On l'a tous, cet.te ami.e. Vous savez… Celui.celle qui pourrait passer des heures à se regarder. À savourer son reflet. Celui.celle qui s'aime et ne s'en cache pas. Celui.celle qui passe le plus clair de son temps à se mitrailler ou se faire mitrailler. Pour ensuite poster les photos sur son compte Instagram… Déjà noyées dans un océan de ses portraits.

On le connaît tous, ce grand narcissique et fier de l'être.

Parfois, ça fascine, quelques fois, ça fait rire. Par moments… Ça agace. Tout dépend de la personne qu'il.elle croise, du contexte dans lequel il.elle la rencontre et surtout, du degré de narcissisme dont il fait preuve à ce moment là.

Le fait est que, quoi qu'il arrive, ce trait de caractère ne passe jamais inaperçu. Il se traduit par des attitudes, des actes, des paroles qui ne trompent pas. Et qui peuvent, à terme, avoir un impact sur l'entourage de la personne en question…

Particulièrement lorsqu'il s'agit d'un enfant, sur lequel il peut avoir d'importantes conséquences.

Enjoy,

Les Éclaireuses

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Être un "parent narcissique", ça veut dire quoi ?

Par définition, le narcissisme est le fait d'admirer et d'adorer sa personne. Il provient de Narcisse, personnage issu de la mythologie grecque. "Fils du fleuve Céphise, célèbre par sa beauté. Il aperçut sa propre image dans l'eau d'une fontaine et tomba en extase. Désespéré de ne pouvoir saisir cet autre lui-même, il languit et mourut", explique Larousse. Lorsqu'il est puissant, très présent chez quelqu'un, on ne parle plus d'un trait de caractère, mais d'un réel trouble de la personnalité. Ce dernier a constamment besoin de se sentir supérieur à ceux qu'il croise, et ne s'en cache pas. Un besoin tel qu'il peut tourner à l'obsession.

Le parent narcissique agit exactement de la même manière, à l'exception du fait qu'ayant un enfant, il est particulièrement et exclusivement lié à lui. Il l'accapare, le couve de manière toxique. En grandissant, généralement, il refuse son indépendance. Il est jaloux, possessif, et ne souhaite une seule chose : que son bébé, tout au long de sa vie, n'existe qu'à travers lui.

Enfin, il remet la faute sur son enfant. Qu'il passe une mauvaise journée ou qu'il ait quelques kilos en trop, il estime que sa progéniture joue, quoi qu'il arrive, un rôle important dans son "malheur". Aux yeux du parent narcissique, il est et restera la cause de tous ses problèmes. Un amour très toxique, pouvant causer bien des dégâts...

Quels sont les risques ?

Ayant lui-même des troubles, des maux jamais pansés ni résolus, le parent narcissique, en se comportant ainsi, risque de les transmettre à son enfant. À commencer par son autonomie : suivi et guidé tout au long de sa vie, il est incapable de se débrouiller seul. Il a du retard par rapport aux autres personnes de son âge.

Il est également, d'un point de vue général, en marge de la société. Il est reculé, mis à l'écart. Ne se mélange pas, ou très peu. Il ne sait comment se comporter, à vrai dire, puisqu'on ne lui a jamais appris.

Aussi, il peut facilement broyer du noir, voire avoir des tendances dépressives. Toute sa vie, il a évolué dans une atmosphère très sombre, malsaine. Il ne connaît que la négativité.

Quelle aide pour les enfants de parent.s narcissique.s ?

La première étape, pour aider un enfant de parent narcissique, consiste à briser la glace. Apprendre, simplement, à le connaître. Échanger avec lui, lui poser des questions dans le but de comprendre et cerner le problème. "Aider ces enfants, c'est d'abord les aimer inconditionnellement, leur offrir une oreille attentive, une écoute active incluant le questionnement sur le vécu, les valeurs. C'est reconnaître leur identité, leurs émotions, leurs sentiments, leur subjectivité, leurs pensées personnelles afin d'augmenter leur esprit critique. Leur montrer ce qui est acceptable et inacceptable, bien ou mal est très important, puisque le parent pervers narcissique présente comme norme la violence", explique la psychologue Christine Calonne sur son site.

Il faut ensuite l'orienter. L'objectif étant de conduire l'enfant à la résolution de son problème. Selon le degré, la solution peut évidemment varier. On peut lui conseiller une thérapie avec son parent, ce qui peut parfois suffire à rééquilibrer la relation. Si la situation est plus tendue, grave, on peut l'aider à entamer des procédures pour s'éloigner ou couper les ponts avec le parent en question.

Une chose est sûre : ce lien ne peut ainsi perdurer. Il est essentiel de tendre la main à l'enfant rapidement, pendant qu'il est encore temps. Et si, malheureusement, ce dernier subit les troubles de son parent depuis longtemps maintenant, même combat : cela ne coûte rien d'essayer de réparer les pots cassés. Il n'est jamais trop tard pour donner de l'attention, s'occuper et sauver quelqu'un.

 

 

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