"On ne naît pas homme, on le devient".

Être un homme en 2021, ça veut dire quoi ? Est-il toujours nécessaire de s'enfermer dans des clichés ultra-masculins ? De prouver sa valeur via sa force physique par exemple ? De nos jours, il n'existe plus une seule manière de s'affirmer en tant qu'homme. Au contraire, il existe désormais autant de manières d'être un homme que d'hommes sur Terre.

À une époque où l'on redéfinit les genres, il est primordial de réécrire la partition des hommes qui est étroitement liée à celle des femmes. Si le féminisme est l'affaire de tous, alors il semble évident que les questions relatives aux masculinités le sont aussi.

Aujourd'hui, on vous explique pourquoi le masculinisme est (enfin) un concept has-been.

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

La masculinité, finalement, c'est quoi ?

D'après la définition du Robert, la masculinité c'est "un ensemble de caractères, de comportements stéréotypés correspondant à une image sociale traditionnelle des hommes". Autrement dit, ce sont tous les clichés masculins auxquels nous avons été biberonnés depuis notre plus jeune âge : De la figure de l'homme en sexe fort providentiel, à l'interdiction pour les hommes de se montrer sensibles ou encore au sexisme banalisé, ce sont toutes ces injonctions qui sont imposées aux jeunes garçons dès leur plus jeune âge, et ce, uniquement parce qu'ils sont nés garçons.

Mais la masculinité toxique, c'est beaucoup plus qu'un mauvais souvenir d'enfant. Ces injonctions suivent ceux qui les subissent jusqu'à l'âge adulte et se faufilent dans les moindres aspects de leurs vies.

Prenons l'exemple de la vie intime, combien d'hommes sont persuadés que leur valeur repose dans leurs performances sexuelles ? Combien d'hommes pensent que leur virilité est liée aux pratiques sexuelles qu'ils aiment ? Ainsi, on comprend que la masculinité toxique est nocive, pour les hommes mais aussi pour les femmes et la société de manière plus générale.

La masculinité et ses défenseurs se voient en adversaire du féminisme. Pourtant, c'est une position qui n'a pas de sens. Le masculinisme ne défend pas l'idée de droits pour les hommes (ce qui n'aurait là aussi aucun sens, puisque nous évoluons dans une société patriarcale). Au contraire, la masculinité défend une supériorité "naturelle" des hommes sur les femmes. Un retour à des "valeurs" où la place de l'homme au sein du foyer et de la société est centrale. Un retour dans les années 40 finalement.

 

Sommes-nous aujourd'hui en train d'assister à une crise de la masculinité ?

Contrairement aux générations précédentes, les questions de genres et d'identités sont au cœur de la réflexion et des débats. Nos sociétés offrent aussi de plus en plus de place à l'exploration de soi. Cette vision manichéenne des genres héritée du Moyen-Âge ne peut donc plus être d'actualité. Malgré tout, en parallèle de ces changements et évolutions, on observe une vraie montée de la pensée masculiniste.

Le chercheur québécois Francis Dupuis-Déri explique que nous vivons actuellement une vraie crise de la masculinité. Selon lui, les attributs vus comme féminins sont de plus en plus considérés par certains comme une intoxication, un parasite et une pathologie lorsqu'ils sont constatés chez un homme. Il parle même de "conception séparatiste" des genres. Pour les masculinistes, les femmes seraient hystériques tandis que les hommes seraient les seuls êtres dotés de sens, et ils en sont persuadés en plus.

 

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Une "hyper masculinité" qui dessert sa propre cause ? 

Cette observation se confirme lorsqu'on se penche sur les cas d'incels (involuntary celibate) ou célibataires involontaires. De plus en plus nombreux et influents sur les réseaux sociaux (TikTok, Reddit), ces hommes constituent d'immenses communautés en ligne dans lesquelles ils expriment leur haine des femmes. Selon eux, elles sont diaboliques et les uniques responsables de leur situation amoureuse.

Le problème, c'est que ces hommes ne se contentent plus de sévir en ligne, certains d'entre eux passent à l'acte comme en 2018 à Toronto où une attaque à la voiture-bélier perpétrée par un membre d'une communauté Incel a fait 10 victimes, principalement des femmes. Fait encore plus inquiétant, ces hommes se regroupent désormais dans des camps de masculinisation. Le but ? Le temps d'un week-end ou d'une semaine, réaffirmer sa masculinité à travers des exercices de "revirilisation". Ces pratiques sont dangereuses non seulement pour les femmes qui sont les premières victimes de ces pratiques mais aussi pour les hommes qui s'enferment dans des clichés toujours plus archaïques.

Ainsi la question que l'on peut se poser : est-ce que la fin des inégalités entre les hommes et les femmes pourrait régler cette problématique ? Comment faire pour que ces hommes ne passent pas à l'acte ? Aujourd'hui, le phénomène est en pleine expansion et les réponses encore trop peu nombreuses (en même temps, c'est une problématique, un danger qui ne concerne que les femmes, elles peuvent bien attendre).

 

 

De nouvelles définitions du masculin et de la virilité, plus en harmonie avec notre époque

Fort heureusement, aujourd'hui, il existe une multitude de manières d'être un homme et les injonctions sont (bien que toujours présentes) de moins en moins fortes.
La représentation y est pour beaucoup : on peut citer en France des personnalités comme Bilal Hassani, le chanteur Eddy de Pretto ou encore le youtubeur beauté Richaard qui, grâce à leur notoriété et leur travail, imposent de nouvelles définitions de la masculinité. Aux États-Unis, l’acteur Timothée Chalamet ou encore le chanteur britannique Harry Styles sont les visages de cette nouvelle version du masculin. Des innovations médicales peuvent aussi être citées dans la redéfinition de la masculinité, la pilule contraceptive pour les hommes par exemple est une avancée historique, enfin une problématique souvent associée aux femmes est désormais aussi l'affaire des hommes.

En Corée, l'avènement des boys band a donné lieu à une tendance qu'on appelle "soft boys". Subtils, émotifs, doux et surtout authentiques, ces hommes charment de plus en plus les femmes. Plus besoin d'aller couper du bois torse nu dans 10 cm de neige pour être perçu virils (et tant mieux non ?).

 

 

Finalement être un homme en 2021 c'est quoi ? Qui décide de ce qui est viril ? Si vous voulez notre avis, la réponse c'est rien ni personne.

Si vous souhaitez vous informer sur les questions "des masculinités" et aller plus loin sur le sujet, nous vous recommandons fortement d'aller jeter une oreille au podcast Les Couilles sur la Table ou aux vidéos de Ben Never pour comprendre tout ce qu'englobent les nouvelles formes de masculinité.

 

 

 

 

 

Tags : homme, société, féminisme, psychologie