L'heure est venue, votre hotte est pleine de cadeaux et vous avez pris le chemin de votre maison d'enfance, celle où toute la famille se réunit chaque année pour les fêtes de Noël. Mais, cette année comme toutes les autres, vous redoutez les conversations à la grande table : entre votre grand-père qui s'est arrêté de réfléchir en 1967 et votre oncle qui a un avis très arrêté sur l'ensemble de l'humanité, difficile d'arriver au dessert sans avoir envie de s'arracher les cheveux. 

Mais, pas de panique, cette année, vous aurez toutes les cartes en main pour survivre à cette épreuve familiale.

Découvrez notre guide ultime pour survivre à n'importe quelle réunion (corvée) familiale ! 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

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1) Il est important de garder en tête que tout le monde n'est pas forcément autant informé que vous sur certains sujets

Nous avons tendance à penser que les courants en pensée en vigueur dans notre microcosme sont acquis et actés pour l'ensemble des humains. Sur des sujets moins mainstreams, comme ceux qui concernent les droits des LGBTQIA+ ou les luttes féministes sont souvent invisibilisés par les médias "grands publics". Sauf qu'en général, les vieilles personnes s'informent principalement avec la télévision. Il est donc tout à fait possible qu'ils ne soient pas totalement au fait sur la question du pronom neutre ou sur les différents combats qui animent la jeunesse. 

Il est important de garder en tête cette question de manque d'information sans forcément excuser le fait qu'ils n'ont pas les moyens de s'informer. Avec internet et en choisissant les bonnes sources, il est tout à fait possible de s'informer sur n'importe quel sujet : allant de l'impact des nouvelles masculinités sur la question de genre à l'importance du pronom neutre pour les personnes non genrées. 

Cela peut d'ailleurs être une très bonne amorce pour couper court au débat :"si tu veux en parler, tu devrais d'abord lire tel ou tel article, ça te permettra d'y voir plus clair". 

 

2) Ce n'est pas parce que vous ne pensez pas la même chose que les membres de votre famille que vous ne méritez pas le respect (et inversement)

La famille, c'est sacré (et ce n’est pas Don Corleone qui dira le contraire). Mais, à part si vous êtes dans une famille appartenant à la mafia calabraise, vous avez le droit d'aller à l'encontre des avis de vos aînés. Mieux, vous avez le droit d'être respecté et vos interlocuteurs aussi. Vous avez aussi le droit de monter dans les tours et de vous énerver si quelqu'un vous attaque verbalement ou vous humilie devant tous vos proches. Essayez de trouver des alliés pour supporter cette situation et défendez-vous avec vos armes. Personne ne mérite d'être mis plus bas que terre et surtout pas par sa propre famille. 

Il est important de garder en tête que si un débat constructif est possible, un lynchage en communion l'est beaucoup moins. Vous n'êtes pas là pour subir les traits d'esprits (malvenus) de votre famille. 

 

 

3) Vous n'êtes pas là pour éduquer les gens

Aussi engagé et passionné que l'on puisse être, il est essentiel d'admettre que votre rôle n'est pas d'éduquer votre famille. Personne n'a décrété que c'était à vous d'informer vos proches sur les sujets qui vous animent ou qui animent la société. S'ils n'ont pas la curiosité d'aller chercher des sources tangibles pour s'informer ou de poser les bonnes questions aux personnes concernées, ce n'est pas votre problème mais le leur : ils ont fait le choix de ne pas s'informer sur le sujet.

Si jamais ils vous posent des questions réellement intéressées, donnez-vous-en à cœur joie. Mais, si leurs questions ne sont là que pour vous attaquer, répondez par un silence. 

 

4) Vous avez le droit d'éviter les conversations si vous n'êtes pas à l'aise avec les sujets 

Vous avez tout à fait le droit de prendre part ou non aux débats et aux conversations. Si le sujet évoqué vous met beaucoup trop mal à l'aise, vous avez tout à fait le droit de dire "non, je refuse de parler de ça avec toi car nos opinions divergent trop" pour clore le débat. 

Si la personne en face risque de voir ça comme une fuite, ce n'est pas votre problème, surtout si cette "fuite" vous permet de rester de bonne humeur. L'important, pendant les réunions de famille, c'est de profiter de ses proches, pas de se lancer dans des débats aussi arides que le désert de Gobie.

 

5) Gardez en tête que chaque génération a son/ses combats et que, malgré tous vos efforts, les gens qui ne veulent pas comprendre ne comprendront pas

À chaque génération son combat. Vous pouvez bien comprendre, sans mal, que votre grand-tante de 102 ans a du mal avec la notion de genre et d'identité, son problème, à votre âge, c'était de savoir s'il y aurait assez de tickets de rationnement pour manger. Votre grand-mère, elle, a vécu dans un monde où elle ne pouvait pas avoir de compte en banque sans l'aval de son père ou de son mari. Et votre mère a connu un monde où la contraception était interdite et où l'homosexualité était considérée comme une maladie mentale. 

Si l'âge ne doit pas tout excuser (et surtout pas les idées extrêmes), il est important de prendre en considération que chaque génération a un combat qui lui est propre et qu'elle a souvent du mal à comprendre les combats des générations suivantes. Les choses avançant de plus en plus vite (merci les réseaux sociaux et la libération de la parole) certaines personnes, moins connectées que d'autres, ont du mal à prendre la mesure de tous les combats. Heureusement, ils sont tout à fait capables de s'informer s'ils le veulent (vraiment). 

Mais, il faut garder en tête cette phrase qui transpire de vérité : "Toutes les générations disent que celle d'après fait n'importe quoi" Basique, Orelsan. Parce que, n'en déplaise aux bien-pensants, des têtes bien faites (et des cerveaux en ébullition) se cachent parfois sous les casquettes des rappeurs. 

 

 

6) Si vous pensez que ces réunions de famille ne sont pas bénéfiques pour vous, n'y allez tout simplement pas

Et si, après plusieurs essais, vous vous rendez compte que les réunions de famille vous apportent plus de frustration et de tristesse que des souvenirs précieux, c'est que le moment est venu de tout simplement bouder ces réunions de famille pour célébrer les fêtes de fin d'année avec des personnes qui vous apportent des choses bénéfiques. 

Dans la vie, il y a deux familles : celle que l'on nous impose et celle que l'ont choisi. Parfois, il est nécessaire, surtout lorsque le dialogue n'est plus du tout possible, de couper les ponts (temporairement ou non) avec sa "vraie" famille pour profiter des moments de joie avec sa famille d'adoption. Personne ne vous en voudra jamais de penser à votre bien-être et, si jamais des gens vous en veulent, c'est qu'ils ne pensent pas réellement à vous mais à eux-mêmes.

 

Pour aller plus loin : si vous souhaitez compléter ces différents points par des exemples plus concrets sur les différentes minorités, il vous est chaudement conseillé d'aller jeter une oreille au très éclairé podcast Les Couilles sur la Table qui traite le sujet avec brio. 

 

 

 

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