Il y a 4 ans, on la connaissait sous le nom d'Emily Doe.

En 2016, après avoir été désignée comme l'une des femmes de l'année par Glamour, elle a envoyé quelqu'un chercher le prix à sa place, voulant rester dans l'anonymat. Mais lundi 11 novembre, c'est Chanel Miller qui est venue récupérer son prix, après avoir révélé son identité en septembre dernier. 

Qui est Chanel Miller ?  

En 2015, la jeune femme avait été retrouvée inconsciente sur un campus américain après une soirée. Elle avait été violée par un étudiant appelé Brock Turner sur le campus de l'université de Stanford. Lors du procès, elle avait lu une lettre dans laquelle elle s'adressait directement à son agresseur. Le juge n'avait pas écouté, l'agresseur avait pris 6 mois de prison. Elle avait perdu un morceau d'elle à vie.

Sauf que sa lettre avait fait le tour du monde sur les réseaux sociaux, et "Emily Doe" était rapidement devenue un rôle modèle, ouvrant le dialogue sur les viols sur les campus de fac aux États-Unis. 

En 2017, elle commence à écrire son mémoire, "Know My Name" (Connais Mon Nom) qui revient sur sa vie, comment elle s'est reconstruite après le procès et comment elle a cherché à savoir ce qui lui était arrivé lors de cette terrible soirée. Son mémoire a vu le jour auprès du public le 24 septembre dernier, et si jamais vous voulez lire ses mots, on vous laisse le lien ici pour l'acheter. 

Lors de la remise de prix, Chanel Miller décide de réciter un poème, "I don't give a damn" ou "Je m'en fous" en français, dans lequel elle raconte qu'elle s'en fout de comment le viol est arrivé, ce qui l'intéresse, c'est le bien-être de la victime, comment elle se sent, si elle est remise en question, si on lui fait croire qu'elle mérite de souffrir. Elle ajoute que si elle est là aujourd'hui, c'est parce que les gens se sont souciés d'elle, même si elle ne le faisait pas. Elle continue son poème en expliquant que lorsqu'on arrête d'humilier les victimes, quand on arrête de poser des questions stupides, des livres sont écrits et des lois sont changées. Puis elle termine en expliquant qu'elle se souciera toujours des victimes de la même façon qu'elles se sont souciées d'elle. 

Et, pour reprendre ses mots publiés dans le magazine Glamour en 2016, "les victimes ne sont pas des victimes, ce sont des survivantes, et les survivantes vont faire beaucoup plus que survivre."

Les Éclaireuses

 

 
 
 
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