L'infidélité, vaste sujet. S'il fournit de l'inspiration pour les chanteurs et chanteuses depuis des années - de Cry Me a River à Confession Nocturne -, il n'en reste pas moins une réalité qui touche, a touché ou nous touchera tous (ou presque). Parce que même en se promettant un amour profond et éternel, personne n'est à l'abri des sorties de route.

Dans les infidèles, il y a des catégories : du serial cheater à l'infidèle ponctuel, il existe pléthores de raisons qui peuvent nous pousser, tôt ou tard, à aller voir si l'herbe est plus verte chez le voisin. Il ne faut pas croire que c'est un comportement exclusivement masculin, sur la question de l'infidélité, nous sommes paritaires.

Même si la tromperie fait toujours mal, à celui qui se retrouve cocu, mais aussi parfois à l'autre, il n'en reste pas moins un comportement qui peut être lié à certaines envies ou certains besoins qui ne trouvent pas de réponse dans la relation initiale. Bien que la meilleure solution reste l'honnêteté, il arrive parfois qu'il y ait des ratés ou un concours de circonstances qui font qu'on n’a ni le temps ni l'opportunité de "bien faire les choses".

Ici, point de place au jugement, le but n'est pas de montrer du doigt les infidèles, mais plutôt de comprendre ce qui a poussé ces personnes, hommes et femmes, à, un jour, tromper leur partenaire (une ou plusieurs fois).

Nous avons donné la parole à ces 9 personnes, pour comprendre leur rapport à l'infidélité. Aujourd'hui, la parole est à eux.

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

Thibault, 26 ans : "Paradoxalement, la pitié m'a fait me comporter de manière abjecte"

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"J'ai eu plusieurs relations longues dans ma vie, 3 relations de trois ans et une d'un an. Je n'ai été infidèle qu'une fois dans ma vie, c'était lors d'une longue relation. L'explication de cette infidélité est qu'au bout d'un certain temps, je dirais 2 ans, l'amour et la passion ont disparu petit à petit. Avec du recul, je me rends compte que je n'étais plus amoureux de cette femme. J'ai commencé à envisager l'infidélité au moment où mon désir pour ma conjointe s'est fait de plus en plus rare, c'est aussi à ce moment-là que j'ai commencé à ressentir de l'attirance pour d'autres femmes. Même si partager des moments avec elle tenait plus de la corvée que du plaisir à ce moment de la relation, je n'ai pas osé la quitter.

Ce qui m'a poussé à aller voir ailleurs, c'est le sentiment de "dégoût" que je pouvais ressentir quand je m'imaginais avoir une relation intime avec elle. Le véritable "déclic" a été la distance. J'ai été amené à changer de ville pour poursuivre mes études et c'est sous couvert de la distance que je me suis autorisé à craquer et à explorer de nouveaux horizons. Avec du recul, je me rends compte que j'aurais dû avoir le courage de la quitter, pourtant, j'aurais dû le faire. Il y a des raisons qui m'ont poussé à rester avec elle, elle traversait une période assez compliquée émotionnellement, directement liée à sa famille, je n'avais pas envie d'ajouter plus à sa peine. Paradoxalement, la pitié m'a fait me comporter de manière abjecte. J'ai compris avec le temps que, finalement, cette femme ne me correspondait pas, j'ai passé de bons moments avec elle, c'est un fait, mais ce n'était clairement pas une femme pour moi. À la fin, je prenais presque du plaisir à avoir une "double vie", sans totalement prendre la mesure de la souffrance que pourrait induire mon comportement sur ma compagne.

Cette expérience a tout de même été bénéfique, aujourd'hui, je pense savoir, à peu près, à quel moment je dois quitter une personne et surtout avoir le courage de la quitter au lieu de la faire souffrir et de me faire perdre du temps dans une relation qui n'aboutira à rien."

 

Pénélope, 22 ans : "J'étais incapable d'avancer avec lui en sachant que j'avais fauté"

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"Je n'ai été infidèle qu'une seule fois dans ma vie. Il ne s'agissait pas d'un rapport sexuel, mais d'un baiser suivi d'une nuit dans le même lit qu'un autre homme, en tout bien tout honneur. J'avais beaucoup bu et je n'étais pas vraiment dans un état rationnel. Ça a été la seule fois où j'ai été infidèle. Je connaissais la personne avec qui j'ai partagé un baiser, il me tournait autour depuis un petit moment. À cette époque, mon copain était loin. La distance cumulée à de nombreuses disputes m'a fait me poser beaucoup de questions sur la relation que je vivais. L'alcool a été l'élément déclencheur de mon acte, mais plus globalement, je me sentais enfermée dans une relation et j'avais l'impression que je ne pouvais plus séduire, j'avais besoin d'un petit ego-boost.

Suite à cet écart, je m'en suis beaucoup voulu. J'en ai immédiatement parlé à mon copain de l'époque, mais ça n'a pas suffi pour ouvrir une discussion entre nous qui aurait pu nous permettre de dépasser les difficultés ou de mettre les choses à plat. On s'est séparés après ce "faux pas" parce que j'avais énormément de mal à accepter ce que j'avais fait. Même s'il était prêt à me pardonner, j'étais incapable d'avancer avec lui en sachant que j'avais fauté. J'avais l'impression que je pouvais recommencer à tout moment, cette sensation me faisait beaucoup de mal, j'ai préféré tout arrêter pour ne plus ressentir de culpabilité. Suite à cette rupture, j'ai fait un réel travail sur moi-même pour comprendre comment j'en étais arrivée là, ça m'a permis de voir plus clair."

 

Alexandre, 25 ans : "L'infidélité en général me permet surtout de me rendre compte de mon charme et de mes aptitudes sous la couette"

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"Mon infidélité est relativement récurrente, ça dépend des années, mais globalement, je suis assez coutumier de la chose. Mes envies d'aller voir ailleurs ne dépendent pas forcément d'un facteur en particulier, les envies naissent toujours de situations très différentes. Mais, j'ai remarqué qu'en général, c'était plus sous le coup de la pulsion ou d'envies très soudaines.

Ce qui m'a poussé à sauter le pas vers l'infidélité, c'est l'attirance que je peux ressentir vis-à-vis de certaines femmes, mais c'est surtout lié au fait que j'ai réalisé que si je ne profitais pas de la vie maintenant, tant que je suis jeune et qu'il n'y a rien de vraiment sérieux, quand est-ce que j'allais le faire ? La pandémie m'a aussi fait prendre conscience que le temps passait vite, que tout pouvait changer du jour au lendemain et que ce n'était pas le moment de se priver !

Il m'arrive de regretter d'aller voir ailleurs, mais ça dépend des personnes, parfois, je finis par regretter, et d'autres fois, pas du tout. L'infidélité en général me permet surtout de me rendre compte de mon charme et de mes aptitudes sous la couette... Ça a un côté un peu boost pour l'égo."

 

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Elisa, 24 ans : "J'ai profité de mon adolescence sans trop me tracasser"

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"J'ai surtout été infidèle pendant mon adolescence, de mes 15 à mes 18 ans, c'était assez régulier pendant cette période. La première fois que j'ai été infidèle, j'étais dans une relation à distance, j'ai trompé mon copain de l'époque avec un garçon qui me plaisait beaucoup et qui, géographiquement, était plus proche de moi. J'ai fini par tromper le second garçon avec un troisième, car je me suis rendu compte que la relation que je vivais était toxique et le troisième garçon m'apportait du réconfort et une véritable bouffée d'air frais, tout du moins au début. J'ai finalement eu besoin de plus d'attention et j'ai trompé ce troisième garçon avec beaucoup d'autres.

À l'époque, j'avais conscience que ces hommes n'allaient pas être les hommes de ma vie, je n'étais pas vraiment amoureuse. Quand je suis vraiment tombée amoureuse d'un garçon, à mes 18 ans, il n'a jamais été question de le tromper, je ne l'ai même jamais envisagé. Je n'ai jamais regretté mon comportement, car mes petits secrets sont restés bien gardés, les garçons que j'ai trompés ne l'ont jamais su. Finalement, pas vu pas pris, et je ne pense pas avoir fait du mal à qui que ce soit. Je me suis surtout bien amusée, eu diverses expériences sexuelles, c'était très marrant et ça m'a permis de me forger, j'ai profité de mon adolescence sans trop me tracasser. Ça ne sert à rien de se faire des nœuds au cerveau à cet âge ! Ces expériences m'ont permis de n'avoir aucun regret et aujourd'hui, je suis totalement prête à faire ma vie avec la même personne sans avoir peur de ne pas avoir assez profité."

 

Marc, 28 ans : "J'ai senti une routine s'installer et j'ai fini par aller voir ailleurs"

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"La première fois que j'ai trompé quelqu'un, j'avais 16 ans. Cela faisait 6 mois que j'étais en couple avec cette personne. L'occasion s'est un peu présentée à moi sans crier gare, je n'ai pas réellement cherché à tromper, en tous cas, je n'étais pas dans cette optique. J'ai été très honnête à l'époque avec ma partenaire, je n'ai pas culpabilisé mais, pour autant, je me suis dit qu'il fallait que je lui dise que j'avais fauté. Elle a accepté mes explications et nous sommes restés ensemble encore quelque temps. 

La seconde fois que j'ai été infidèle, j'avais une vingtaine d'années. J'étais en couple avec une autre femme, mais je ne considérais pas cette histoire comme majeure, je ne me projetais pas avec elle et je savais que ce n'était pas une histoire qui allait durer des années. Petit à petit, je me suis lassé d'elle, je n'étais pas bien, j'ai senti une routine s'installer au fil du temps, on a trouvé un rythme très rapidement et il n'y avait plus de place à la surprise dans notre quotidien. J'ai fini par aller voir ailleurs. Je lui ai également dit que j'avais fauté et j'ai profité de cette discussion pour la quitter et pour sortir de cette routine pesante. 

Je me suis rendu compte, avec du recul, que je n'avais pas eu le courage de quitter ces femmes parce que, même si je ne me sentais pas forcément très épanoui dans les relations, j'étais attaché à elles. Mon égoïsme a pris le dessus sur la raison. Cela dit, mes tromperies m'ont aussi permis d'ouvrir les yeux sur ces relations, et même si j'ai pu les faire souffrir, je ne regrette pas mes choix."

 

Clarisse, 23 ans : " Il m'a fallu beaucoup de temps pour me remettre de cette histoire, j'avais perdu foi en moi et me suis longtemps vue comme un monstre malfaisant"

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"Je n'ai eu qu'une seule expérience de tromperie dans ma vie. J'ai trompé un homme que j'aimais avec mon premier amour. J'ai cédé aux appels de ce premier amour et j'ai succombé à ses propositions, c'était l'erreur à ne pas commettre, je suis retombée très rapidement dans les bras de ce premier amour, tout en conservant ma relation avec l'autre homme. Au final, j'ai mené une double vie pendant près d'un an et demi.

L'infidélité n'est pas quelque chose de récurrent chez moi. Ça a été ma seule expérience et elle m'a servi de leçon. Je ne veux plus revivre une telle expérience, car cela a été douloureux avant, pendant et après, bien évidemment. C'était une erreur de parcours, un véritable concours de circonstances qui m'a poussée à faire quelque chose qui ne me ressemble absolument pas.

En y réfléchissant, j'ai réussi à trouver quelques explications à ma réaction. Sans pour autant chercher à excuser ce que j'ai fait, je pense que ça n'aurait pu arriver qu'avec mon premier amour, ce n'était pas un inconnu, nous avions vécu une histoire ensemble. Quand il a repris contact avec moi, je ne l'ai pas vu comme une tromperie, juste comme deux personnes qui renouent des liens. J'ai été embarquée par de vieux sentiments, toujours présents. S’est cumulée à ces sentiments l'euphorie d'un amour naissant avec l'autre homme. Ce mélange d'émotion m'a provoqué une certaine euphorie qui m'a pétrifiée, j'étais incapable de me détacher de l'un ou de l'autre. Ce qui m'impressionne, c'est la facilité avec laquelle les choses se sont goupillées. Mon compagnon "non officiel" n'était ni inquiet, ni jaloux, ni même suspicieux. Il ne se doutait absolument pas que je menais une double vie et que je trompais mon copain "officiel" avec lui. Je pense que son indifférence a participé à l'installation de la double-vie. Ces deux hommes se complétaient parfaitement, j'avais besoin d'eux en même temps pour créer une certaine harmonie.

Aujourd'hui, je regrette énormément ce que j'ai fait. Il m'a fallu beaucoup de temps pour me remettre de cette histoire, j'avais perdu foi en moi et me suis longtemps vue comme un monstre malfaisant. J'ai appris à déculpabiliser avec le temps et je me suis rendu compte que le jeu n'en valait finalement pas la chandelle. Je n'ai jamais pu dire la vérité à mon copain "officiel", j'avais trop peur de le faire souffrir. Au lieu de le quitter, j'ai tout fait pour ruiner la relation que nous avions pour le pousser à rompre avec moi. Au final, je me suis retrouvée seule et j'ai fini par perdre ces deux hommes.

Malgré tout, j'ai l'impression que cette expérience, aussi chaotique qu'elle fût, m'a permis de grandir. Mais je me suis promis de ne jamais recommencer, pas tant pour moi, mais pour la personne avec qui je serais. Personne ne mérite ça."

 

 

Samantha, 24 ans : "À l'époque, je ne savais ce qu'était le polyamour et je n'avais absolument pas conscience qu'il pouvait être "possible" d'être amoureuse de deux personnes en même temps"

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"Par le passé, il m'est arrivé d'être infidèle à deux reprises. Mais, les deux fois, c'était avec les deux mêmes garçons. "L'officiel" était mon premier copain, j'étais très amoureuse de lui, mais aussi très amoureuse d'un autre garçon, celui avec qui j'ai fini par fauter.

La situation a fait que mon copain n'habitait pas à côté de chez moi et il consacrait beaucoup de temps à ses hobbies. Ce n'est pas tant ça qui m'a poussée à aller voir ailleurs, mais plus le temps libre qui m'a donné l'occasion de passer plus de temps avec l'autre garçon. Ce que j'ai vécu avec les deux garçons était formidable, mais la culpabilité m'empêchait de profiter pleinement des instants, je n'ai pas pu vivre ces relations à 100%.

C'était une situation délicate et j'ai beaucoup regretté mes agissements, notamment parce que ça a fait beaucoup de mal à mon copain de l'époque. Mais, cette expérience m'a permis d'en apprendre plus sur moi. À l'époque, je ne savais pas ce qu'était le polyamour et je n'avais absolument pas conscience qu'il pouvait être "possible" d'être amoureuse de deux personnes en même temps ni que ça pouvait être "accepté". Depuis cette époque, j'ai complètement revu ma conception du "couple" et des relations. Je ne me plie plus à "ce que la société veut de moi", je suis surtout à l'écoute de mon cœur et de mes envies. Aujourd'hui, je découvre toutes les nuances qu'il peut y avoir dans une relation. Je suis intimement persuadée qu'il y a plein de façons d'aimer et qu'aucune ne doit être refoulée. Finalement, la tromperie se passe lorsque l'on se ment à soi-même et à l'autre. La clé reste la communication et, surtout, de savoir mettre son égo de côté, même si ce n'est pas toujours facile. La priorité, ça doit toujours rester l'amour."

 

Justine, 22 ans : "Je ne regrette absolument pas cette sortie de route, elle m'a permis de voir la vérité en face"

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"C'est arrivé une seule fois, je n'ai été infidèle qu'à une unique occasion. J'étais jeune et très amoureuse d'un garçon qui s'est avéré être quelqu'un de très toxique. Il était très jaloux, il cherchait à me couper de tout, de ma vie, de ma famille, de mes amies. À l'époque, j'étais naïve et je n'imaginais pas tout le mal que cette relation pouvait me faire ni que j'étais en train de sombrer dans un schéma ultra-toxique.

Durant cette relation chaotique, j'ai rencontré un garçon, il a été mon sauveur. Il est vite devenu mon confident, mon meilleur ami, la personne avec qui j'appréciais parler de mes problèmes et de ma relation. Avec lui, je me sentais libre, tout était plus facile, c'était une sorte d'échappatoire. J'ai fini par tromper mon copain avec ce garçon et c'est cet écart qui m'a donné le courage pour dire toute la vérité à mon compagnon et pour le quitter. Ma tromperie a finalement été salvatrice.

Je ne regrette absolument pas cette sortie de route, elle m'a permis de voir la vérité en face et d'échapper à une relation qui m'aurait sûrement détruite. Ça m'a aussi permis de comprendre que j'étais une personne entière avec des belles qualités qui ne pouvait pas tolérer d'être contrôlée par une personne toxique et manipulatrice.

Aujourd'hui, cette histoire, c'est du passé. J'ai pu aller de l'avant pour vivre une belle histoire d'amour, vraie et saine avec la personne qui partage ma vie."

 

Eric, 24 ans : " Le fait de plaire, de sentir que je pouvais séduire, est devenue une sorte de drogue pour moi"

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"J'ai été infidèle à plusieurs reprises, environ 4 ou 5 fois. Si je l'ai fait, c'était surtout pour combler un vide existentiel dans ma vie. C'était à une période où mon partenaire n'était pas là pour me soutenir. Il m'était très difficile d'en parler avec mon entourage.

L'infidélité est devenue une sorte d'échappatoire pour moi. Je voulais me sentir libre, vivant. Je ressentais toutes ces émotions grâce au plaisir charnel, à ses moments de communion. Je pense que j'ai aussi eu envie d'aller voir ailleurs pour me faire un petit boost de confiance, j'ai beaucoup subi de harcèlement scolaire dû à mon orientation sexuelle, c'est compliqué de se construire une estime quand on a subi tout ça.

J'ai mis très longtemps à faire mon coming-out, mais une fois que je suis sorti du placard, j'ai explosé. J'ai exploré les plaisirs, en consommant du sexe pour du sexe. Le fait de plaire, de sentir que je pouvais séduire, est devenu une sorte de drogue pour moi. Quand je n'allais pas bien, il fallait que je séduise pour me rassurer.

Je ne regrette pas ce que j'ai fait, car je n'étais pas vraiment dans mon état normal quand ça arrivait, j'étais un autre moi, un avatar avide de séduction. Le seul regret que je peux avoir, c'est d'avoir fait vivre ça à une personne que j'aimais.

Maintenant, j'ai appris à relativiser, j'ai pu regarder les choses en face, j'ai fait une thérapie pour comprendre mon comportement et faire le point sur ma vie. J'aborde mon quotidien avec beaucoup plus de sérénité aujourd'hui."