L’ouverture de la chasse à courre ce week-end n’a pas manqué de faire du bruit…

Samedi 19 septembre, vers 9 heures du matin, un cerf, à bout de forces et traqué depuis plusieurs heures par des pratiquants de la chasse à courre ainsi que par leur meute de chiens, s’est réfugié dans un chantier de Compiègne.

Ce dernier, complètement stressé et exténué au point de ne plus pouvoir bouger, est resté couché sur le sol goudronné pendant de longues heures. Sa langue pendante et son souffle saccadé ont permis à toutes les personnes présentes sur place de prendre conscience à quel point son état de fatigue était avancé.

Alertée, la police a rapidement établi un périmètre de sécurité afin de lui permettre de respirer et de se calmer dans les meilleures conditions, alors que des militants du groupe Abolissons la Vénerie Aujourd'hui (AVA) confluaient vers l'animal pour s'assurer qu'il soit sauvé.

Aux alentours de 11h30, un vétérinaire dépêché par la mairie s'est rendu sur place pour ausculter l'animal, l'endormir et le relâcher dans la forêt. Mais très vite, et ce, avant même qu'il puisse intervenir, le cerf s'est redressé et à pris la fuite en direction de son habitat. Les veneurs ont, eux, gracié l'animal.

Selon le collectif AVA, le cerf ne s'en sortirait pas indemne, et aurait une luxation de la hanche.

La scène, qui s’est déroulée en pleine journée, n’a pas manqué de relancer le débat sur la pratique de cette chasse jugée particulièrement violente et cruelle pour les animaux.

Depuis mars 2019, un décret interdit l'abattage d'un animal se trouvant dans une zone habitée ou commerciale. Cette décision fait suite à un incident survenu dans l’Oise à l’automne 2017.

Des veneurs avaient abattu un cerf ayant trouvé refuge dans le jardin de particuliers, ce qui avait provoqué un vif émoi. Nicolas Hulot s'était lui-même indigné de ces pratiques « d’un autre siècle ».

« Je peux m’accommoder d’une chasse qui ne laisse pas le temps aux animaux de souffrir et qui joue son rôle de régulation. Mais cette chasse à courre qui prolonge l’agonie, qui met les animaux dans un état de panique, cela doit nous pousser à nous questionner », estimait-il alors dans les colonnes de 20 Minutes.

Les Éclaireuses

 

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