Depuis plusieurs jours, une polémique grandissante se déroule au Sénégal. Ndèye Fatima Dione, élue Miss Sénégal en 2020, affirme avoir été victime d'un viol et être tombée enceinte par la suite. Pensant être encouragée, la réaction du comité Miss Sénégal est toute autre et choque le grand public. De nombreuses questions sur le droit des femmes dans le monde viennent à être posées après ce malheureux événement.

Ndèye Fatima Dione sort du silence et expose son viol

Grâce à sa mère ayant expliqué toute l'histoire en interview, Miss Sénégal 2020 a pu révéler au grand jour le viol qu'elle a subi durant sa période de couronnement. C'est pour une interview au site d'information sénégalais Dakarbuzz, que sa mère a pris la parole pour parler du traumatisme vécu par sa fille.

"La seule chose que nous savons, c'est que Fatima est tombée enceinte après son couronnement. Nous ne souhaitons accuser personne, mais une chose est sûre, avant de découvrir sa grossesse, elle était avec un membre du comité d'organisation de Miss Sénégal. Habituellement, lorsque les organisateurs avaient besoin d'elle, ils la faisaient rester à l'hôtel, mais avant son voyage au Maroc, elle a été emmenée dans un hôtel et nous ne savons pas pourquoi".

Il est vrai qu'une Miss est supposée être constamment protégée par ses gardes du corps. Le public se pose donc des questions, notamment pourquoi la Miss n'était-elle pas en sécurité au moment des faits ? Des questions qui resteront sans réponse puisque le comité ne semble pas vouloir soutenir Ndèye Fatima Dione.

Un scandale relayé sur les réseaux sociaux

"Nous avions peur du tollé que provoquerait sa grossesse, mais maintenant nous voulons exposer toutes les manigances qui se passent au sein du comité d'organisation", explique sa mère. Mais cette exposition n'a pas été du goût de tous puisque la présidente du comité, Amina Badiane, a pris la parole en déclarant que "si Miss Sénégal 2020 a été violée, c'est qu'elle l'a bien cherché, étant donné qu'elle est majeure".

Des propos qui ont évidemment scandalisé sur les réseaux sociaux. Le mouvement féministe DaffaDoye, une organisation qui lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, a pris lui aussi la parole pour dénoncer ces réactions plus que choquantes de la part du comité.

Toute cette polémique montre à quel point encore aujourd’hui, en 2021, la parole des femmes n'est pas assez prise en compte et que la société les rend fautives lorsque des événements de ce genre se passent. 

L'apologie du viol encore présent en 2021 

Le cas de Ndèye Fatima Dione est un triste événement parmi des milliers d'autres. Une pétition lancée par la plate-forme Ladies Club pour demander “le retrait immédiat de la licence d’exploitation et la dissolution de ce comité qui fait clairement, par la voix de sa présidente, l’apologie du viol” a rassemblé plus de 61 000 signatures pour défendre la Miss. 

Mais il est important de se rappeler que ce genre de choses arrivent bien trop souvent et les victimes ne sont pas toujours prises en considération, à tel point que les plaintes ne sont pas prises en compte. Encore maintenant, les femmes sont souvent considérées comme fautives. "Tu n'avais pas à t'habiller comme ça", "Tu l'as chauffé, c'est de ta faute". Des réflexions qui poussent les femmes à ne jamais parler de ce qui leur est arrivé.

 

Les Éclaireuses

 

 

 

Tags : violence, News, News Bien-Être, société, féminisme, Femme