Le harcèlement scolaire est une réalité. Nous sommes beaucoup à l'avoir subi et nos enfants ne sont pas non plus épargnés. Entre les sacs cachés, les brimades incessantes, la mise à l'écart volontaire, les moqueries, les insultes... Les formes de harcèlement sont nombreuses - les enfants ne manquent pas d'idées. Selon une étude de l'IFOP datant de 2021, environ 10 % des élèves seraient victimes de harcèlement. Dans la majorité des cas (54 %), le harcèlement survient au collège, mais pour 23 % des cas, cela peut commencer dès l'école primaire. Sur l'ensemble des Français, 26 % des sondés estiment avoir déjà vécu une forme de harcèlement lors du parcours scolaire. C'est donc une réalité qui donne des raisons aux parents de se faire des cheveux blancs.

Comment être sûr que mon enfant n'est pas victime de harcèlement à l'école ? 

L'autre question essentielle, c'est de savoir comment traiter le harcèlement si jamais on se rend compte que son enfant est la victime de sa classe (qu'il soit au primaire ou au lycée). Il est également essentiel de ne pas (plus) minimiser les formes de brimade à l'école. En France, en 2021, ce sont près de 20 enfants qui se sont donné la mort suite au harcèlement répété. Ce n'est donc pas un problème de cour de récréation, mais bien un problème de société et c'est pour cette raison qu'il est essentiel d'agir - vite - lorsque l'on se rend compte que son enfant est victime de harcèlement.

Quels sont les bons comportements à adopter pour aider son enfant victime de harcèlement et comment gérer un enfant qui se trouve dans la position de harceleur ? 

Les Éclaireuses

L'étape la plus importante, c'est de montrer à votre enfant que le dialogue est ouvert

La clé, lorsque son enfant est victime de harcèlement, c'est de réussir à établir un dialogue avec lui. Le problème, c'est que c'est souvent la chose la plus difficile à faire. En tant que parents, on peut être tentés d'aller fouiller dans la vie de son enfant, de regarder les messages sur les réseaux sociaux, de lire les conversations dans son téléphone... Aussi facile soit cette solution, elle ne doit surtout pas être utilisée. Pourquoi ? Parce que c'est le meilleur moyen de trahir la confiance de son enfant. Il est préférable d'essayer de comprendre pourquoi il ne veut pas aborder ce sujet avec vous. Peut-être qu'il se sent honteux d'être la victime de sa classe... Ou qu'il ne se sent pas assez en confiance pour pouvoir vous parler.

Dans les deux cas, il est essentiel d'amener le sujet d'une façon subtile, en laissant à votre enfant l'occasion de discuter avec vous. Petit à petit, vous instaurerez un dialogue qui finira par porter ses fruits. Chaque soir, après l'école, prenez un instant destiné à la conversation avec votre enfant : demandez-lui comment s'est passée sa journée, s'il en est content ou encore s'il a besoin d'aide pour les devoirs. En créant ce rituel, vous créerez par la même occasion un instant privilégié, destiné au dialogue, vous lui donnerez également l'occasion de s'épancher un peu plus sur sa vie en général.

Et dans le cas où votre enfant est dans la position du harceleur ?

Là, il ne faut pas hésiter à percer l'abcès. Mais attention, il ne faut pas pour autant aller directement dans la confrontation. Essayez, dans un premier temps, de comprendre calmement pourquoi il fait ça. Quelles étaient ses motivations, s'il se rend compte de ce qu'il a fait et, surtout, s'il aimerait subir ça. Une fois la phase de dialogue terminée, il sera nécessaire de passer aux sanctions. Il ne faut pas non plus oublier que le harcèlement est puni par la loi et que votre enfant devra répondre de ses actes devant la justice.

Quelles sont les questions qui aident à ouvrir le dialogue avec votre enfant ? 

Il y a quelques questions clés qui peuvent vous aider à amorcer le sujet avec votre enfant pour essayer de comprendre ce qu'il se passe réellement à l'école et dans son quotidien. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'avec l'avènement des réseaux sociaux, le harcèlement ne s'arrête pas à l'école, il suit souvent les enfants jusque dans leur intimité.

"Quelles sont les choses qui t'ennuient à l'école ?" 

Si, dans un premier temps, l'enfant a de grandes chances de parler de son cours de maths un peu barbant ou de ses difficultés en français, petit à petit, il y a de grandes chances qu'il aborde le sujet des relations conflictuelles. Attention, les enfants aussi se disputent et ont des rancœurs, mais il est important d'arriver à faire la distinction entre une simple querelle et des actes de harcèlement répétés. Dès que vous sentez qu'il y a un petit problème relationnel, il ne faut pas hésiter à creuser pour savoir si c'est quelque chose de ponctuel ou de répété.

"Est-ce que les plaisanteries des autres te font rire ?" 

Les jeunes enfants ont parfois du mal à distinguer la taquinerie de la brimade. Pire, dans leur mécanisme de l'apprentissage de l'humour, il est possible qu'ils testent leurs limites. Dans le cadre d'une conversation avec votre enfant, aborder la question des taquineries est le sujet parfait pour lui apprendre la distinction entre ce qui peut se faire par humour ou non, et ce qu'il doit accepter en matière d'humour.

La clé, pour permettre à votre enfant de se reconstruire après une période de harcèlement, c'est de le réhumaniser

Un enfant victime de harcèlement, c'est un enfant qui a été déshumanisé. Pire, il est même possible qu'il ait intégré les brimades et qu'il estime qu'il les mérite. Un long travail de reconstruction est parfois nécessaire pour permettre à l'enfant de se reconstruire. Il faudra mettre l'accent sur ses qualités, les choses qui font de lui une bonne personne et, surtout, lui montrer que ce qu'il a subi n'est pas normal. 

L'intervention d'une personne tierce peut également être une bonne chose. En faisant appel à un psy ou un pédopsy, vous enverrez un message positif à votre enfant en lui montrant clairement que vous avez conscience de son mal-être et de sa souffrance. Tout au long de l'accompagnement, il est évident qu'il faudra ménager l'enfant, mais également lui donner les clés nécessaires pour qu'à l'avenir, il arrive à percevoir les éventuels signes de comportements toxiques ou de harcèlement.

Il ne faut pas non plus hésiter à prévenir l'établissement scolaire pour que le corps professoral redouble de vigilance lors de la vie à l'école. Si vous ne donnez pas l'alerte, les choses ne changeront ni pour votre enfant ni pour les autres.

 

 

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