Demandez aux femmes autour de vous, elles vous raconteront toutes leurs techniques pour rentrer sans trop d'encombres le soir, passé 22h. Si certaines préfèrent éviter le métro, d'autres ont le combo tête baissée + écouteurs pour se couper du monde et être le plus discrète possible, comme si la présence des femmes dans la rue ou le métro, passé une certaine heure, était indésirable.

Selon le programme StandUp - Agissons ensemble contre le harcèlement de rue, 80% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement dans l'espace public. Un regard qui déshabille, une proposition obscène, des mains baladeuses... Voici un petit échantillon de ce que risque une femme lorsqu'elle est seule dans la rue. 

Le harcèlement de rue, un délit que très peu puni

Depuis juillet 2018, le harcèlement de rue est, aux yeux de la loi, considéré comme un véritable délit. Pour ce qui est des peines, elles peuvent aller à une amende de 90€ à 1500€ (en cas de circonstances aggravantes). Mais, la difficulté de preuve et des démarches rendent les actions légales houleuses et seuls 2% des victimes portent plainte. Une toute petite minorité donc lorsqu'on compare cette proportion au nombre de femmes qui, chaque jour, subissent des attouchements dans les transports en commun ou des insultes dans les rues.

 

 

Paris, championne de France du harcèlement sexiste

Sur l'ensemble du territoire, une ville gagne la médaille d'or du harcèlement de rue. La grande championne est Paris. Selon le ministère de l'Intérieur, 24% des offenses sexistes enregistrées entre l'année 2019 et 2020 ont été commises dans la région de l'Île-de-France. Cette insécurité quasi persistante dans les rues de Paris (et ce, quel que soit l'arrondissement) oblige les femmes à adopter de nouvelles habitudes : éviter les jupes, miser sur une tenue de "camouflage" pour éviter les regards pesants... Autant de techniques qui contraignent les femmes dans un certain type de comportement de protection et qui les empêchent de réellement profiter de l'espace public. 

La solution : la sensibilisation

Les difficultés de recours légaux et la lenteur du système administratif français rendent les actions en justices beaucoup trop longues et infructueuses. Pour plusieurs représentants politiques, dont Hélène Bidard, adjointe en charge de l'égalité femmes-hommes, de la jeunesse et de l'éducation populaire, la répression n'est pas la solution, s'il est nécessaire de punir, c'est qu'il est trop tard. La meilleure solution serait donc l'éducation et la prévention dès le plus jeune âge en sensibilisant les plus jeunes à la question des violences sexistes et sexuelles, il sera alors possible, au fil des générations, d'éliminer, petit à petit, le harcèlement des rues de France et de Navarre.

Mais en attendant, les femmes ont toujours besoin de trouver quelques subterfuges. De plus en plus d'applications, comme App-Elles ou HandsAway, permettent aux femmes qui se sentent en danger de signaler leur position et d'appeler à l'aide. S'ajoute à ça la règle de sororité : les femmes s'épaulent et s'aident à sortir de situations délicates en attendant que les choses changent.

Les Éclaireuses

 

 

 

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