Chaque année, c'est toujours la même chanson !

Les films de Noël reviennent sur nos écrans avec leur dose de bonheur, de magie et de lait de poule. Malgré notre attachement certain à cette tradition annuelle, on se rend vite compte que ces jolies histoires sont quand même bien toutes pareilles. Les mêmes personnages, la même intrigue, les mêmes lieux et surtout, la même fin qui se répète à l'infini. Pourquoi les films de Noël ne se renouvellent-ils pas ? Assise sur notre canapé, on en vient à se demander si les réalisateurs vivent dans notre monde.

Décryptage d'un plaisir coupable annuel !

L'origine des films de Noël

Une vue de Seattle, une femme d'affaires qui retourne dans sa campagne natale et qui revoit son premier amour. À grands coups de "Jingle Bells", on nous assomme avec du chocolat chaud en veux-tu, en voilà pour finir avec un baiser sous une pluie de fausse neige. À quand la fin de ce cérémonial ? On est bien obligée d'avouer que toute cette mascarade n'a rien à voir avec notre quotidien !

On dira qu'il y a deux catégories de film de Noël : les best-sellers tels que "The Holiday" ou "Love Actually" et les téléfilms de Noël. Au départ, on retrouve les grands classiques comme le "Grinch" ou "A Christmas Carol" de Charles Dickens, des classiques de la littérature. Néanmoins, au fil des années, d'autres productions sont arrivées dans notre viseur. La sous-catégorie des téléfilms de Noël nous emmène dans une dimension encore inexplorée. Un autre monde où les gens ont les dents toutes blanches, où on boit du chocolat chaud à chaque coup de blues et où on fait des batailles de boules de neige en rigolant comme des enfants.

Depuis quelques décennies maintenant, les téléfilms popularisés par la télévision sont entrés dans la culture. Tous les mois de décembre, le calendrier est dévoilé de plus en plus à l'avance afin de nous préparer aux fêtes de fin d'année. Les chaînes comme M6 ou TF1 lancent les festivités dès octobre. Ils arrivent très tôt (bientôt en août !) pour nous insuffler l'esprit de Noël. "Romance de Noël", "Noël à la ferme", "À la recherche de mon père Noël"... Tant de noms familiers qui reviennent en boucle sur nos écrans.

Un peu de diversité là-dedans

Ces quelques années de pratique nous ont bel et bien montré que la diversité et la modernité dans les films de Noël n'étaient pas encore au rendez-vous. Bien souvent, les films qui rythment nos après-midi mettent en scène en majorité des personnages blancs d'une catégorie plutôt aisée. Niveau crédibilité, on est loin du compte !

Et puis, pourquoi l'héroïne doit-elle toujours tomber amoureuse à la fin ? Faut-il donner un coup de peps à ces films, quitte à être un peu plus dans le coup ? Entre le petit copain qui n'a pas connu son père et l'entrepreneuse qui n'a jamais connu ses parents, le pathétique ne fait plus trop d'effet, entre nous. N'oublions pas les remarques déplacées camouflées derrière un brin d'humour. Dans notre cher "Love Actually", tout le monde semble oublier que la pauvre Natalie, secrétaire du Premier ministre, est sans cesse appelée Bouboule même par son cher et tendre qu'il lui rabroue qu'elle pèse une tonne. Ce genre de remarques normalisées façonne des manières de penser toxiques sur le corps et son apparence. 

Les films de Noël reproduisent toujours ce même schéma de la trentenaire aux abois qui rencontre forcément son mari. Sinon, attention, elle pourrait finir seule devant son sapin et ne jamais fonder de famille. Après avoir construit une vie professionnelle bien remplie, le personnage féminin rencontre un bûcheron aux dents blanches et au caractère prétentieux qui lui redonnera le goût de la vie. Sérieusement, peut-on encore croire en ces inepties ? N'y a-t-il pas d'autres possibilités pour s'amuser à Noël ?

Et si on réalisait un film de Noël un peu plus 2022 ? Par exemple, une jeune femme qui n’a pas à quitter sa vie pour retourner dans les bras d'un homme riche et blanc au milieu de la campagne américaine. Avouons-le, ces jeux d'acteurs ne sont pas crédibles ! S’ajoutent aux protagonistes bancals des décorations toujours plus kitsch et des biscuits en pain d’épice toujours plus fakes.

Les films de Noël : une dose de réconfort

Les films de Noël restent tout de même une madeleine de Proust essentielle à notre mois de décembre. Malgré leurs défauts et leur irréalisme, ces histoires rythment nos fêtes de fin d'année en nous faisant rêver à l'inaccessible. S'en moquer devient également une tradition dont on se délecte avec plaisir. Qui de nous n'a pas déjà rigolé face à une Jessica qui boit sa douzième tasse de chocolat chaud devant un feu de cheminée quelque peu douteux ?

En sortant des films d'un optimisme sans nom, les réalisateurs ont façonné une véritable industrie du film de Noël. Comment passer les fêtes sans regarder au moins une de ces histoires d'amour dégoulinantes au possible ? L'après-midi, sous un plaid avec une boisson chaude à la main, le téléfilm de Noël est un incontournable. Couleurs chatoyantes, acteurs aux cheveux peroxydés et doublage approximatif… Toutes ces caractéristiques construisent un téléfilm de Noël typique. Au moins, en regardant ces programmes, vous ne serez jamais déçue par la fin ! Un baiser et hop, ils se marièrent heureux et eurent beaucoup d'enfants !

Noël ne serait pas Noël sans ces films suintants d'amour et de joie !

Enjoy,

Les Éclaireuses

 

Tags : film, noel, société