"Je sais que cette histoire risque d'irriter certaines personnes influentes dans le monde du football, mais je dois dire la vérité. Je veux m'assurer que personne n'aura plus jamais à subir ce que j'ai subi. Et je veux que Lyon sache que ce n'est pas OK"

C'est ainsi que commence la tribune publiée dans Tribune's Player. Sobrement nommée "Ce qui est arrivé lorsque j'étais enceinte", l'ancienne joueuse de l'OL raconte la gestion de sa grossesse. De mémoire de club, Sara Björk Gunnarsdóttir semble être la première joueuse à être tombée enceinte lors de son contrat, un détail qui n'a pas facilité la gestion de la situation, inédite pour les entraîneurs et les équipes de l'Olympique Lyonnais. Le problème, c'est que tout ne s'est pas exactement passé comme prévu. Si le bébé a fini par arriver en bonne santé, la footballeuse a eu le déplaisir de découvrir que son salaire avait sacrément été amoindri pendant son congé maternité, et c'est ce qu'elle souhaite dénoncer dans cette tribune.

 
 
 
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Une situation totalement illégale et injuste

Dans les faits, la FIFA (qui réglemente absolument tous les aspects liés au football) prévoit que les joueuses soient intégralement payées entre l'annonce de leur grossesse et le début de leur congé maternité. La joueuse d'origine islandaise ayant préféré rentrer dans sa mère patrie pendant le reste de sa grossesse, le club lyonnais a donc estimé qu'il n'était pas nécessaire de lui verser intégralement son salaire. Selon Eurosport, seuls 27.000€ auraient été versés sur les 109.000€ initialement prévus. 

Le club doit donc - normalement - lui payer les 82.000€ manquants. La FIFA a évidemment condamné cette situation et a demandé au club lyonnais de payer ses dettes envers la joueuse (qui a depuis signé à la Juventus Turin).

L'OL ne semble pas être d'accord avec la décision de la FIFA

Malgré la décision de la FIFA, le club lyonnais semble contester cette décision. Un communiqué, publié le 16 janvier 2023, donne le point de vue du club lyonnais. 

"La FIFA nous reproche aujourd'hui de ne pas avoir proposé un autre travail à Sara Björk Gunnarsdottir durant son arrêt maladie puis son congé maternité, alors qu'en parallèle, la loi nous l'interdit en France et que la joueuse nous avait demandé expressément de pouvoir retourner vivre en Islande, ce que nous avons accepté." Il serait donc question d'une situation piège, dans laquelle il serait impossible de trouver une réelle solution. 

Le club a également ajouté qu'il n'y avait rien de personnel contre la joueuse islandaise : "Si elle souhaite nous aider aujourd’hui à faire évoluer davantage le droit français, nous serions heureux de pouvoir l’impliquer dans nos démarches aux côtés d’Amel Majri (joueuse et mère ayant repris la compétition en juillet dernier NDLR) pour permettre à toutes les athlètes de vivre pleinement leur grossesse ainsi que leur retour à la compétition". La situation des sportives de haut niveau quant à leur grossesse reste encore trouble en France. 

La tribune de Sara Björk Gunnarsdóttir, aussi scandaleuse soit-elle, prouve qu'il y a encore beaucoup de détails à régler afin que les sportives de haut niveau puissent concilier leur carrière et leur vie de mère sans embûches. 

Les Éclaireuses

 
 
 
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