Après les tests PCR, les tests antigéniques, voilà les tests... sur smartphone. 

À Lille, des chercheurs ont décidé de combiner les qualités de chacun des tests pour effectuer un diagnostic sur smartphone. À l'heure où l'on peut faire ses courses ou payer une place de parking depuis son mobile, ce nouveau test semble plutôt une aubaine. Créée en mars 2020, pour coordonner et accompagner les actions de recherche sur le Covid-19, l'organisation de chercheurs regroupe notamment le CHU de Lille, l'université, l'Inserm, le CNRS, l'Institut Pasteur, ainsi que l'université de Marseille.

Un résultat disponible en 10 minutes

Soutenue par l’Europe et plusieurs universités, la technologie CorDial prend la forme d'un mini-lecteur que l'on branche sur son mobile. L'objectif est de permettre d'afficher sur l'écran les résultats. Le test prend la forme d'une bandelette sur laquelle on dépose une gouttelette d'échantillon nasopharyngé, qu'on insère ensuite dans le lecteur. "Au bout de dix minutes, vous saurez si vous êtes négatif ou positif", explique Sabine Szunerits, professeur des universités à Lille et à la tête du projet depuis le printemps dernier, sur Franceinfo.

La technologie est basée sur l'utilisation des nanocorps modifiés pour un ancrage direct sur la surface d'un biocapteur qui prend la forme d'une électrode. À la surface de l'électrode, un récepteur va récupérer les molécules virales. "Le virus est enveloppé par des protéines, qu'on appelle protéines de Spike, et c'est cette Spike qui va être reconnue par notre 'nanobodie' accrochée à notre électrode. Par cet accrochage, on a un signal électrique qui change", décrypte pour BFMTV Sabine Szunerits. Un logiciel dans le smartphone prend ensuite le relai et analyse les données reçues. "On peut même dire si vous êtes simplement positif ou si vous êtes fortement positif", ajoute la chercheuse. 

Même si les biocapteurs ont l'inconvénient d'être moins sensibles que les tests PCR, ils présentent néanmoins de nombreux avantages : la portabilité puisqu'un smartphone suffit pour le diagnostic, le coût peu élevé et la possibilité d'effectuer des mesures en temps réel en moins de 30 minutes.

Un test fiable à 90%

Une étude a été menée sur 300 personnes pour montrer l'efficacité du test. David Devos, neurologue et professeur de pharmacologie à l'Université de Lille, explique que rapidement, le dispositif a pu être validé sur 300 prélèvements avec un taux de concordance avec la PCR de 90%. Mais l'avantage de la technologie CorDial est la rapidité, rappelle-t-il. Une prochaine étude sur plus de 1.000 personnes sera lancée dans les prochains mois.

"Il sera possible de faire ce test avec la salive"

Cependant, pas question pour l'heure de faire le test seul chez soi. "C'est un spécialiste qui doit prendre votre échantillon. On est en train d'améliorer la procédure et si tout va bien, il sera possible de faire ce test avec la salive", poursuit-elle.

Désormais, l'idée est de pouvoir commercialiser cet outil à grande échelle. Mais avant d'être destiné au grand public, ce test va servir à l'hôpital, précise David Devos. "L'idée est que, dans les prochaines semaines, on puisse le mettre à disposition aux urgences au Samu, dans les services, pour diagnostiquer les cas qui surviennent. Ensuite, le but est de le mettre à disposition en ville, pour nos confrères médecins généralistes, pharmaciens et les maisons de retraite." 

Les Éclaireuses