Laissez passer la Boss !

Elles sont entrepreneuses, actrices, femmes d’affaires, artistes ou même femmes politiques et viennent toutes de pays ou d’époques différentes mais ces femmes ont quelque chose en commun : elles nous inspirent.

Pourtant, on le sait, se battre pour faire en sorte que sa voix soit entendue n’est pas toujours chose aisée, bien au contraire. Désapprouvées des uns, humiliées des autres, avant d’être célèbres, ces véritables icônes du monde étaient avant tout des femmes comme nous, des femmes comme vous.

Leur formule secrète ? L’audace et la détermination, l’alliance gagnante du leadership au féminin, ni plus ni moins !

Lassées d’être reléguées au second plan, mais loin de vouloir se laisser faire, elles ont décidé de renverser la tendance et de se dire : « Si certains le peuvent, pourquoi pas moi ? » À la sueur de leur front, elles ont su s’imposer dans un monde qui n’était pas forcément clément envers elles au départ et faire de leur notoriété une leçon de vie.

Eh oui ! Si vous pensiez que toutes ces femmes célèbres s’étaient réveillées un beau jour avec une carrière toute tracée et une cuillère en argent dans la bouche, détrompez-vous ! De Simone Veil à Michelle Obama ou de Naomi Campbell à Lisa des Blackpink… les femmes influentes sont bien plus nombreuses qu’on ne le croit. Au-delà des compétences, elles se démarquent surtout par une manière d’être bien à elles, une personnalité assumée et un projet qu’elles ont à cœur de porter.

Aujourd'hui, nous nous arrêtons sur un CV de Boss bien rempli et pas des moindres : celui de l'incroyable Simone Veil, ancienne déportée de la Shoah devenue en quelques années la figure emblématique de la lutte pour les droits des femmes.

Enjoy,

Les Éclaireuses

Une jeunesse traumatisante dans le camp de concentration d'Auschwitz

Simone Jacob naît à Nice le 13 juillet 1927 au sein d'une famille juive. Fille d'un architecte et d'une mère au foyer, elle est la benjamine d'une fratrie de quatre enfants. Son adolescence est marquée par les tourments de la Seconde Guerre mondiale. Élève douée, elle décroche néanmoins son baccalauréat en mars 1944. Mais en avril de cette même année, Simone est déportée à Auschwitz à l'âge de 16 ans avec sa mère et l'une de ses sœurs, Madeleine. Puis elles sont transférées au camp de Bergen-Belsen, et Simone travaille à la cuisine. Les trois jeunes femmes ne se sont jamais quittées dans les camps, ce qui les a fait tenir face aux atrocités qu'elles ont pu vivre. En avril 1945, le camp est libéré par les troupes alliées anglaises. Simone et ses deux sœurs, Madeleine et Denise, sont les seules survivantes de la famille.

Les débuts de Simone Veil dans la vie politique

Après sa libération, elle entreprend des études de droit et décroche une licence de droit. Elle rencontre Antoine Veil, qui deviendra son mari. Elle se consacre à sa vie de famille, et donne naissance à trois garçons. Simone suit son époux lors de ses différents voyages d'affaires, et la famille se rend même en Allemagne. Une épreuve difficile qui l'a réconciliée avec ce pays. En 1952, Simone perd sa sœur Madeleine, surnommée Milou, de qui elle était très proche, dans un tragique accident de voiture.

Ayant le désir d'être une femme indépendante, Simone intègre alors l'Institut d'études politiques de Paris. Par la suite, elle entame une carrière dans la magistrature, attachée à la direction de l'administration pénitentiaire du ministère de la Justice. Simone se fait un nom dans le milieu et fait entendre sa voix, car elle a ce désir de rendre justice. En 1970, elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. Mais sa carrière politique est loin de s'arrêter là !

Car oui, après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing comme président de la République en 1974, Simone Veil est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac.

L'instauration de la loi Simone Veil

On est alors en mai 1974 et Simone Veil est chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Ce texte lui vaudra les foudres d'une partie de la classe politique, mais Simone Veil parviendra tout de même à ses fins. Devant les députés, elle soutient alors que "l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue". Elle parvient à faire entrer en usage la loi sur la légalisation de l'IVG, qui est adoptée le 29 novembre 1974 et entre en vigueur le 17 janvier 1975. Ce combat lui confère une aura symbolique. À la suite de cela, la popularité de Simone Veil ne cesse de croître.

Dans son discours poignant, elle partage l'une de ses motivations premières : "Pourquoi donc ne pas continuer à fermer les yeux ? Parce que la ­situation actuelle est mauvaise. Je dirais même qu'elle est déplorable et dramatique.
Elle est mauvaise parce que la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée. Lorsque l'écart entre les infractions commises et celles qui sont poursuivies est tel qu'il n'y a plus à proprement parler de répression, c'est le respect des citoyens pour la loi et donc l'autorité de l'État qui sont mis en cause."

Une carrière européenne prometteuse

En juin 1979, Simone Veil est élue députée au Parlement européen et quitte le gouvernement. Elle devient la première femme à accéder à la présidence du Parlement européen jusqu'en 1982. Une vraie Girl Boss ! Par la suite, en 1993, elle quitte son mandat européen pour rejoindre à nouveau le gouvernement. Elle est nommée ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. Cependant, après avoir rempli ses fonctions haut la main, elle quitte le gouvernement en 1995 après l'élection de Jacques Chirac en tant que président de la République. Elle est l'une des figures de la construction européenne. Ses anciens collaborateurs l'ont décrite comme une femme exigeante et qui supporte mal la médiocrité. Grâce à ce tempérament, elle a su se faire entendre de tous et instaurer ses idées en faveur de l'émancipation des femmes. 

Une icône engagée de toute une génération

Simone Veil décède le 30 juin 2017, après plus de 50 ans de combat sans relâche.

Simone Veil a toujours eu la passion de l'action et a marqué toute une génération avec l'ensemble de ses engagements, de ses devoirs et de ses fonctions. Elle a su faire changer les mentalités et mettre en place des démarches prometteuses en faveur des droits des femmes. Simone Veil a alors mené un combat sans fin, qui ne cesse de perdurer encore aujourd'hui. Elle a su se faire entendre face aux nombreux opposants politiques pour la loi sur l'IVG.

Outre son engagement pour les droits des femmes, elle n'a jamais manqué ses devoirs de militante envers les terribles années dans les camps de concentration. Des années 2000 à 2007, elle poursuit son devoir de mémoire et préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Toute sa vie, Simone Veil œuvre sans relâche en faveur de la mémoire du génocide. Dès son retour en France, elle défie le temps et les hommes avec une énergie folle d'une survivante. L'ancienne députée de l'UMP, Françoise de Panafieu, l'a en effet constaté : "Elle a toujours eu un instinct vital très fort, comme si elle voulait inscrire son nom et celui de sa lignée dans la pierre."

Son passé douloureux a fait d'elle une femme combative et désireuse d'améliorer le monde. Simone Veil n'a cessé de se battre pour la justice et faire entendre sa voix ainsi que ses idées face à de nombreux opposants radicaux.

Un film sur sa vie bouleversant

Ce mercredi 12 octobre 2022, le film de toute une vie est sorti au cinéma : "Simone Veil, le voyage du siècle". Il met en lumière le portrait d'une femme devenue une icône des droits des femmes, un modèle de résilience et surtout une rescapée de la Shoah. C'est Elsa Zylberstein qui a eu l'idée de ce biopic poignant, et qui interprète avec brio le rôle de Simone Veil une fois qu'elle entre dans la vie politique. "Simone Veil, le voyage du siècle" s'ouvre avec ce discours mémorable à l'Assemblée nationale en 1974 qui donne ainsi le tempo du film. Tout au long de celui-ci, on est transporté d'une période à une autre à travers les différents événements marquants de la vie de l'ancienne ministre de la Santé. 

On (re)découvre la vie bouleversante de Simone Veil, qui a vécu un enfer pendant sa jeunesse dans les camps de concentration. On comprend ainsi que ce passé traumatisant lui a donné le courage de se battre sans relâche pour défendre ses idées avec notamment sa volonté d'émanciper les femmes. 

Avec la remise en question de l'avortement aux États-Unis, de la montée du fascisme en Italie ou de la réapparition de l'antisémitisme, ce film est nécessaire au vu de l'actualité mondiale d'aujourd'hui.

C'est un fait. Simone Veil est un modèle, et toutes les femmes sont des guerrières.

 

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