Toutes les romances ne sont pas bonnes à vivre. Parfois, le gentil est justement le méchant de l'histoire...

Ne vous êtes-vous jamais sentie mal, rabaissée, intimidée dans une relation ? N'avez-vous jamais douté de vous, de ce que vous voyez et savez face à cette personne ? Au point d'avoir l'impression de perdre la tête, devenir folle, avoir des hallucinations ?

Nous espérons de tout cœur que la réponse à nos questions est un catégorique "NON". L'inverse nous amènerait à penser que vous avez déjà eu affaire à un gaslighter...

Ce terme vous parle ? Normal, il est l'objet de milliers de sujets psychologiques depuis des années. Il s'agit en fait d'une manipulation mentale, s'apparentant au lavage de cerveau, à l'issue de laquelle la victime devient anxieuse et perd toute confiance en elle.

Ce qu'il y a de plus troublant, c'est qu'ici, l'adjuvant est en fait opposant. Eh oui : vous pouvez être la cible aussi bien dans votre couple que par un(e) ami(e), un(e) copain(e), un(e) collègue... Toutes les relations humaines peuvent être impliquées, tous les personnages peuvent être concernés.

Pour notre part, on est bien plus conte de fées que thriller psychologique. Du coup, on va vous apprendre à reconnaître et vous sortir du "gaslighting" - ou aider vos proches à en sortir.

Les Éclaireuses

Le "gaslighting", c'est quoi ?

Le terme "gaslighting" trouve son origine dans la pièce de théâtre "Gaslight" dit "Angel Street" aux États-Unis (1938), puis dans son adaptation cinématographique en 1944. C'est l'histoire d'un homme qui, pour voler un précieux héritage - des bijoux de valeur - à sa femme, la manipule, l'induit en erreur, lui fait croire qu'elle devient folle. Chaque fois qu'il allume les lumières du grenier pour chercher le trésor de sa compagne, celles de la maison, fonctionnant au gaz, baissent d'intensité. Cette dernière s'en aperçoit, mais son conjoint arrive à lui faire croire que cela a lieu dans sa tête.

Dès lors, le mot est devenu une appellation pour ce type d'abus mental. "Le gaslighting renvoie à un processus long de manipulation abusive qui s'apparente au lavage de cerveau. C'est une forme de harcèlement qui vise à introduire du doute chez la victime", explique la psychologue Dana Castro au Journal des Femmes. Crush, amoureux(s), ami(e), supérieur hiérarchique, il peut se cacher derrière n'importe qui.

Et si vous vous demandez si le gaslighter est un pervers narcissique, la réponse est non. À l'inverse de ce dernier, il ne se positionne pas en victime pour prendre le pouvoir... Il la séduit, l'embobine, pénètre dans son cerveau pour, ensuite, lui fait perdre pied. Il est un personnage encore plus coriace et vicieux...

Comment le reconnaître ?

Le "gaslighting" se reconnaît assez difficilement, puisqu'il est extrêmement subtil. D'ailleurs, souvent, le manipulateur lui-même n'a pas conscience de la situation. Elle s'installe petit à petit, en plusieurs chapitres. D'abord, il est extrêmement gentil avec sa "cible". La couvre de cadeaux s'il s'agit d'un(e) prétendant(e), de félicitations si c'est un(e) directeur(rice). Ainsi, le futur gaslighter gagne sa confiance. Ce n'est qu'une fois les liens tissés et après bien des pages tournées qu'il va se mettre à rabaisser la personne en face, lui mentir, être totalement incohérent. À la fin, tout n'est plus que doutes. Réalité ou illusion ? Dans l'esprit du manipulé, plus rien n'est clair.

Les retombées de cette emprise peuvent être extrêmement graves. "Les victimes peuvent développer des symptômes de stress post-traumatiques qui s’aggravent sur la durée. Elles peuvent avoir des troubles du sommeil, de l’alimentation, des angoisses, de la tachycardie, des maux de dos… C’est destructeur pour l’organisme", explique Christel Collin, formatrice en communication et développement personnel, à Doctissimo.

Comment s'en sortir ?

Parce que nous, on n'aime que les fins heureuses, pour se sortir, au plus vite, de cette situation, il faut avant tout en parler, et ce, sans gêne ni honte. Il est extrêmement important, pour le bien de la victime, qu'elle mette des mots sur ce qu'elle vit, et qu'elle extériorise. "Le meilleur moyen de régler le problème est de le soulever, et de préférence le plus tôt possible. En effet, plus ce genre de comportement s’insinue dans une relation, plus il est difficile d’en discuter de manière calme et respectueuse. Lorsqu’on dit à une personne qu’elle est victime de gaslighting, elle peut se sentir attaquée et donc nier l’ensemble du problème. Ce qui, bien sûr, ne règle en rien la situation", explique le chercheur en psychologie et sciences du langage Patrick Luyten, d'après Le Vif Weekend.

Lorsque, enfin, la personne est prête à se détacher de son gaslighter, elle ne doit surtout pas culpabiliser ou remettre en question la situation. Bien que ce soit très compliqué, elle se doit d'agir sans se retourner. Dans cette phase, un bon entourage est primordial. Avec beaucoup de bonne volonté et un zeste de patience, normalement, le personnage principal pourra finalement prononcer fièrement "Tout est bien qui finit bien"...

 

 

 

 

Tags : santé, psychologie, Relation