulte, ont une résonance tout autre chez l'enfant. 

Finalement, derrière chaque femme atteinte du syndrome de la Fée Clochette, se cache, ni plus ni moins, une petite fille qui ne demande qu'à avoir un peu d'amour et d'attention. Mais cette détresse inconsciente s'exprime avec des comportements extrêmes, comme si le sujet n'arrivait pas à canaliser ses émotions.

 

3. Quelles sont les conséquences du syndrome de la Fée Clochette ?

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Le risque qui menace le plus les femmes qui souffrent de ce syndrome, c'est qu'un jour, tout finisse par lâcher. Cette recherche perpétuelle de perfection est très gourmande en énergie et en temps de cerveau disponible. Cette pression quasi permanente va, petit à petit épuiser le corps jusqu'au point de rupture. Le plus gros risque, c'est que le mental du sujet s'effondre d'un coup, entraînant une longue descente aux enfers. 

Au-delà de l'aspect psychique, des répercussions physiques viendront aussi se faire sentir : problèmes articulaires, fatigue intense, stress, insomnie, anxiété... Ce n'est ni plus ni moins qu'un burn-out qui guette les sujets les plus atteints. Dans certains cas extrêmes, les femmes souffrant de ce syndrome peuvent développer des troubles mentaux comme l'asociabilité ou les troubles de la personnalité. 

Il faut savoir que les femmes sujettes syndrome de la Fée Clochette sont aussi très sensibles aux dépendances : tabac, alcool, drogues dures... Tous les moyens sont bons pour échapper à la solitude et aux troubles qui les rongent. C'est aussi un moyen de se doper, être parfaite demande beaucoup d'énergie, il faut trouver d'autres sources que le sommeil.

 

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4. Comment peut-on guérir du syndrome de la Fée Clochette ? 

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Dès qu'il est question de guérir d'un trouble psychique, la première étape est que le sujet ait conscience du problème. Tant que la personne n'a pas pris conscience du mal qui l'habite, aucun chemin vers la guérison ne pourra être amorcé. La prise de conscience passe souvent par l'acceptation. Il n'y a rien de plus difficile à admettre que l'on a un problème. Le travail commencera le jour où le sujet considérera la petite fille qui hurle au fond d'elle "je suis là, regardez-moi, aimez-moi". 

La seconde étape est d'admettre que l'on a pu faire du mal aux autres par son comportement. Vient ensuite l'acceptation de ne pas toujours faire l'unanimité. En effet, rares sont les personnes qui sont appréciées par tout le monde. Comprendre que l'on n'a pas besoin de sortir de grand jeu au quotidien pour séduire tout le monde est l'une des étapes clés de la délivrance de ce syndrome. 

S'en suit la recherche du "véritable moi". Après avoir passé des années à jouer un rôle, la définition d'une véritable personnalité n'est pas une chose facile. Dans toutes les étapes de la guérison, il est essentiel que les sujets soient accompagnés par un professionnel qui viendra encadrer les étapes et apporter un soutien. 

La dernière étape, et non des moindres, est de faire le tri dans les relations. Cela réside dans le fait de comprendre qui sont réellement les personnes attachées à elles. Faire la distinction entre les relations réelles et celles de façade n'est pas chose aisée. Cela permet aussi de prendre conscience de la force des relations. Cette étape permet souvent aux sujets de prendre conscience qu'elles étaient entourées d'amour depuis le début, mais qu'elles avaient du mal à y voir clair tant elles étaient aveuglées par la colère. 

 

5. Vous connaissez quelqu'un qui souffre de ce syndrome ? Comment pouvez-vous l'aider ? 

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La règle d'or est de ne jamais juger les personnes atteintes d'un syndrome psychique. Même si leur comportement peut être déroutant, il est important d'essayer de comprendre les sources de ces travers. Le syndrome de la Fée Clochette est une "maladie de l'âme" qui demande une attention toute particulière. La pire erreur que vous pourriez faire, ce serait de laisser la personne soumise à son sort. Au contraire, la guérison de ce syndrome passe par une prise de conscience, mais aussi par un accompagnement et une présence des proches. Il faut beaucoup d'altruisme et d'amour pour accompagner ce type de névroses, ce n'est pas toujours quelque chose de facile. Le mieux que vous puissiez faire, c'est d'accompagner les sujets sur le chemin de la guérison, tout en laissant les médecins faire leur travail. Présentez-vous comme une épaule sur laquelle pleurer ou une personne sur qui compter. 

La guérison de ce syndrome est parfois longue et sinueuse, elle peut aussi laisser les sujets dans une grande vulnérabilité. C'est à ce moment-là qu'il faut que les proches soient le plus présents possible pour ne pas provoquer une nouvelle descente aux enfers. 

Quid des parents dans l'histoire ? Même si tout est parti d'eux, il n'est pas certain qu'ils aient eu un comportement distant en toute âme et conscience. Le mieux est d'instaurer un dialogue entre le sujet et les parents, cela peut être par oral ou par écrit. Généralement, une fois que l'on réussit à mettre des mots sur les blessures, la colère s'évapore. Cela peut être violent pour les parents qui peuvent ne pas avoir conscience du mal qu'ils ont fait. Dans les cas les plus extrêmes, certains professionnels conseillent aux sujets de se tourner vers la solution de la thérapie familiale, pour enfin mettre fin aux non-dits qui gangrènent les relations.

 

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