La suppression de la viande dans les cantines est-elle la solution pour lutter contre le coronavirus ? C'est la question qui fuse depuis quelques jours. Après la décision de la ville de Lyon d'instaurer des repas sans viande (mais avec du poisson ou des oeufs), dès le début de la semaine, c'est au tour de Paris de songer à une mesure similaire. À l'origine de cette mesure, la volonté de "fluidifier" le passage à la cantine.

"On envisage plein de solutions à Paris et ça fait partie de ce qu'on envisage pour des raisons pratiques", a indiqué l'écologiste Anne Souyris, adjointe d'Anne Hidalgo en charge de la Santé, sur BFMTV. Cependant, elle précise que "ce n'est pas la mairie centrale qui choisit" mais bien chaque arrondissement.

Une "idéologie scandaleuse", une "insulte inacceptable"

La décision prise par la deuxième ville de France a suscité de vives controverses de l'opposition au maire écologiste, mais aussi du gouvernement. Sur Twitter, Gérald Darmanin dénonce "l’insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français" une "idéologie scandaleuse". Une mesure pourtant déjà prise en mai 2020 par Gérard Collomb, partisan LREM.

"C'est une mesure qui a une relation directe avec la situation sanitaire", insiste Anne Souyris. L'élue reconnaît toutefois que, "dans la durée, "l'idée, c'est de dire qu'il faut moins manger de viande mais en manger mieux, de manière plus locale, plus respectueuse de l'environnement". "C'est vraiment assez étrange, a-t-elle poursuivi, alors qu'on sait qu'on doit aller dans ce sens-là pour des raisons sanitaires et pour des raisons de respect de la planète, de faire une espèce de faux débat là-dessus."

 

 

Une mesure déjà appliquée dans plusieurs villes

La ville des lumières n'est pourtant pas la seule ville à proposer un menu végétarien. "Soupe de courges, Spaghettis aux lentilles, carottes et tomates, Fromage de chèvre, Poires. Un menu végétarien équilibré et délicieux pour les enfants de St-Denis d’Oléron", écrit sur Twitter Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique. Elle précise ensuite qu'un choix végétarien quotidien dans les cantines sera expérimenté en application de la loi Climat et Résilience. 

Encore au stade de projet, la loi Climat et Résilience concrétise une partie des 146 propositions de la Convention citoyenne pour le climat retenues par le chef de l'État, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030, dans un esprit de justice sociale. "Un texte riche et concret, à l’origine de changements majeurs pour notre société et créatrice de solutions pratiques pour les Français. Une loi qui fera entrer l’écologie dans nos vies", soutient la ministre.

Saisi par le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, le préfet du Rhône doit se prononcer prochainement sur la légalité ou non de ce menu unique.

Les Éclaireuses