On le sait, l'arrivée d'un enfant vient souvent chambouler, pour toujours notre vie. Petit être d'amour attendu comme le messie, dès son premier souffle, il accapare toute notre attention. 

On cherche souvent conseil auprès de nos mères, de nos amies, de nos tantes. Elles sont toutes unanimes, "la maternité, c'est merveilleux". Sur le papier, cette mission divine qui est de mettre au monde et d'élever un futur humain semble parfaite. Mais dans les faits ? Sommes nous réellement préparées à ce qui nous attend ? Beaucoup de non-dits viennent fausser nos jugements et nos craintes. Il y a une loi tacite entre les mères, celle de ne jamais réellement dire la vérité sur tout ce qu'englobe la maternité. "Elles le découvriront bien, tôt ou tard". 

Seulement voilà, le premier mois après la venue au monde de votre bébé peut être l'un des plus éprouvants de votre vie. Vous vous retrouvez souvent seule, le congé paternité n'étant pas aussi long, à gérer votre petit trésor. Vous apprenez à le connaître, vous vivez avec lui 24/24. 

Les jeunes mères se retrouvent souvent surmenées, dépassées par la situation et les évènements. Les hormones, mélangées à la fatigue et à la peur, créent souvent un mélange explosif. 

Voici, en quelques lignes, ce que l'on aurait aimé savoir avant de donner la vie. Quelles sont les étapes (voir les épreuves) que nous, jeunes mères, nous avons à affronter durant le premier mois après notre accouchement ? 

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

1. Devenir mère, c'est accepter la "matrescence" 

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Néologisme entre maternité et adolescence, le terme "matrescence" désigne le chemin que l'on emprunte lorsque l'on devient mère. Parce qu'on ne nait pas mère, on le devient. C'est un apprentissage qui passe par de nombreux chamboulements internes. Comme pour l'adolescence, c'est une période durant laquelle on doit gérer beaucoup de changements, sur le plan physique et psychologique. Vous pouvez ne plus reconnaître votre corps, abîmé après son combat. Vous allez également passer par une période d'instabilité hormonale, avec tous les désagréments que cela englobe : sautes d'humeur, larmes, peurs irrationnelles, culpabilité. C'est un véritable cocktail d'émotions, parfois contradictoires, qui vient hanter le quotidien des jeunes mères. 

Beaucoup de femmes ne sont pas prévenues de tout ce qui peut arriver lors du premier mois de maternité. C'est une période clé, durant laquelle la mère apprend à connaître son bébé. C'est à la fois beaucoup d'amour et beaucoup de questions auxquelles on doit trouver les réponses par nous-mêmes.

 

2. Les difficultés liées à l'allaitement, un cruel manque d'informations pour les jeunes mamans 

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Quid de l'allaitement ? Il y a une certaine dichotomie autour de ce sujet. Il est essentiel pour certains, mais doit en même temps rester caché. L'allaitement est encore entouré de plein de tabous. Pourtant, une pression est mise sur les jeunes mamans pour les encourager à allaiter. On leur fait comprendre que les bonnes mères se sont celles qui allaitent, mais on ne les prépare pas, ou peu, à l'allaitement. Les zones d'ombres sont nombreuses sur le sujet. Souvent, seuls les bénéfices pour les bébés sont évoqués, les désagréments pour les mères, eux, sont jetés aux oubliettes.

Ainsi, on n'évoque jamais la potentielle douleur de l'allaitement, l'inconfort que peuvent procurer les montées de lait, les fissures et les crevasses qui peuvent se créer sur les tétons, l'éventuelle nécessité de tirer son lait... Des sujets qu'il est important d'évoquer pour savoir si l'aventure de l'allaitement est ce qu'il vous faut.

Au-delà de la douleur, vous pouvez aussi ressentir beaucoup de plaisir à l'allaitement. Un plaisir quasi sensuel. Une omerta règne autour de cette sensation, mais elle existe. Il n'y a aucune raison de se sentir coupable que d'éprouver du plaisir pendant l'allaitement. Pour de nombreux psychologues, cette sensation est tout à fait normale. Le corps est plus sensible et il faut prendre cette sensation comme une exaltation des sens plus qu'une stimulation sexuelle pure. 

Il est aussi important de rappeler qu'il n'y a aucune honte à allaiter en public. Bien que le sujet reste tabou, il n'y a rien de plus normal qu'une mère qui donne le sein à son enfant. Il faut aussi comprendre que les montées de lait et l'appétit de l'enfant ne se programment pas, qu'il n'y a pas de "bon moment" ou de "bon endroit" pour donner le sein. Si le besoin se présente, hors de question de l'occulter. 

 

3. La redécouverte du plaisir sexuel prend du temps pour les jeunes mères

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Chaque accouchement est différent, avec son lot d'interventions médicales ou non. Certaines auront une césarienne, d'autres une épisiotomie et les chanceuses n'auront rien, sur le papier. Parce qu'un accouchement ne laisse pas que des traces externes et visibles. Le plancher pelvien est mis à rude épreuve pendant la naissance. Il faut laisser le temps au corps de se reconstruire et surtout faire scrupuleusement la rééducation du périnée. 

Il se peut que votre désir sexuel et votre corps ne soient pas sur la même longueur d'onde. Ce n'est pas grave, il faut vous laisser le temps de vous reconstruire et aller à votre rythme. Exit la culpabilité de "priver monsieur (ou madame) de son devoir conjugal", l'accouchement est une épreuve difficile, le corps a besoin d'un petit moment de répit pour se remettre sur les rails. La clé, c'est d'écouter son corps, ses envies et ses besoins. Chaque femme aborde différemment le retour de l'activité sexuelle. Elle varie en fonction de l'époque, mais aussi de la culture. Il n'y a pas de règle, chaque femme trouve son rythme et, même si l'envie ne manque pas, vous pourrez toujours rattraper le temps perdu plus tard.

 

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4. Il ne faut pas nier l'existence du "Baby-blues"

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Cette période de dépression passagère n'est pas un mythe. Dans les faits, elle concerne entre 50 et 80% des jeunes mères. Pourtant, on se plait souvent à entendre que ce n'est pas vrai, que c'est seulement "dans certains cas rares". Dans certaines cultures, il n'y a même pas de mot pour mettre un nom sur ce phénomène post-partum.

Cela reste un sujet tabou, même si le baby-blues est très courant. La famille et les proches de la jeune mère ne comprennent généralement pas les difficultés, quant aux mères, elles ont tendance à minimiser les problèmes pour ne pas avoir l'étiquette de la mauvaise maman. On imagine, à tort, que l'instinct maternel permet d'occulter toutes les difficultés. Mais il n'en est rien, cela rassure sûrement l'entourage, mais la mère, elle, reste dans un marasme de questions sans réponses. On nous bassine constamment avec les images de mère parfaites, qui ne s'épanouissent que par la maternité et qui ne connaissent jamais de coup de mou. Cette croyance est la source de beaucoup de culpabilité. 

L'impact psychologique d'un accouchement est souvent très peu évoqué. Pour quelle raison ? Parce qu'on part souvent du principe qu'une mère peut tout subir et tout affronter. Même si l'on voudrait nous faire croire que nous sommes des super-héroïnes, personne n'est infaillible, et perpétuer ce schéma selon lequel les jeunes mamans sont armées face à toutes les difficultés peut s'avérer dangereux. Des courageuses osent parler de leur envie de se défenestrer, de leurs pulsions violentes, du trop-plein psychologique que peut provoquer l'enfant. Pourtant, tout cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'amour, c'est juste un mélange complexe d'une multitude de facteurs qui provoquent un état psychologique relativement instable. Oser en parler, c'est peut-être éviter de créer des cicatrices psychiques profondes qui vous suivront toute votre vie. 

 

5. Comprendre et intégrer que votre corps de jeune maman va connaître de grands changements

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C'est un aspect qui paraît évident, mais souvent, à l'instant T, les jeunes mères se retrouvent face à un corps qu'elles ne reconnaissent plus. Le ventre met du temps pour retrouver sa forme (quasi) initiale, et le corps est marqué par son combat pour la vie : vergetures, cicatrices, peau distendue. C'est un réapprentissage de soi qui commence avec cette nouvelle vie. 

Au-delà de l'aspect extérieur, l'intime, l'intérieur du corps, peut se retrouver marqué. La césarienne peut venir modifier la structure de la ceinture abdominale, le bassin peut avoir tendance à s'élargir, les seins perdre en fermeté... Ce nouveau corps, si loin de celui de votre adolescence, vous allez pourtant apprendre à l'aimer et à vivre avec. Cela prend souvent du temps, mais cette redécouverte est un passage nécessaire qui permet aussi d'intégrer votre nouveau statut de mère. 

Bien sûr, chaque femme à sa façon de l'intégrer : l'accepter, le modifier chirurgicalement, le rééduquer... Mais, ce nouveau corps garde des traces indélébiles de ce chemin que vous avez fait pour donner la vie, et ce sont peut-être les plus belles cicatrices du monde. 

On peut également évoquer les actes chirurgicaux abusifs, comme le "point du mari" qui est un acte gynécologique destiné à venir resserrer l'entrée du vagin après une épisiotomie. Cet acte est souvent fait à l'insu des femmes et est un véritable scandale. Cette action vient modifier la structure de l'entrée du vagin, et, même si elle n'est pas consentie, elle fait partie des changements imprévisibles de notre corps qui vont modifier nos sensations "d'après bébé". Ça aussi, c'est quelque chose à reconquérir, se réapproprier son corps après qu'il ait été livré au personnel médical pendant 9 mois. 

Une parole de grand-mère dit "qu'il faut 9 mois pour faire un enfant et 9 mois pour s'en remettre". Si le temps d'acceptation peut être long, il n'en reste pas moins nécessaire, et prendre le temps de comprendre son corps est une partie inhérente de cette nouvelle étape de votre vie. N'oubliez jamais le pouvoir de votre statut de femme : vous avez créé un petit humain, vous l'avez construit main dans la main avec votre corps pendant 9 longs mois, alors, soyez indulgente avec lui. Comme vous, il a besoin de repos pour se reconstruire. 

 

 

 

 

Tags : grossesse