L'excision est une pratique barbare qui mutile le corps, l'intimité des jeunes filles.

Pratiquée dans de nombreux pays à travers le monde mais principalement sur le continent Africain, cette mutilation génitale féminine (mgf) à des conséquences violentes sur la santé mentale et la vie sexuelle des excisées.

L'OMS décrit la mutilation génitale féminine comme "toute intervention qui endommage les organes génitaux féminins pour des raisons non médicales".
Il existe plusieurs types de mutilations de ces organes génitaux. La plus répandue, consiste en l'ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lèvres. Le but : empêcher le plaisir sexuel des victimes et rendre le rapport uniquement lié à la reproduction.

Contrairement aux croyances ce n'est pas un phénomène qui ne concerne que les communautés en Afrique.
Bien que la pratique soit interdite par la loi, une étude sur le sujet (la dernière) datant de 2004 estimait qu'il y avait près de 60 000 femmes excisées en France.

17 ans après, il est presque certain que ce nombre a augmenté…

D'après l'Unicef, d'ici à 2030 le nombre de jeunes filles (dont de très jeunes enfants) potentiellement excisées sera de 68 millions, il est donc impératif de s'informer et de réagir face à cette menace qui affecte les femmes physiquement mais aussi psychologiquement. 

Les Éclaireuses,

 

1. Les mutilations génitales féminines c'est quoi ?

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Il n'existe pas qu'un seul type d'excision mais quatre qu'on appelle aussi mutilation génitale féminine. Pour rappel toutes ces pratiques sont interdites par la loi en France et dans de nombreux pays du monde. De plus, elles mettent en danger la santé et la vie des femmes qui la subissent.

La première mutilation c'est la clitoridectomie. Le principe : supprimer la totalité ou une partie du clitoris et de la peau tout autour. Le deuxième type de mutilation génitale c'est l'excision. Cette fois, non seulement on procède à l'ablation totale ou d'une partielle du clitoris mais en plus on coupe les petites lèvres.

Le troisième type de mutilation génitale c'est l'infibulation, là on coupe et on repositionne les petites et les grandes lèvres.

On procède ensuite à une petite couture pour laisser passer les urines et les écoulements sanguins des règles.

Dans ce cas, non seulement la douleur ressentie par les jeunes filles victimes est extrême mais en plus les risques d'infections génitales et les risques de complications dans le futur sont élevés.

 

2. Pourquoi excise-t-on les jeunes filles et les femmes ?

Les communautés qui exercent ce genre de pratiques sont très souvent en Afrique. On trouve aussi des foyers en Amerique du Sud, au Pakistan mais principalement en Afrique subsaharienne, notamment au Sénégal où près de 80% des jeunes filles subissent une excision avant l'âge de 15 ans.

Les raisons de l'excision : des coutumes millénaires et dites divines mais véritablement absurdes selon lesquelles la femme n'est pure et respectable que si elle a subi une excision. Souvent ce sont même des femmes de la famille proche qui réalisent les mutilations génitales.

D'après la gynécologue-obstétricienne et fondatrice de la maison des femmes Ghada Hatem-Gantzer, l'idée derrière l'excision c'est d'empêcher les femmes d'accéder au plaisir, de les rendre fidèles, qu'elles ne couchent pas avant la mariage, qu'elles n'aient pas d'amants, en somme de contrôler leur sexualité.

Dans ces communautés, le plaisir des relations sexuelles n'est pas pour la femme. Retirer son plaisir sexuel à une femme c'est comme lui retirer ses droits de femme.

Le contrôle du corps, de l'émancipation sont des facteurs clés. On remarque d'ailleurs que dès que les jeunes filles sont excisées, elles sont mariées et ce quel que soit leur âge. Cette pratique laisse aussi le champ libre à des violences sexuelles puisque les victimes ne savent plus quels droits elles ont sur leur propre corps.

 

3. Comment lutter contre les mutilations génitales féminines et l'excision ?

Pour lutter contre les mutilations génitales il existe plusieurs moyens : Dans certains pays on observe la création de communautés féminines qui luttent contre ces violences à coups de prévention et d'actions dans les villages ruraux. Le but, déconstruire ces pratiques de manière pédagogique.

La loi dans le monde se durcit et des organisations comme l'UNICEF et l'OMS prennent des mesures de plus en plus fortes. Au cœur des occupations, l'éducation des jeunes filles.

À la maison des femmes en France, le docteur Ghada Hatem-Gantzer propose un accompagnement sexologique psychologique et chirugical des patientes. L'état n'est pas en reste : examen des petites filles au retour des pays d'origine, interdiction de l'excision. 

Pour rappel, les auteurs de ces violences sexuelles encourent 10 ans de prison et 150 000€ d'amendes.