L'éducation nationale a-t-elle oublié les cours d'éducation sexuelle dans son programme ? Une récente enquête du collectif féministe NousToutes valide l’idée que les questions autour de la sexualité ont été remisées au placard. Le problème, c'est que cela à de nombreuses répercussions (directes et indirectes). 

Près de 10000 personnes, entre 18 et 40 ans, ont été sondées pour cette enquête. Et, si la loi prévoit une obligation d'aborder les questions de la sexualité dans le cadre de la scolarité (art. L.121-1 et 312-16), près de 12% des sondés admettent ne jamais avoir eu de séances de sensibilisation ou de cours d'éducation sexuelle. La moyenne de séances se situe entre 1 et 2 dans l'ensemble de la scolarité (46% des sondés), or, la loi prévoit un minimum de 21 séances entre le CP et la terminale, soit 3 sessions de sensibilisation et d'éducation par années scolaires. 

L'absence d'éducation sexuelle, un problème de société

Les questions de sexualité, lorsqu'elles ne sont pas abordées lors de séances spéciales, sont généralement traitées dans les leçons de SVT par un professeur qui restera sur les questions très biologiques et anatomiques de la sexualité (ou qui, dans certains cas, débordera sur la notion de plaisir masculin, mais rarement sur le plaisir féminin).

Cette approche très "sciences-nat" de la sexualité vient occulter toutes les questions nécessaires à la compréhension de notions indissociables des rapports sexuels : le respect, le consentement, la protection, la tolérance... Or, pour 65,9% des sondés, la question d'égalité n'est pas inculquée et, pour 85,1%, les rares cours autour de la sexualité ou les interventions organisées par les établissements scolaires ne permettent absolument pas de combattre les préjugés sexistes et homophobes.

Des cours plus que nécessaires

On pourrait penser, avec un peu de légèreté, que ces cours sont loin d'être nécessaires... Pourtant, en couplant cette enquête avec une autre étude menée par Ipsos, on se rend compte que c'est essentiel d'aborder les questions autour de la sexualité dès le plus jeune âge pour barrer le chemin aux fausses idées. Exemple parlant : pour près de 30% des 18-24 ans, forcer sa partenaire à avoir un rapport sexuel n'est pas considéré comme un viol (sûrement des bribes de l'histoire du "devoir conjugal"). Un problème semble central dans les résultats de cette enquête et c'est la question (essentielle) du consentement et, indirectement, celle de la culture du viol : pour 11% des sondés, lorsqu'une femme dit "non", en réalité elle dit "oui" ou encore, pour 13% des sondés, si une femme a une attitude séductrice ou si elle accepte d'aller chez un inconnu, elle est en partie responsable de son viol. 

Les résultats sont plus qu'inquiétants et, le pire dans tout ça, c'est qu'ils auraient pu être évités si les cours d'éducation sexuelle avaient correctement été mis en place dans les établissements scolaires. Pourquoi ? Parce qu'en abordant, et ce, dès que possible, la question du consentement, du viol et des violences sexistes, on a de vrais résultats notables sur la compréhension et l'application de ces notions au quotidien

Il est donc plus que nécessaire de redresser la barre et de réellement inclure les cours d'éducation à la sexualité dans les programmes des adultes de demain. 

Les Éclaireuses

 

 

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