Parfois, pour affronter les pires épreuves de la vie, il faut des mots. Des mots qui sauront expliquer l'inexplicable. Tous les jours, des futurs parents apprennent que leur enfant ne pourra pas vivre, que ce soit durant la grossesse ou dès les premiers jours de vie. Il est toujours difficile de donner du sens à ce type d'évènement. Alors sur les réseaux sociaux, on observe l'émergence de différents groupes de soutien : les mamanges et les papanges. Ce sont ces parents qui se regroupent pour se confier, exprimer leurs peurs et mieux faire le deuil de leur enfant.

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Les Éclaireuses

 

 

Être une mamange, c'est quoi ?

Concrètement mamange est la contraction des mots "maman" et "ange". C'est un terme qui désigne des mères ayant perdu leur enfant avant la naissance ou quelques jours après. Mais surtout, c'est aussi un moyen de parler de ces communautés de plus en plus nombreuses qui évoquent ces sujets que ce soit dans la "vraie vie" ou sur Internet. Sur des forums ou sur les réseaux sociaux, ils se soutiennent et échangent sur les moyens de surmonter cette épreuve. Très souvent, les parents confrontés à ces tragédies ont l'impression que l'entourage, même bienveillant, ne comprend pas l'immensité de la douleur provoquée par l'enfant perdu.

 

 

Un deuil unique qui n'a que peu de sens

Lorsque l'on perd un bébé, le deuil est différent que pour une personne adulte ou encore âgée. Pour commencer, il n'y a pas de souvenirs auxquels se raccrocher. La rencontre entre les parents et l'enfant (quand elle a eu lieu) est généralement très brève. Aussi, dans les cas de décès périnataux, il y a une confrontation directe entre la vie et la mort, qui peut être difficile à supporter pour la mère, mais aussi pour le père.

Il y a aussi la question de la famille autour qui, par peur d'affronter la tristesse des parents, décide de ne pas en parler. Il est impératif de dialoguer à ce sujet, de libérer la voix pour permettre un deuil un peu moins douloureux.

 

 

Que dit la loi sur ce type d'évènement ?

Dans la conscience collective et aux yeux de la société, il reste encore beaucoup de travail pour rendre moins tabou les décès périnataux, mais aussi le statut de mamange et de papange. Au niveau de la loi, les choses évoluent dans le bon sens. Pour commencer, dès 15 semaines d'aménorrhées, l'enfant peut être inscrit à l'état civil, dans le livret de famille. Il est aussi possible de délivrer un certificat de grossesse qui permettra à l'enfant d'apparaître dans le livret de famille, même en cas d'accouchement prématuré ou encore d'interruption médicale de grossesse.

À partir de 22 semaines d'aménorrhées, si l'enfant naît vivant et qu'il décède par la suite, il est obligatoire de le déclarer pour ensuite délivrer un certificat de naissance et de décès qui seront reportés dans le livret de famille.

Quel que soit l'âge du fœtus, il est possible pour les parents qui le souhaitent d'organiser des obsèques.

Dernier point, les parents endeuillés ont des droits. Dans le cas d'une naissance à 22 semaines d'aménorrhées, les parents ont le droit à tous leurs congés maternité et paternité. En dessous, ils doivent demander à leur employeur un arrêt de travail. Il faut aussi savoir que certaines prestations sociales sont accordées en cette période particulièrement difficile, comme la prime de naissance là aussi accordée à partir de 22 semaines d'aménorrhées. Toujours à la même période, les impôts prennent en compte les enfants nés sans vie.

En somme, tout est fait pour permettre aux mamanges et papanges de mener à bien leur deuil sans avoir à se soucier d'éventuelles dépenses liées à la disparition de leur enfant.

 

 

 

 

Tags : enfant, grossesse, Mort, Maman