Après une longue et dure journée de travail, la seule et unique envie qui nous anime est de manger un bon plat et de nous lover dans notre canapé devant un film. Le hic ? C’est un rêve. Qui ne se réalise que très peu. En effet, bien souvent, les femmes qui ont passé la journée au travail enchaînent avec une autre activité qui revêt presque du professionnel : la tenue du foyer qui demande une importante implication, la plupart du temps plus prépondérante pour la femme que pour l’homme. C’est en tout cas ce que révèle une récente étude australienne.

Salariée peut-être, mais avant tout femme d'intérieur

Depuis quelque temps, les tâches domestiques tendent à être réparties de façon à ce que l’homme en fasse autant que la femme. Mais ce n’est pas encore tout à fait acquis. Pour preuve, entre 2015 et 2019, la proportion des femmes qui disent "en faire plus" que leur conjoint avait diminué d’un seul point. Il semblerait donc qu’en 2022 encore, l’idée de devoir rentrer dans un foyer qui n’est pas tenu angoisse et affecte le moral des femmes.

Menée par des scientifiques de l’université de Melbourne en Australie, l’étude publiée dans "The Lancet", pointe du doigt la mauvaise répartition des tâches qui ébranle la santé mentale des femmes. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé 19 études réalisées au préalable dans 35 pays. Résultat ? "Le bien-être des femmes diminue avec l’augmentation du nombre d’heures de travail ménager", déplore l’étude. Évidemment, le bien-être des hommes ne bouge pas d’un iota.

Selon l’Observatoire des inégalités, les femmes consacrent 3h30 par jour à la tenue du foyer quand les hommes en consacrent 2h. Si tous les hommes ne boudent pas les tâches ménagères, ils ne s’attelleraient pas aux mêmes corvées.

"Les hommes effectuent généralement les tâches les moins urgentes et les moins exigeantes au sein du ménage, telles que les tâches extérieures, qui peuvent être plus agréables", expliquent les chercheuses australiennes.

En substance, ils prennent soin de faire des tâches qui seront notifiées, appréciées et dont ils pourront se vanter. Plus difficile de s’atteler aux tâches auxquelles personne ne fait attention. Les hommes qui vous font remarquer qu’ils ont fait la vaisselle, ça vous parle ?

Un travail prenant qui n'est pas rémunéré

"Les mères ont été près de trois fois plus nombreuses que les pères à déclarer avoir assumé la majorité ou la totalité du surcroît de travail familial et domestique non rémunéré au moment des fermetures des écoles et des structures d’accueil des enfants", est-il écrit sur le site de l’Organisation de coopération et de développement économique. Cet écart entre les femmes et les hommes a été largement accentué lors de la pandémie et du confinement.

"61.5 % des mères ayant des enfants de moins de 12 ans déclarent avoir pris en charge la majorité ou la totalité de ce surcroît de travail, contre 22.4 % des pères."

Pour pallier ce problème qualifié "d’enjeu de santé publique" par plusieurs pays dont l’Argentine, les chercheurs préconisent de mieux reconnaître ce que l’on appelle le "travail non rémunéré". En Argentine, les tâches liées à la maternité sont désormais incluses dans le calcul des retraites. L’Agence nationale de sécurité sociale argentine avait ainsi déclaré qu’"avec cette mesure, nous donnons de la visibilité et réparons une inégalité historique et structurelle, en reconnaissant et valorisant le temps que les femmes dédient à l’éducation de leurs enfants".

Les Éclaireuses

 

 

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