Depuis l’avènement de la pandémie, les plus jeunes et les enfants n’ont jamais autant été confrontés à l’anxiété. Un sujet longtemps laissé de côté et souvent moqué, parce que incompris par la majorité. Mais depuis l’ère du confinement et des mesures de distanciation qui sont nées avec, de nombreuses personnes ont observé des troubles anxieux qui découlaient directement des mesures prises par le gouvernement visant globalement à nous enfermer chez nous.

Une décision qui a eu pour effet de nous faire réfléchir. Un peu trop. Nous avons donc eu tout le loisir de nous pencher sur nos peines, nos angoisses, nos difficultés et nos questions quant à notre avenir. Pour certains, le confinement a même fait ressurgir de vieux démons, enfouis dans leurs pensées. Un constat qui doit être pris au sérieux et faire émaner des mesures.

La crise sanitaire, socle de nombreuses dépressions

D’après le New York Times, les signes dépressifs et anxieux ont augmenté de 25 % lors de la première année de la crise sanitaire. Ces signes, que ce soit outre-Atlantique ou en France, n’ont d’ailleurs pas pu être correctement pris en charge puisqu’ils sont malheureusement apparus dans une période pendant laquelle le milieu médical était saturé et l’accès aux soins, à fortiori psychologiques, restait difficile. À cette époque, le pourcentage des symptômes d’anxiété ou de troubles dépressifs chez l’adulte passe à 41,5 %. Au second semestre de 2020, le taux d’anxiété à l’échelle nationale passe de 8,1 % à 25,5 %, un bond gigantesque.

Pour pallier l’urgence, U.S Preventive Service Task Force, un groupe de chercheurs, a ainsi recommandé aux médecins de dépister l’anxiété chez tous les patients de moins de 65 ans. Une recommandation qui avait déjà été faite il y a quelques mois pour les enfants et les adolescents à partir de 8 ans. "Ces recommandations arrivent à un moment de besoin critique", a déclaré Lori Pbert, psychologue clinicienne, membre du groupe de travail et professeure à la faculté de médecine Chan de l'Université du Massachusetts.

Le dépistage : et après ?

L’idée de cette recommandation est de détecter rapidement les premiers signes d’anxiété et de dépression afin de les prendre en charge le plus rapidement possible. "Notre seul espoir est que nos recommandations mettent en lumière la nécessité de créer un meilleur accès aux soins de santé mentale - et de toute urgence", ajoute Lori Pbert. Comment se fait ce dépistage ? "Ils [les médecins] utilisent généralement des questionnaires et des échelles pour enquêter sur les troubles de santé mentale, explique The New York Times. Des résultats de dépistage positifs conduiraient à des évaluations supplémentaires."

Si la démarche est louable, il semblerait qu’il existe quelques freins à sa mise en œuvre : "Un dépistage standardisé n’est que la première étape vers un diagnostic et les prestataires devront se garder de supposer qu’un résultat de dépistage positif indique un trouble clinique." Du côté de chez nous, l’idée séduit : "La prévention, le dépistage et la prise en charge des troubles psychiatriques devraient être une priorité nationale de santé publique, tant leur nombre est important et explose actuellement dans le sillage de la pandémie de Covid-19, de nos modes de vie en surrégime, et des crises politiques et économiques particulièrement anxiogènes" a expliqué le psychiatre Joachim Mullner, à Doctissimo.

Les Éclaireuses

 

 

 

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