C'est l'étude qui met réellement mal à l'aise et qui questionne sur le futur de l'humanité. L'IFOP a mené, pour la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Rebootune vaste étude qui a pour but de mesurer la porosité des jeunes vis-à-vis des contre-vérités scientifiques au regard de leur usage sur les réseaux sociaux. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les résultats sont plus qu'inquiétants. De plus en plus de jeunes perdent foi en la science et lui préfèrent des théories diffusées massivement sur les réseaux sociaux ou des croyances insufflées par la religion. 

Ainsi, 27% des 11-24 ans ne croient pas en la théorie de l'évolution. Pour eux, les humains ont été créés par une force spirituelle, un Dieu tout puissant qui a un droit de vie ou de mort.

Des croyances bien ancrées sur de nombreux sujets

Les affirmations des sondés sont aussi variées qu'originales. 49% des jeunes estiment que l'astrologie est une science exacte (ils étaient 43% en 1999). 23% croient aux fantômes, 44% au mauvais œil et 35% croient en la réincarnation. S'ajoutent à toutes ces croyances les mouvances platistes (1 jeune sur 6 est persuadé que la terre est plate) et complotistes. 

Il y a un véritable clivage entre les genres et les milieux sociaux. Les jeunes filles issues des milieux sociaux les moins aisés semblent plus crédules. 54% des sondés issus des catégories sociales les plus élevées n'ont montré aucun signe d'inclinaison pour les croyances loufoques. En revanche, il ne faut pas croire que les études permettent de limiter la croyance, 59% des étudiants ayant un niveau master ont avoué avoir au moins une croyance du genre. Les jeunes ayant grandi avec une éducation religieuse très présente semblent également plus enclins à croire aux histoires de fantômes ou à rejeter certaines théories scientifiques.

La crédulité ? C'est la faute des réseaux sociaux

Il semblerait que plus les jeunes utilisent les réseaux sociaux, plus ils auraient tendance à être crédules. Ces croyances sont particulièrement ancrées chez les personnes qui ont une utilisation régulière (et intensive) des réseaux. 69% des sondés ont avoué avoir consulté les réseaux sociaux dans le mois précédant l'enquête. Les médias traditionnels, eux, se font plus rares dans les habitudes des jeunes, seul 1 sondé sur 10 admet avoir consulté un journal ou un site d'information durant le mois précédant l'enquête. 

Le plus inquiétant c'est que pour de nombreux jeunes, plus un influenceur a de la notoriété et des followers, plus il est considéré comme une source fiable. 41% des sondés ont même avoué utiliser TikTok comme moteur de recherche. Et s'il est vrai que ce réseau social est génial pour prendre du bon temps, les informations diffusées à travers le contenu sont à prendre avec des pincettes. Certains conseils peuvent même être dangereux. On a déjà vu certains influenceurs conseiller des remèdes à base de plante pour avorter ou se protéger contre une grossesse indésirable. 

Il y a une différence notable entre les utilisateurs de TikTok et les autres. Tous les adeptes du réseau social chinois sont nettement plus enclins à être adeptes de la cartomancie, de l'astrologie et même de la sorcellerie.

Quelle solution pour éviter les dérives ? 

Cette enquête fait effectivement l'état d'une situation préoccupante et qui pourrait ne faire que s'aggraver avec les années. Il est en revanche possible que ces croyances ne soient que l'effet de l'âge, mais dans le doute, il est nécessaire de prendre conscience des dérives éventuelles et de tirer la sonnette d'alarme.

Comment ? En éduquant - il ne faut pas plus de 5 minutes pour debunker une fake news - et en poussant les jeunes à développer leur esprit critique. La responsabilité des réseaux sociaux dans la désinformation est également discutable. Il est possible d'imaginer qu'à l'avenir, il sera nécessaire de mettre en place des robots et des algorithmes qui permettent de limiter la propagation des fausses informations ou qui affichent un message de mise en garde pour les utilisateurs.

Les Éclaireuses

 

 

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