Depuis le mois de septembre, une rage gronde dans les rues iraniennes : le 16 septembre dernier, Mahsa Amini décédait, quelques jours après sont arrestation par la police des mœurs. Sa mort - celle de trop - sera le point de départ d'une grande révolte menée par les femmes. Après des semaines de manifestation, le peuple semble avoir été entendu par le gouvernement iranien. Le procureur général a annoncé l'abolition de la police des mœurs. Cette victoire, historique, marque une avancée pour la condition féminine dans le pays et, peut-être, un assouplissement des règles liées au port du voile.

Une patrouille créée en 2006 qui avait pour but de surveiller la décence des femmes

Créée en 2006 par le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, la police des mœurs avait pour but de surveiller la tenue des femmes iraniennes et de "répandre la culture de la décence et du hijab". Des patrouilles d'agents de cette police spéciale tournaient, jour et nuit, dans les rues des villes iraniennes, réprimandant les femmes qui ne respecteraient pas les règles de pudeur en vigueur dans le pays. Ces règles sont directement liées à l'idéologie de la République islamique selon laquelle une femme doit cacher son corps et ses atouts pour ne par attiser le désir. Ainsi, elles doivent obligatoirement porter le voile en public, n'ont pas le droit de porter des pantalons serrés, des jeans troués, des tenues aux couleurs vives, ni même des manteaux au-dessus du genou.

Le début d'un renouveau pour les femmes iraniennes ? 

Si cette annonce sonne comme une victoire, elle ne permet pourtant pas d'oublier les quelque 400 morts et près de 18 000 personnes arrêtées lors des manifestations. Cependant, cet assouplissement sonne comme un espoir pour les femmes iraniennes. Le procureur a également annoncé que d'ici 15 jours, la loi qui encadre le port du voile pourrait être modifiée - mais il n'y a aucune information sur le type de modification qui pourrait être apportée au texte. Certaines sources parlent de la fin des arrestations pour non-respect du voile, une décision qui irait dans le sens des différents mouvements de contestation observés ces dernières semaines dans le pays : les femmes, qu'elles soient majeures ou mineures, avaient décidé de faire tomber leur voile par solidarité pour toutes leurs sœurs, "tuées pour avoir osé être libres".

Une propagande orchestrée par le régime iranien ? 

Si pour certains, cette nouvelle marque le point de départ d'une toute nouvelle dynamique dans le pays, pour d'autres, ce n'est qu'un moyen détourné afin de faire oublier au monde entier les horreurs perpétrées par le pays sur son peuple pour réprimer les manifestants. Pour Ghazal Golshiri, journaliste pour Le Monde, il ne faut pas se laisser séduire par cette nouvelle mesure, car même si la police des mœurs est réellement dissoute, le port du voile, lui, reste bien obligatoire dans le pays.

La journaliste a également rappelé dans l'HuffPost que ce n'était pas la première fois que le gouvernement iranien modifiait le régime de la police des mœurs, cela ne veut pas pour autant dire qu'il y a une envie d'abolir les règles de la République islamique, hostiles envers les femmes. Pour Ghazal Golshiri, cette annonce n'est rien de plus que de la poudre aux yeux qui a pour but de calmer le peuple en prévision des grandes mobilisations prévues dans le pays la semaine prochaine.

Les Éclaireuses

 

 

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