C'était il y a 10 ans, 22.500 personnes avaient trouvé la mort à la suite d'un séisme, d'un tsunami meurtrier suivi d'une catastrophe nucléaire. Depuis, la zone de Fukushima et les provinces autour sont des "no go zones" encore marquées par la catastrophe. Pourtant, le gouvernement investit des sommes colossales pour reconstruire la zone et faire revenir la vie.

Un changement de politique énergétique

Le nucléaire est finalement l'une des bêtes noires du pays du soleil levant. Par 3 fois, cette source d'énergie a causé des traumatismes au Japon. Les deux premières fois, c'était lors des catastrophes d'Hiroshima et Nagazaki, pendant la Seconde Guerre mondiale et la troisième fois à Fukushima. 
 
Voulant s'écarter de cette énergie meurtrière, le gouvernement a fait le choix d'amorcer une transition énergétique dans les préfectures limitrophes à la zone sinistrée. Ainsi, on a vu apparaître plusieurs champs de panneaux solaires qui traduisent cette volonté de changer de politique énergétique. La volonté du gouvernement est claire : donner une image rassurante de la zone, pour pousser les gens à revenir vivre et travailler dans les villes et les villages environnants de l'ancienne centrale. 
 
 

Un paysage entre reconstruction et destruction

10 ans ne sont malheureusement pas suffisants pour reconstruire totalement une zone aussi étendue. Pourtant, des moyens colossaux ont été investis pour changer le visage de la zone. On voit de plus en plus de nouveaux bâtiments et habitations qui cohabitent avec des endroits encore sinistrés. Deux temporalités cohabitent dans le paysage : l'ancien et le nouveau. Certains anciens habitants sont venus revivre dans la zone dès que cela a pu être possible. Depuis quelques années, les taux de radioactivité sont relativement bas, même au plus proche de la centrale. Les relevés ne sont pas plus élevés qu'à Tokyo, il n'y a donc en théorie rien qui empêche les habitants de revenir. 
 
Seule ombre au tableau, les tonnes de terre contaminées, stockées en plein air, qui attendent d'être traitées. C'est la preuve qu'il reste encore beaucoup de travail pour retrouver une zone vierge de toute trace de la catastrophe. 
 
 

Un jour de deuil national au Japon

Le pays a commémoré, ce jeudi 11 mars, la catastrophe de Fukushima en observant une minute de silence pour rendre hommage aux 22.500 victimes de la catastrophe. Des sirènes ont également retenti sur l'ensemble des plages du littoral où des personnes se sont réunies, mains jointes, face à la mer, pour se recueillir. Ce jour restera celui d'un traumatisme pour l'ensemble de la nation japonaise. 
 
Les Éclaireuses