Le droit à l’avortement est un combat qui continue encore aujourd’hui, dans de nombreux pays. Grâce à la loi Veil, la France permet un accès à l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) jusqu’à 14 semaines de grossesse.

Mais ce n’est pas le cas de tous nos voisins européens. Les députés polonais ont voté, le 22 octobre dernier, en faveur d'un durcissement radical de la loi déjà très restrictive sur l’avortement. L’avortement ne sera autorisé qu’en cas de viol ou d’inceste et de danger de mort pour la mère.

Suite à la décision du gouvernement, des marées humaines ont envahi les rues de Pologne, protestant, criant et demandant une réaction du gouvernement. Finalement, le gouvernement avait suspendu la quasi-interdiction de l'avortement afin de "se donner un peu de temps pour dialoguer et travailler sur une nouvelle position". 

Pour beaucoup, retarder cette mesure était une simple stratégie politique, souhaitant mettre fin aux manifestations en pleine restriction sanitaire pour faire face au COVID.

La quasi-interdiction de l'avortement entre en vigueur en Pologne

Le 27 janvier, le gouvernement conservateur polonais a annoncé que l'arrêt du tribunal constitutionnel sur la quasi-interdiction de l'avortement entrerait en vigueur le même jour. 

C'est un coup dur pour les femmes polonaises qui, jusqu’à aujourd’hui, pouvaient également avorter en cas de malformation du fœtus. L’objectif de cette nouvelle législation est d’interdire "l’avortement eugénique". Il s’agit des avortements décidés médicalement après un examen prénatal pouvant révéler une malformation du fœtus.

Une décision radicale qui souligne un parlement à forte tradition catholique et dominé par les conservateurs nationalistes. Le président Andrzej Duda, proche de l'Église catholique, a déclaré que les Polonais soutenaient cette décision "d'arrêter de tuer les enfants handicapés ».

Les manifestations ont repris

Malgré les dires du président et les mesures sanitaires anti-Covid-19, des manifestations pro-IVG s'étaient déroulées un peu partout dans le pays, envahissant même les églises du pays en octobre dernier. Face à l'annonce du gouvernement et l'entrée en vigueur de la loi interdisant l'avortement, les manifestations ont repris partout dans le pays. 

Le danger d’une telle restriction pousse les femmes à avorter illégalement ou à l’étranger dans de mauvaises conditions qui mettent en danger la femme. D’après les chiffres des associations féministes, plus de 200 000 procédures d’avortements sont réalisées illégalement ou à l’étranger chaque année, contre seulement 2000 procédures « légales ». La situation n’est pas près de s’arranger, puisque depuis mai 2017, il n’est possible d’avoir accès à la pilule du lendemain que sur ordonnance d’un médecin. Or de nombreux médecins refusent d’accorder ces ordonnances à leurs patientes.

Les associations de défenses des droits des femmes continuent de lutter en Pologne pour le droit à l’avortement et le droit des femmes en général. Le droit des femmes a encore un long chemin devant lui car la Pologne n’est pas le seul pays à avoir du retard sur la liberté et le respect des femmes.

Les Éclaireuses

 

 

Mise à jour par Elsa Lauron, le 29 janvier 2020.

 

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