'Féministes et en colère !' 

Alors que dimanche 8 mars, les femmes du monde entier se réunissaient pour célébrer la Journée Internationale des Droits des Femmes, nombreuses ont été celles qui sont allées marcher samedi et dimanche, pour nos droits, pour l'égalité, contre le sexisme et les violences faites aux femmes

Si cette marche était à l'origine faite dans le calme et la légalité, la manifestation a vite dégénéré quand les forces de l'ordre sont intervenues et n'ont pas hésité à violenter aussi bien verbalement que physiquement les femmes présentes lors de cet événement.

À l'heure des élections municipales où tous les candidats à la mairie de Paris concourent pour une ville plus sûre pour tous, les heurts de samedi soir rient au nez des programmes de ces élections... 

La marche de samedi soir, pour montrer que les rues n'étaient pas réservées aux hommes la nuit, a débuté à 18h30 dans le XIXème et devait se terminer à la place de la République. À mesure de son avancée, le cortège s'est rapidement agrandi pour accueillir des milliers de personnes. Et si le calme régnait tout au long de la soirée, certaines sources ont révélé que les forces de l'ordre sont intervenues "pour empêcher les dégradations", "quand des insultes ont été prononcées envers la police"ou encore "face au refus de dispersion". 

Alors que les femmes présentes ne faisaient qu'exercer leur droit à manifester, les forces de l'ordre n'ont pas hésité à charger, montrant une violence abusive, immortalisée par des images réellement choquantes. Au-delà de la violence physique de ces femmes poussées dans les escaliers du métro, attrapées comme des animaux, les forces de l'ordre ont été l'exemple aberrant de ce que les femmes peuvent subir au jour le jour par leurs mots. 

"Alors mademoiselle, elle est à qui la rue ?", "qu'est-ce qu'elles ont ce soir ? Elles ont toutes leurs règles ?", "Tu pourras l'écrire dans ton journal intime"... 

Paris n'est malheureusement pas la seule ville où les femmes ont été tout sauf respectées par ces messieurs cachés derrière leur bouclier. À Nantes, alors que certaines manifestantes marchaient aux côtés de leurs enfants, des bombes lacrymogènes ont été lancées vers une foule qui ne faisait que chanter l'hymne contre les violences faites aux femmes. 

Tous les moyens ont été bons du côté du gouvernement pour justifier les actes des forces de l'ordre contre les manifestantes. Pour Marlène Schiappa : "les manifestantes étaient des féministes antifascistes et anticapitalistes (...), elles n’ont pas respecté le trajet de la manifestation..."

Mais les images de violence donnent tout de même un goût amer à cette excuse... La secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes a ajouté : "les forces de l’ordre sont en première ligne pour défendre les femmes", une phrase difficile à croire au vu de cette journée du 8 mars 2020. 

Les Éclaireuses