La santé mentale est un sujet qui revient souvent dans l'actualité. Après avoir été forcé à l'isolement à plusieurs reprises durant les différents confinements, il semble que des séquelles psychiques de la pandémie soient de plus en plus visibles. Les plus touchés ? Les 18-24 ans qui sont plus de 1 sur 2 (contre "seulement" 34% pour le reste de la population) à déjà avoir été victime de pensées suicidaires depuis septembre 2021.

Une vague suicidaire qui prend ses origines dans la pandémie de Covid-19

Cette étude menée par la Fondation Jean Jaurès et l'Ifop est sans appel : la succession de périodes de confinements, la diminution voire la fin des échanges dans leur forme traditionnelle, mais surtout la peur du risque de contracter ce virus sont les causes d'un tel déclin de la santé mentale chez les 18-24 ans. Ajoutez à cela une situation économique et sociale en crise et vous aurez le cocktail parfait.
Autre facteur à ne pas négliger : avant la pandémie, les jeunes femmes étaient auparavant celles qui avaient le plus d'idées suicidaires. La donne a cependant changé durant le confinement avec 35 % des hommes avouant avoir des idées noires, contre 20 % des femmes du même âge.

S’il est évident que la pandémie de Covid-19 a eu un impact sur la santé mentale des jeunes Français, le professeur Michel Debout, professeur émérite de médecine légale, psychiatre, spécialiste du suicide et administrateur de la Fondation, indique qu'il n'est pas encore possible de déterminer si elle a eu un impact sur l'évolution du taux de suicide.

Un phénomène européen

En comparaison, 5 autres pays européens ont aussi été étudiés : l'Allemagne, l'Espagne, la Pologne, l'Irlande, la Suède. Et si le constat est à peu près le même en termes de baisse de la santé mentale chez la population, "la France se situe parmi les pays où l’on observe la mortalité par suicide la plus importante en Europe." En clair, si la pensée suicidaire est assez forte dans toute l'Europe, le passage à l'acte est plus fréquent en France.

Un passage à l'acte de plus en plus fréquent

Pour la France, en mai 2022, 30% des personnes interrogées ont déclaré avoir fait une tentative de suicide qui les a menées à se faire hospitaliser, même chose pour la Pologne. Ce pourcentage est de 25% en Irlande et en Suède, de 22% en Espagne et enfin de 19% an Allemagne. En comparaison, voici les mêmes chiffres recueillis en 2016 : "seulement" 22% des Français interrogés avaient déclaré avoir fait une tentative de suicide ayant mené à une hospitalisation.

Pour Michel Debout, tous ces chiffres sont "le signe d’une situation grave et de la nécessité d’apporter une meilleure réponse à tous ceux qui présentent, à la suite de cette période de Covid-19 et même antérieurement, une involution dépressive du ressenti et l’apparition de réelles pensées suicidaires".

 

Les Éclaireuses

 

 

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