Comprendre ce qu'est réellement la dépression

Juliette Gour 09 mars 2022

La dépression. C'est un mot un peu générique qu'on appose, au hasard, sur un état un peu mélancolique ou sur de la fatigue passagère. Mais en réalité, c'est bien plus que ça...

On n’a jamais autant parlé de dépression. Pourtant, on ne sait pas toujours tout ce que ce mot englobe. La dépression, on l'imagine comme Tristesse dans Vice Versa, le film animé de Pixar : quelqu'un de froid, triste, qui semble impossible à secouer et pour qui le moral est toujours au plus bas. 

Sauf que la dépression, c'est bien plus que ça. Elle peut se cacher derrière des sourires, derrière des rires (souvent faux), derrière une bonne humeur forcée. Elle est même parfois si difficile à voir que la personne qui souffre ne sait même pas qu'elle est dans son assiette. 

On pense que la tristesse passera, que cette fatigue est liée au quotidien, que ce ras-le-bol n'est que temporaire ou que cette boule d'angoisse qui naît dans la gorge le dimanche soir est normale...

Comprendre la dépression est une tâche ardue, mais c'est essentiel pour se rendre compte des choses et, surtout, pour se protéger du pire. Car, dans les situations les plus extrêmes, la dépression peut entraîner une perte totale des repères et de l'envie de vivre.

Ce trouble du quotidien est souvent appelé, à juste titre, le mal du siècle. Selon l'OMS, près de 3,8% de la population souffrent de dépression (soit 280 millions de personnes). Si une petite partie est prise en main, il reste une majorité de personnes qui vivent leur mal en silence, loin des jugements et des mains tendues. 

Les Éclaireuses

 

L'addiction, un signe méconnu de la dépression

Un des signes de la dépression, au-delà de la mélancolie latente (qui est souvent invisible), ce sont les incohérences dans le comportement ou les variations extrêmes dans le quotidien. Typiquement, les formes d'addiction, qu'elles quelles soient, peuvent être indicatrices que quelque chose ne va pas. Par exemple, quelqu'un qui va, d'un coup, se mettre à faire du sport de façon très intense ou quelqu'un qui va consommer énormément d'alcool, de nourriture... Toutes les formes d'addiction peuvent être indicatrices d'un état dépressif

Pourquoi ? Parce que, dans ces activités extrêmes, on cherche souvent à combler un manque, à éteindre les pensées parasites, à s'empêcher de réfléchir ou même à oublier son quotidien. On finit par développer une certaine dépendance à toutes les activités qui nous permettent d'avoir un but dans la vie.

Les comportements extrêmes donnent l'impression d'avoir le contrôle sur quelque chose, à défaut d'avoir le pouvoir d'interférer sur notre quotidien. Le fait de pouvoir contrôler l'état de son corps, son alimentation ou la quantité d'alcool que l'on boit permet, dans la mesure du possible, de rassurer un peu sur la situation globale de nos vies. 

 

La dépression, c'est se sentir seul face au monde entier

Lorsque l'on est dans cet état, on se sent également seul et ce même si on est entouré. Paradoxalement, ce sont souvent les personnes qui sont au plus mal qui sont les premières à tendre la main aux autres, à les accompagner ou à leur apporter un peu de joie au quotidien. Tous ces comportements entrent, une fois de plus, dans la nécessité d'avoir un but : celui d'être la personne que l'on aimerait avoir pour nous aider. 

Finalement, ce n'est qu'une question de perception en miroir. Notre solitude nous rend attentif et on s'aperçoit plus rapidement des faiblesses et des besoins des autres. Ainsi, on se met au service de l'autre, on devient cette personne magnifique qui semble avoir la solution à tous les problèmes du monde. Sauf qu'une fois seul chez soi, on se complaît dans cette solitude, on l'apprécie et on la chérit. On l'aime autant qu'on la déteste. Il est là le grand paradoxe de la dépression : ce besoin presque maladif d'être seul avec ses pensées, alors que l'on sait pertinemment que cette solitude est pesante. 

 

 

La dépression, c'est éprouver des difficultés à s'aimer comme on est

S'il y a des facteurs qui prédisposent aux états dépressifs et à la dépression : comme la génétique, la saison (en hiver, les gens ont tendance à être plus mélancoliques) ou des évènements traumatisants... L'environnement et les images du quotidien sont également des déclencheurs potentiels de la dépression. 

La question des réseaux sociaux est souvent remise en cause dans la mélancolie et la tristesse chronique : comment garder le moral lorsque, toute la journée, on voit des gens avec des vies parfaites ? La comparaison est un réflexe humain, mais elle peut finir par complètement miner le moral. Au-delà même de la jalousie, être sans cesse assailli d'images positives, de femmes aux corps parfaits en vacances aux quatre coins du monde, ça peut être un facteur de culpabilité "pourquoi elle, elle y arrive, et pas moi". 

Rares sont les gens qui arrivent à prendre du recul, pourtant nécessaire, face à toute cette construction visuelle d'une vie digne d'une série romantique Netflix. Cette comparaison, aussi normale soit-elle, peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase de la tristesse et, le plus dur, c'est de s'en rendre compte. C'est presque aussi difficile que d'apprendre à être indulgent avec soi et à apprendre à s'aimer, même un peu. 

 

Les pensées parasites sont les meilleures amies d'un état dépressif

Les gens qui ne réfléchissent pas sont-ils plus heureux ? Dans la question de la dépression, l'idée des pensées parasites, des croyances invasives et le fait 'd'overthinker' reviennent de façon régulière. Être dans l'incapacité de se sortir d'un schéma de pensées négatives ou à tendances dramatiques, peut avoir un effet déclencheur et aggravant sur l'état d'esprit.

Ces pensées engendrent souvent des peurs irrationnelles, des angoisses infondées et nous poussent à redouter le lendemain. Le plus drôle dans cette situation, c'est que le fait de formuler ses pensées et ses peurs à l'oral en parlant de ce qui nous tracasse à une peluche, une oreille attentive ou à soi-même dans le miroir, permet d'éroder un peu ces peurs et ces angoisses. Car, finalement, elles ne sont souvent dramatiques que dans notre esprit. 

Si parler est trop dur, il est aussi possible de les écrire. L'important c’est de sortir, d'une façon ou d'une autre ce qui pollue notre esprit, quelle que soit la méthode : en chantant, dansant, pleurant, criant, parlant, écrivant, scandant, en alexandrin ou en quatrain.

 

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Finalement, la dépression c'est un état polymorphe qui peut toucher absolument tout le monde

Dans le fond, ce qu'il y a de plus difficile avec la dépression, c'est de lui trouver une vraie définition, car elle se manifeste de façon tellement différente selon les personnes qu'il est difficile de mettre un seul diagnostic ou un seul type d'état sous cette étiquette. Cependant, si les larmes viennent sans raison, si vous préférez passer vos journées au lit plutôt que de profiter du soleil en terrasse, si vous vous persuadez que votre vie ne vaut rien, si vous avez du mal à voir le verre à moitié plein... Il est possible que la dépression se soit invitée dans votre maison, mais rassurez-vous, vous n'êtes pas un cas isolé, car tout le monde, un jour ou l'autre, peut être abordé et bercé par l'amie dépression.

Et, si l'envie de l'accueillir à bras ouverts ne manque pas, il ne faut pas la laisser s'installer trop confortablement, car elle risque de prendre ses aises et de rester pendant des années sans payer de loyer. La solution ? Comme pour tout, il faut parfois accepter que l'on ne soit pas infaillible et qu'on peut avoir besoin d'aide. Alors, cherchez les mains tendues et acceptez-les, même si c'est parfois un peu à contrecœur, cela peut définitivement vous changer la vie. 

 

 

 

 

Tags : psychologie

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