Bercé par le monde agricole depuis qu’il est tout petit, Baptiste Stalin élève avec passion et depuis cinq ans des poules en plein air à Beauval-en-Caux, en Seine-Maritime.

Ayant opté pour une agriculture bio et respectueuse du bien-être animal, Baptiste Stalin reste marqué par la fin de sa première année d’exploitation lorsque, afin de renouveler ses 2800 poules pondeuses, il a dû faire appel à un abattoir local pour s’en séparer comme c’est l’usage dans sa profession.

« C'était la première fois que je voyais ça avec des poules entassées dans des cages sur un camion, certaines avec des pattes coincées dans les grilles. Et même si nous étions dans le respect des règles sanitaires, j'étais dégoûté. Toute l'année, on prend soin d'elles. Elles nous font vivre. Et là, on les traite de cette manière… Je me suis juré que c'était la dernière fois ».

Pour ne plus avoir à revivre ça, Baptiste Stalin a décidé d’utiliser les réseaux sociaux pour rallier un maximum de monde à sa cause : offrir une seconde vie à ses 2800 poules, les « Belles de Beauval » dont la réputation a su séduire les commerçants locaux, les bonnes tables de la région et même des chefs de renoms.

« Lorsqu'un chef comme Gilles Tournadre, cuisinier rouennais doublement étoilé, nous dit que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu des œufs comme ça, forcément, ça fait plaisir ».

Si, au départ, il a dû faire preuve de patience et de persévérance, petit à petit, l’éleveur a trouvé preneur pour chacune de ses poules. Et depuis, chaque année, il renouvelle l’expérience avec un succès croissant.

« Fin mai, en quatre jours, toutes ont été réservées. Certains en prennent jusqu'à 100 et les redistribuent autour d'eux, jusqu'en région parisienne. J'ai même des gens sur liste d'attente. Tous ont l'impression de faire une bonne action. »

Depuis lundi 15 juin, les premières poules quittent donc son exploitation à raison d'environ 250 par jour. « C'est beaucoup de logistique, mais ça vaut le coup », précise le jeune éleveur de 31 ans, non sans beaucoup d’amour pour son métier et ses bêtes.

« Et puis, aujourd'hui, en termes d'image, c'est valorisant de montrer que l'on respecte ses animaux. Je m'aperçois que j'ai beaucoup de retours positifs car, de plus en plus, les gens veulent des produits de qualité tout en sachant comment nous travaillons et comment nous traitons nos bêtes ». Sur ce coup-là, Baptiste Stalin a de quoi être fier.

Enjoy,
Les Éclaireuses

Crédit photo : LP/Laurent Derouet

 

 

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