Ignoré et boudé pendant des années, le clitoris est en train de prendre une belle revanche sur la vie. S'il n'est présent dans les manuels de SVT que depuis 2017, il a aujourd'hui gagné une place de choix et se pavane même sur des affiches placardées à chaque coin de rue. De plus en plus d'études ont décidé de se pencher sur cet étrange organe qui ne sert qu'au plaisir. Jusqu'au lundi 20 décembre, jour de publication d'une étude dans la revue scientifique JNeurosci, on n'avait même aucune idée de la zone du cerveau dédiée au clitoris. Mais depuis lundi, on en sait beaucoup plus.

20 femmes se sont portées volontaires pour cette étude

20 femmes, âgées de 18 à 45 ans, se sont portées volontaires pour permettre de définir plusieurs choses sur les messages nerveux envoyés par la stimulation clitoridienne dans l'ensemble du corps. Après plusieurs essais de stimulation, John-Dylan Haynes, chercheur responsable de l'étude, a permis de définir plusieurs choses. 

La première est que chez les hommes comme chez les femmes, la zone dédiée au plaisir sexuel est la même dans le cerveau. Sauf que pour les femmes, plus l'activité sexuelle est intense et régulière, plus cette zone aurait tendance à s'épaissir et à grandir. 

La seconde, c'est un ensemble d'hypothèses qui permettraient de prouver un impact réel du plaisir et d'une activité sexuelle sur le cerveau des femmes. Un autre constat, moins joyeux, met également en lumière le fait que les femmes victimes de violences sexuelles présentent une zone dédiée au plaisir sexuel réduite (pour ne pas dire atrophié). 

Une recherche freinée par un désintérêt scientifique

Pendant des années, cette zone, boudée par les scientifiques, est restée un mystère et cette ignorance volontaire a créé de nombreux déséquilibres dans la recherche. « La façon dont les organes génitaux féminins sont représentés dans le cortex somato-sensoriel humain est complètement sous-étudiée », a déclaré Christine Heim, professeure de psychologie médicale à l'hôpital université de la Charité à Berlin. Elle ajoute même que "ce manque de connaissances a freiné la recherche à la fois sur les comportements sexuels standards mais également sur les conditions pathologiques".

L'avancée de ces recherches pourrait aider les médecins à suivre et soulager les femmes ayant été victimes de violences sexuelles ou souffrant de troubles sexuels. Les résultats de cette étude pourraient avoir un impact notable sur l'avancée de la médecine dédiée aux femmes. 

Les Éclaireuses

 

 

Tags : sexe, News, News Bien-Être