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Il y a parfois des débats qui laissent perplexes. Pourtant, ici, il ne s'agit pas de la sempiternelle confrontation entre pain au chocolat et chocolatine (qui sont deux choses qui existent)... Le débat qui anime internet est, cette fois, beaucoup plus abstrait. Le 10 septembre, Disney dévoilait la (très attendue) bande-annonce de son prochain film de live action "La Petite Sirène". 

Enfin, les fans de la licence Mickey Mouse ont pu replonger sous l'océan pour entrevoir Atlantica et, surtout, se délecter de la voix cristalline d'Ariel, interprétée par Halle Bailey. Malheureusement, c'était trop beau pour que des éléments perturbateurs ne s'invitent pas à la fête. Cette bande-annonce a eu pour effet de réveiller un débat qui, il y a quelques mois, avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes s'insurgent sur le choix de l'actrice principale... Non pas pour ses talents d'acting, mais pour une raison beaucoup plus obscure : sa couleur de peau.

Selon les internautes (qui ne se sont pas privés d'exprimer leur mécontentement sur Twitter), hors de question qu'Ariel soit interprétée par une actrice noire. Les commentaires (et remarques racistes) s'accumulent et questionnent (un peu) sur l'importance et la légitimité de ce débat qui semble avoir nettement plus d'importance pour certains que la question écologique.

 

Comprendre la notion d'interprétation

Ce qui semble le plus perturber les internautes, c'est la différence entre le dessin animé de 1989 et le film à venir. Cependant, beaucoup semblent oublier que dans une œuvre, qu'elle soit animée ou figée, tout est directement lié à une interprétation ou à la vision de celui ou celle qui produit l'œuvre. Les sirènes appartenant au bestiaire fantastique, aucune règle n'existe quant à la représentation de cette créature fantastique (ni d'information sur sa couleur de peau).

Les sirènes ont d'ailleurs pris de nombreuses formes au fil des siècles ou des œuvres. Dans la mythologie grecque, elles sont des chimères, mi-femmes mi-oiseaux. Pour les auteurs du nord de l'Europe, elles sont un hybride mi-femme mi-poisson. Elles sont l'image de la luxure au Moyen Âge et dans Harry Potter, elles sont décrites avec des branchies et des doigts palmés. On retrouve également les sirènes dans la tradition vaudoue haïtienne, appelée Simbi, elle est la mère des eaux et la déesse crainte des pêcheurs (une sorte de Poséidon au féminin). 

Tout n'est finalement qu'une question d'interprétation et une œuvre peut-être polymorphe. Il n'y a pas de limite, surtout lorsque le sujet principal est issu de mythes et de légendes, elles-mêmes infondées. Et si les internautes s'insurgent aujourd'hui contre le choix de l'actrice, les réactions auraient pu être tout aussi virulentes face à une sirène aux cheveux rouges, à la peau blanche et qui ne présente pas la moindre trace de branchies ou d'écailles.

 

Heureusement, de nombreux supporters d'Halle Bailley ne se sont pas fait attendre pour la défendre

Si les réactions négatives des internautes suite au choix de l'actrice ne se sont pas fait attendre, les défenseurs d'Halle Bailey ont eux aussi donné de la voix pour essayer de faire comprendre que le débat est stérile et que la polémique n'a pas lieu d'être. Mieux, cette mixité de représentation va permettre à des petites filles (ou des anciennes petites filles), noires ou métisses, de s'identifier à un personnage de pop culture.

 

Il ne faut pas oublier que la première princesse de couleurs chez Disney, à part Lili la tigresse dans "Peter Pan", n'est apparue qu'en 2009 dans "La Princesse et la Grenouille". Ainsi, plutôt que de regarder égoïstement leur nombril, les internautes devraient être ravis que des petites filles aient enfin accès à une version qui leur permet de s'identifier à Ariel.

 

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Disney décide de faire un revirement de la sorte. En 1997, une interprétation du film "Cendrillon" avait été produite par le studio américain. Le premier rôle était tenu par Brandy, une actrice noire. La reine du royaume était interprétée par Whoopi Goldberg, Whitney Houston était la fée marraine et le prince était joué par Paolo Montalbán, un acteur d'origine philippine (asiatique donc). Un petit tour de table auprès des personnes biberonnées à Disney Channel suffira pour nous rendre compte que peu d'enfants ont été traumatisés par cette version, à 1 000 lieues du dessin animé de 1950.

 

 

 

 
 
 
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