Ça y est, bébé est né. Après neuf mois de montagnes russes côté émotions, il a enfin pointé le bout de son nez. Pourtant, nos sentiments n'ont pas l'air d'avoir envie de se calmer...

On se sent déprimées, tristes, déboussolées. On n'arrive pas à profiter pleinement de l'instant présent, tant nos humeurs nous jouent des tours. On broie du noir, on a le cafard...

Non, nous ne sommes vraiment pas folles. Nous sommes juste en train de vivre une dépression post-partum.

Et cette mauvaise passe, il se peut que nous ne soyons pas les seules à la traverser... Notre moitié, elle aussi, vient d'y entrer. Parce que oui, les papas aussi peuvent la vivre. Et au même titre que nous, ce n'est pas quelque chose à prendre à la légère.

Enjoy,

Les Éclaireuses

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Les papas et la dépression post-partum : il faut en parler

OUI, les papas, eux aussi, peuvent passer par la dépression post-partum. Il s'agit en fait d'un trouble qui s'installe chez le(s) parent(s) après la naissance de l'enfant. Ce dernier peut se manifester sous différentes formes - tristesse, stress, anxiété...- et durer plus ou moins longtemps, ces facteurs variant en fonction de la personne, de sa personnalité et de son environnement. Ainsi, d'après une étude chinoise relayée par Naître et grandir, en 2019, cette dépression touchait près de 10 % des pères avant la naissance de bébé, et 9 % après - la majeure partie de ce pourcentage concernant la période des 3 à 6 mois après la naissance.

Et bien que l'état mental d'une jeune maman suscite et mérite toute l'attention des médecins et de son entourage, celui du papa ne doit pas pour autant être laissé de côté. "Au réveil, plus rien n'allait, ça a été très violent. J'avais des nausées, j'ai perdu cinq kilos en quelques jours, je pleurais tout le temps. J'étais obsédé par la santé de Viktoria, avec l'angoisse permanente qu'elle décède. Pendant les trois premiers mois de son existence, chaque jour était une épreuve. Je me sentais seul, écrasé par les responsabilités. Ma paternité ne me procurait presque aucun plaisir", témoigne le chef de projet santé et sécurité au travail maritime à Slate. Un état alertant à ne pas sous-estimer...

Différents facteurs

Divers facteurs peuvent provoquer la dépression post-partum. Avant tout, la personnalité de la personne. Si elle est de nature anxieuse, stressée et fragile, elle aura beaucoup plus de facilité à se laisser entraîner dans une spirale infernale de coups de blues. Le manque de confiance en soi, lui aussi, peut en être la cause : elle a peur de ne pas assurer, de mal faire, et remet souvent tout en question.

Ce qui nous amène à une autre information très importante : l'homme va découvrir la paternité, et il doit prendre le temps de le réaliser... Surtout lorsqu'il s'agit du premier enfant. Et qui dit géniteur, dit responsabilités. Il doit s'en occuper, l'éduquer, subvenir à ses besoins. "Avant, c'était juste un gars, mais maintenant c'est un père. Il s'inquiète de devoir soutenir financièrement sa famille. Avant, il n'était responsable que de lui-même et de son partenaire, et maintenant il y a aussi leur enfant. Il veut être un parent différent de celui qu'il a été, mais il n'a jamais eu personne à qui en parler. Parfois, il est incapable de gérer tout cela", explique à Goop Alan-Michael Graves, directeur des programmes d'apprentissage et de renforcement des capacités de la Good+ Foundation à Los Angeles. Chacun appréhende et accueille un nouveau-né à sa manière et comme il le peut. Si une chose va effrayer un des deux jeunes parents, l'autre peut, en revanche, totalement être à l'aise avec ça. Et vice versa.

Quels sont les risques ?

Bien que totalement normale, la dépression post-partum n'est cependant pas sans risques. En effet, si elle n'est pas traitée, si le malade tente tant bien que mal d'avancer sans s'arrêter dessus, elle peut non seulement être néfaste pour sa santé, mais aussi pour celle de l'enfant. Ce dernier peut rencontrer certains problèmes dans son développement. Il peut, par la suite, manifester des carences émotionnelles, comportementales et sociales. De plus, "des études ont révélé que les pères dépressifs sont moins sensibles à leur bébé et peuvent même faire preuve d’hostilité à son égard", témoigne Naître et Grandir.

En parler pour se traiter

Le meilleur et l'inévitable traitement pour se soigner d'une dépression n'est autre qu'une communication. Il est donc du devoir du papa de parler, et de celui de ses proches de l'inciter. Échanger avec son entourage est un premier pas très importe : c'est en posant des mots sur ses sentiments que le malade arrive à les comprendre.

Par la suite, il peut se faire accompagner par un professionnel. Un psychologue, par exemple, l'aidera à aller plus loin, pour ensuite le mener sur la route de la convalescence. "Nous commençons donc par parler de l'impact sur leur vie d'être de nouveaux parents - les facteurs de stress, les défis. Ce n'est qu'à la moitié du parcours que nous mentionnons que le nom de ce qu'ils traversent est la dépression post-partum paternelle, et que c'est courant. Nous le normalisons. Je leur parle de ce que j'ai vécu quand j'étais un nouveau papa", finit Alan-Michael Graves. Alors oui, les papas peuvent, eux aussi, subir une dépression post-partum. Et elle ne doit en aucun cas être négligée ou camouflée.

 
 
 
 

 

Tags : enfant, bébé, père, psychologie