"Que faisiez-vous dehors ?", "Mais enfin madame, il ne faut pas rester quand ça se passe mal". Cela peut paraître incroyable de toujours entendre ça en 2021, dans un climat qui, quotidiennement, dénonce les violences faites aux femmes et les féminicides. Et pourtant, il semblerait que l'ensemble des commissariats ne se soient pas mis au diapason. C'est en tout cas le constat qu'il est facile de faire lorsque l'on regroupe les dizaines de témoignages regroupés sous le hashtag #PrendsMaPlainte lancé par le collectif #NousToutes. Ce nouveau hashtag fait écho à une enquête publiée par le collectif féministe le 24 mars. 

Un constat affligeant 

Ce qui se démarque le plus dans les témoignages, c'est le cruel manque d'empathie et de professionnalisme de certains agents de police. Le plus souvent, les faits d'agression rapportés par les victimes sont banalisés et minimisés. Certains vont même jusqu'à infantiliser les femmes qui viennent déposer plainte alors que d'autres osent même refuser le dépôt, chose qui est totalement interdite par la loi. 

Chez les témoins mineures, on retrouve même des cas de culpabilisation de la part des agents de police, comme si c'était elles les fautives et non les agresseurs. S'ajoutent à tout ça des remarques sexistes, misogynes ou des propos discriminants qui viennent encore ajouter un inconfort pour les victimes. 

"Vous avez de la chance, c'est à la mode, les violences conjugales!" (Paris, 2018)

 

Des témoignages qui mettent en lumière l'accueil catastrophique des femmes en commissariat, mais pas que...

La situation des femmes n'est qu'une petite partie de l'iceberg. Dès qu'il est question de personnes non-binaires, c'est encore pire. 81% des personnes non-binaires sondées par le collectif s'accordent à dire qu'ils ont eu une mauvaise prise en charge de la part des agents de police. Cela va du refus de plainte à la culpabilisation de la victime. 

Ce que prouve cette enquête, c'est que rien ne pousse à faire la démarche de se rendre dans un commissariat pour essayer de déposer plainte. La prise en charge est encore trop sommaire et en vient à décourager de nombreuses personnes. Même s'il y a eu quelques petites évolutions depuis quelques années, la prise en charge n'est toujours pas ce qu'elle devrait être, à savoir considérer l'histoire et la situation des victimes comme de véritables agressions sans les tourner en dérision.

Les Éclaireuses